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Chronique ovine

FCO: peu de moyens de prévention pour le moment

Face à la FCO, rester vigilant et conserver son troupeau en bon état restent les meilleurs moyens de prévention à l’heure actuelle, faute de vaccins disponibles.
Par Laurence Sagot
FCO: peu de moyens de prévention pour le moment
Prendre la température : c’est la première démarche à adopter face à un animal malade. Une brebis atteinte de FCO est généralement en hyperthermie
La fièvre catarrhale ovine ou FCO (ou maladie de la langue bleue) est une maladie virale. Elle est contagieuse et transmise d’un animal infecté à un autre par la piqure de moucherons appelés Culicoïdes.  La transmission de la maladie et son extension sont donc directement liées à la présence de ces moucherons qui se développent avec des températures élevées. Sans présager de l’évolution de la FCO en cette fin d’année, le début de l’hiver approche à grands pas, et avec le froid, la fin de l’activité des moucherons.

Des symptômes non spécifiques
Comme son nom l’indique, le premier symptôme de la FCO est une forte fièvre avec une température qui peut dépasser 41°C. Comme pour tout animal malade, il est donc impératif de prendre la température dès qu’un animal apparait abattu. Mais restons prudent car bien évidemment, une température supérieure à 38,5 °C, seuil normal pour un ovin, peut être le signe d’une autre infection d’ordre bactérienne ou virale. D’autres symptômes peuvent être observés en cas de FCO.  C’est le cas de la tête enflée avec des lésions dans la bouche et sur la langue ou bien une salivation excessive. Mais ces symptômes se retrouvent également  dans le cas d’eczéma facial  ou d’ecthyma. Pour les mâles, l’atteinte des testicules est un symptôme de la FCO avec risque d’infertilité. Mais là encore, il n’est pas spécifique de la maladie.

Pas de moyen de prévention spécifique pour le moment
Il n’y a pas de stocks de vaccins disponibles pour tous les troupeaux ovins pour le moment. Seuls les animaux des centres de sélection, des centres d’insémination animale et ceux destinés aux échanges à l’export peuvent être vaccinés.  Et il faudra attendre plusieurs mois avant d’être approvisionné en vaccins. Rappelons que pour préserver les capacités de reproduction des brebis, il est fortement déconseillé de vacciner (et ce quel que soit le vaccin) un mois avant et après la mise en lutte pour les brebis et deux mois avant pour les béliers. De même, les brebis dans le dernier mois de gestation doivent être préservées pour éviter les avortements.
Faute de vaccin, nous ne disposons pas de moyen de prévention efficace à l’heure actuelle. Mais ce qui est vrai pour les autres maladies l’est aussi pour la FCO : une brebis en bon état général se défend mieux contre la maladie. Un niveau d’alimentation correct et une bonne gestion du parasitisme sont ainsi les meilleurs moyens de prévention. Une cure d’oligoéléments et vitamines afin de renforcer les défenses immunitaires peut être envisagée mais attention aux excès qui sont parfois aussi néfastes que les carences. La désinsectisation régulière des animaux ne constitue pas, à lui seul, un moyen de prévention durable et suffisant. Prendre conseil auprès de votre vétérinaire.