Et ben c'est pas si mal
L'EARL Richard a fait installer deux robots de traite dans son bâtiment d'élevage à Boux-sous-Salmaise. Le bilan après un an de fonctionnement est très satisfaisant.
Il y avait beaucoup de monde mercredi 18 mars à Boux-sous-Salmaise. Une porte ouverte était organisée par Lely, avec la participation de plusieurs partenaires du monde de l'élevage. Du soleil, une bonne ambiance, de quoi boire et bien manger, avec l'aide des JA du canton : rien ne manquait à l'appel pour passer un bon moment ! Le fil directeur de cette journée était la traite robotisée, avec une communication autour du nouveau robot Astonaut A5 next.
Une longue réflexion
L'EARL Richard accueillait cet événement, elle qui est passée en traite robotisée il y a exactement un an. Christophe Richard, le chef d'exploitation, réfléchissait à cet investissement depuis très longtemps : « Les robots ont toujours été dans un coin de ma tête, mais je n'arrivais pas à me décider et mettre une croix sur notre ancienne 2x8 avec traite à l'arrière. Plusieurs raisons me freinaient. Il y avait notamment le prix, forcément… Les tarifs n'ont guère changé depuis l'apparition de ces machines qui, certes, sont de plus en plus performantes. Il y a quelques années, j'avais trouvé deux robots d'occasion mais les taux d'intérêt étaient à 5 % J'avais laissé tomber. Il y a un an, une nouvelle opportunité s'est présentée avec un robot occasion. J'ai fait coup double en achetant en plus le nouveau A5 next de chez Lely. Le programme du deuxième robot a lui aussi été équipé du programme le plus récent ». L'éleveur de 120 vaches Simmental ajoute un autre argument : « quand on est jeune, on se sent fort physiquement. Mais avec l'âge, on réfléchit différemment. Traire matin et soir, tous les jours de l'année, est exigeant sur le long terme. Les robots étaient censés apporter bien des avantages sur cet aspect. Cela a joué dans la décision ».
Vraiment bien
Une année de fonctionnement permet d'avoir un certain recul. Christophe Richard livre ici un ressenti plus que positif sur son investissement : « concernant les contraintes physiques, il n'y a pas photo. Le travail est très différent, il peut être réalisé par n'importe qui… Il suffit de venir pousser les deux ou trois vaches qui ne sont pas encore passées au robot et nettoyer la machine. Les contraintes horaires d'autrefois, c'est terminé aussi ! Avant, nous commencions tous les jours à 5 heures du matin puis 17 heures. Oui, nous avons gagné en confort de travail et en sérénité, même s'il y a aujourd'hui le souci du téléphone portable… Celui-ci peut sonner à tout moment en cas de problème technique sur les machines. Il peut nous appeler en pleine nuit pour une bricole, mais ça, nous le savions, c'est comme ça ». Christophe Richard ajoute deux autres avantages des robots et non des moindres : « le nombre de traites quotidiennes est passé de 2 à 2,9 et nous enregistrons une hausse de production intéressante. La moyenne par vache est aujourd'hui à 28 kg de lait par jour, elle qui était jusqu'à présent entre 25 et 26. Les Simmental les plus productives passent jusqu'à quatre fois au robot et certaines atteignent même les 50 litres par jour, je n'avais jamais vu ça. Bon, forcément, par un effet dilution, nous perdons un peu en taux mais nous restons gagnants. L'autre énorme avantage concerne les données techniques que nous procurent ces appareils : c'est monstrueux ! Nous avions déjà accès, avant, à un certain nombre d'éléments mais là, c'est très impressionnant. Les robots nous disent tout sur les animaux, avant même que nous les détections à l'œil, c'est bluffant ».
Un coup à prendre
Christophe Richard et Damien Guillier étaient prévenus : la mise en place de deux robots peut prendre du temps : « cela a été le cas chez nous, il a fallu un bon mois pour que les vaches s'habituent à ces nouveaux systèmes de traite. Pendant les deux premières semaines, nous étions H24 derrière elles et quand je dis H24, c'était H24… ». Les deux éleveurs listent d'autres éléments à prendre en compte lors de l'achat d'un ou de plusieurs robots : « il faut bien sûr que le nombre de vaches soit en phase. Un robot, c'est 60 vaches. Si, avant, nous avions deux Simmental supplémentaires à traire, cela ne posait pas plus de problème. Aujourd'hui, cela perturberait le flux, qui est déjà tendu ». Christophe Richard termine son intervention en mettant bien en avant le service après-vente : « c'est à mes yeux très important. Il faut sans doute un bon contrat dès le départ pour s'éviter de mauvaises surprises par la suite ». Gaylord Flaque, directeur du centre Lely de Monéteau (89), participait à cette journée et glisse lui aussi quelques mots dans cet article : « Les robots génèrent un gain de temps aux éleveurs. Ce temps qu'ils ne passent plus à traire, ils le valorisent et le consacrent à l'amélioration du troupeau pour tout ce qui touche la santé, la reproduction… Les données disponibles permettent de guider bien en amont l'éleveur. La différence entre un robot d'aujourd'hui et un robot d'hier ? Il y a eu énormément de petites évolutions qui, mises bout à bout, profitent au troupeau, aux éleveurs et aux personnes qui interviennent sur les machines en cas de problèmes, toujours dans un souci de performances ».