Antibiotiques et antibiorésistances
En santé animale aussi, les antibiotiques, c'est pas automatique !
L'Agence européenne du médicament a mis en place une étude d'évaluation des consommations d'antibiotiques vétérinaires en Europe. Suite aux résultats préliminaires de l'étude, la France est en 2009 le deuxième plus gros consommateur d'antibiotiques en Europe (classement par kilo de poids vif). En 2011, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, lance un plan d'action national contre l'antibiorésistance pour répondre à l'objectif de réduction de 25% de la consommation des antibiotiques en élevage d'ici 5 ans. Si une prise de conscience collective ne se concrétise pas, la menace d'une restriction voire d'une interdiction de l'utilisation de certains antibiotiques en élevage est bien réelle.
L'apparition des antibiotiques au milieu du XXème siècle a révolutionné l'histoire de la médecine et de l'Humanité, puisqu'elle a permis de s'attaquer à des fléaux jusque-là incurables. On estime que l'arrivée des antibiotiques a fait gagner 15 ans d'espérance de vie aux populations qui ont pu en bénéficier. Ces médicaments qui luttent contre les maladies bactériennes sont malheureusement victimes de leur succès. Leur trop large utilisation a contribué à sélectionner des souches bactériennes résistantes aux différentes familles d'antibiotiques disponibles.
[INTER]Les antibiotiques, ça devient critique ![inter]
Les progrès de la recherche ont été finalement dépassés par l'adaptation des bactéries dont certaines sont à l'origine de maladies devenues très difficiles à
soigner, comme par exemple certaines infections dites nosocomiales (infections contractées dans des milieux de soins). Tous les consommateurs d'antibiotiques, humains comme animaux, contribuent à ce phénomène, car les bactéries résistantes sélectionnées dans un secteur finissent toujours par se répandre, via les êtres vivants ou l'environnement. Ainsi il appartient à chacun de préserver l'efficacité de ces médicaments indispensables à l'avenir des générations futures. Même si la consommation d'antibiotiques peut s'avérer différente selon les filières animales, aucune filière n'échappe à l'obligation de repenser son usage des antibiotiques. Contrairement à certaines idées répandues, le problème n'est pas en premier lieu celui des résidus présents dans les aliments (le respect des délais d'attente permet de limiter ce risque) mais plutôt un problème d'antibiorésistance. Celle-ci peut être induite quel que soit l'âge de l'animal traité y compris chez les veaux de quelques jours. Outre l'enjeu essentiel de santé publique, l'enjeu pour les filières animales est le risque de se voir interdire l'accès à certains antibiotiques dits « d'importance critique» (fluoroquinolones, céphalosporines de dernières générations), qui sont pourtant utiles à la santé animale.
[INTER]Les antibiotiques, c'est pas magique ![inter]
Les antibiotiques sont des médicaments qui visent à aider les animaux infectés à lutter contre des bactéries, qu'il faut différencier d'autres agents infectieux comme les virus. Ces produits n'assurent pas la guérison à eux seuls, l'état des animaux soignés reste déterminant dans le succès du traitement même si le résultat d'une antibiothérapie paraît souvent spectaculaire. Chaque famille d'antibiotiques, voire chaque antibiotique, ne peut lutter que contre un nombre limité de bactéries et aucun antibiotique ne peut prétendre lutter efficacement contre tous les agents bactériens. Par ailleurs, le choix des antibiotiques doit être adapté aux organes cibles atteints par l'agent infectieux, car la diffusion et l'efficacité du produit est différente selon les organes. A cela s'ajoutent les mécanismes de l'antibiotique qui conditionnent son efficacité et surtout son utilisation (antibiotiques «temps-dépendants» ou «dose-dépendants»). Ces éléments complexes imposent au vétérinaire traitant de raisonner chaque antibiothérapie. Son diagnostic se base sur ses connaissances des pathologies et des antibiotiques, il est aussi appuyé par des analyses complémentaires (recherche d'agents pathogènes, antibiogramme), surtout dans le cas d'échec thérapeutique ou d'analyse à l'échelle du troupeau. Face à des infections courantes et récurrentes en élevage (panaris, omphalites, mammites, infections respiratoires, diarrhées néonatales, ...), une analyse approfondie des mesures de prévention et d'hygiène par le vétérinaire traitant est primordiale. En cas d'échec d'une conduite sanitaire optimale le vétérinaire fait alors appel en premier lieu aux antibiotiques généraux et en dernier recours aux antibiotiques d'importance critique.
[INTER]Les antibiotiques, c'est pas économique ![inter]
Le recours à l'antibiothérapie est par essence un signe d'échec du fonctionnement d'un élevage, car il vise d'abord à soigner des animaux malades. Même pour la prévention des mammites qui faisait souvent appel à des traitements antibiotiques systématiques, les recommandations actuelles des experts visent à les réserver aux animaux atteints et à traiter les animaux sains avec des obturateurs de trayons. Par ailleurs, le coût des antibiotiques est important, surtout pour les antibiotiques de dernières générations. De ces faits, toute antibiothérapie doit être considérée comme une charge et non comme un investissement à la différence d'un plan de prévention vaccinale ou sanitaire. Le vieil adage «mieux vaut prévenir que guérir» est donc toujours d'actualité, et face à un usage trop important des antibiotiques dans un élevage, il est indispensable de s'interroger sur les facteurs qui favorisent l'apparition de maladies infectieuses dans cet élevage, et même sur la pertinence des traitements antibiotiques mis en œuvre. Par exemple, face aux infections respiratoires rencontrées en élevage qui sont souvent d'origine virale (donc insensibles aux antibiotiques), un simple traitement à l'aspirine, beaucoup moins coûteux et sans risque de résistance, peut suffire à calmer l'épisode clinique. Là encore le diagnostic d'un vétérinaire est indispensable à l'appréciation de la situation.
L'analyse des facteurs de risque d'apparition des maladies infectieuses peut faire appel à des compétences multiples: alimentation, bâtiment, hygiène, respect des plans de prévention. C'est tout l'intérêt des bilans sanitaires d'élevage annuels réalisés par les vétérinaires traitants. Par ailleurs les G.D.S de Bourgogne proposent des visites «Charte Sanitaire», elles donnent lieu à l'identification des facteurs de risque de l'élevage et à la proposition d'éléments de correction.
Les membres de l'Observatoire épidémiologique régional de Bourgogne*
*Chambre régionale d'agriculture, Groupements de défense sanitaire, Groupement technique vétérinaire, Interbev, Laboratoires départementaux d'analyses.
[INTER]Les antibiotiques, ça devient critique ![inter]
Les progrès de la recherche ont été finalement dépassés par l'adaptation des bactéries dont certaines sont à l'origine de maladies devenues très difficiles à
soigner, comme par exemple certaines infections dites nosocomiales (infections contractées dans des milieux de soins). Tous les consommateurs d'antibiotiques, humains comme animaux, contribuent à ce phénomène, car les bactéries résistantes sélectionnées dans un secteur finissent toujours par se répandre, via les êtres vivants ou l'environnement. Ainsi il appartient à chacun de préserver l'efficacité de ces médicaments indispensables à l'avenir des générations futures. Même si la consommation d'antibiotiques peut s'avérer différente selon les filières animales, aucune filière n'échappe à l'obligation de repenser son usage des antibiotiques. Contrairement à certaines idées répandues, le problème n'est pas en premier lieu celui des résidus présents dans les aliments (le respect des délais d'attente permet de limiter ce risque) mais plutôt un problème d'antibiorésistance. Celle-ci peut être induite quel que soit l'âge de l'animal traité y compris chez les veaux de quelques jours. Outre l'enjeu essentiel de santé publique, l'enjeu pour les filières animales est le risque de se voir interdire l'accès à certains antibiotiques dits « d'importance critique» (fluoroquinolones, céphalosporines de dernières générations), qui sont pourtant utiles à la santé animale.
[INTER]Les antibiotiques, c'est pas magique ![inter]
Les antibiotiques sont des médicaments qui visent à aider les animaux infectés à lutter contre des bactéries, qu'il faut différencier d'autres agents infectieux comme les virus. Ces produits n'assurent pas la guérison à eux seuls, l'état des animaux soignés reste déterminant dans le succès du traitement même si le résultat d'une antibiothérapie paraît souvent spectaculaire. Chaque famille d'antibiotiques, voire chaque antibiotique, ne peut lutter que contre un nombre limité de bactéries et aucun antibiotique ne peut prétendre lutter efficacement contre tous les agents bactériens. Par ailleurs, le choix des antibiotiques doit être adapté aux organes cibles atteints par l'agent infectieux, car la diffusion et l'efficacité du produit est différente selon les organes. A cela s'ajoutent les mécanismes de l'antibiotique qui conditionnent son efficacité et surtout son utilisation (antibiotiques «temps-dépendants» ou «dose-dépendants»). Ces éléments complexes imposent au vétérinaire traitant de raisonner chaque antibiothérapie. Son diagnostic se base sur ses connaissances des pathologies et des antibiotiques, il est aussi appuyé par des analyses complémentaires (recherche d'agents pathogènes, antibiogramme), surtout dans le cas d'échec thérapeutique ou d'analyse à l'échelle du troupeau. Face à des infections courantes et récurrentes en élevage (panaris, omphalites, mammites, infections respiratoires, diarrhées néonatales, ...), une analyse approfondie des mesures de prévention et d'hygiène par le vétérinaire traitant est primordiale. En cas d'échec d'une conduite sanitaire optimale le vétérinaire fait alors appel en premier lieu aux antibiotiques généraux et en dernier recours aux antibiotiques d'importance critique.
[INTER]Les antibiotiques, c'est pas économique ![inter]
Le recours à l'antibiothérapie est par essence un signe d'échec du fonctionnement d'un élevage, car il vise d'abord à soigner des animaux malades. Même pour la prévention des mammites qui faisait souvent appel à des traitements antibiotiques systématiques, les recommandations actuelles des experts visent à les réserver aux animaux atteints et à traiter les animaux sains avec des obturateurs de trayons. Par ailleurs, le coût des antibiotiques est important, surtout pour les antibiotiques de dernières générations. De ces faits, toute antibiothérapie doit être considérée comme une charge et non comme un investissement à la différence d'un plan de prévention vaccinale ou sanitaire. Le vieil adage «mieux vaut prévenir que guérir» est donc toujours d'actualité, et face à un usage trop important des antibiotiques dans un élevage, il est indispensable de s'interroger sur les facteurs qui favorisent l'apparition de maladies infectieuses dans cet élevage, et même sur la pertinence des traitements antibiotiques mis en œuvre. Par exemple, face aux infections respiratoires rencontrées en élevage qui sont souvent d'origine virale (donc insensibles aux antibiotiques), un simple traitement à l'aspirine, beaucoup moins coûteux et sans risque de résistance, peut suffire à calmer l'épisode clinique. Là encore le diagnostic d'un vétérinaire est indispensable à l'appréciation de la situation.
L'analyse des facteurs de risque d'apparition des maladies infectieuses peut faire appel à des compétences multiples: alimentation, bâtiment, hygiène, respect des plans de prévention. C'est tout l'intérêt des bilans sanitaires d'élevage annuels réalisés par les vétérinaires traitants. Par ailleurs les G.D.S de Bourgogne proposent des visites «Charte Sanitaire», elles donnent lieu à l'identification des facteurs de risque de l'élevage et à la proposition d'éléments de correction.
Les membres de l'Observatoire épidémiologique régional de Bourgogne*
*Chambre régionale d'agriculture, Groupements de défense sanitaire, Groupement technique vétérinaire, Interbev, Laboratoires départementaux d'analyses.
Pour diminuer les antibiotiques, il faut améliorer ses pratiques
La recette miracle pour s'affranchir des antibiotiques n'existe pas mais certaines pratiques peuvent contribuer à diminuer leur utilisation et donc limiter les risques de développer des antibiorésistances.Même si chaque élevage doit s'interroger individuellement sur ses propres pratiques on peut en citer quelques-unes :
1 Attacher une importance capitale aux mesures d'hygiène. (ex : désinfection du cordon, utilisation de matériel propre, notamment pour les vêlages, colostrum, quarantaine...)
2 Réaliser un bilan sanitaire qui analyse réellement les facteurs de risque d'apparition des maladies infectieuses dans l'élevage (alimentation, bâtiment, hygiène, respect des plans de prévention...)
3 àtablir annuellement avec le vétérinaire qui suit l'élevage un protocole de soins définissant précisément les interventions à réaliser face aux pathologies rencontrées dans l'élevage. Rechercher des solutions qui évitent au maximum le recours aux antibiotiques, au moins en première intention (traitements symptomatiques, homéopathie, phytothérapie...).
4 S'interdire le recours aux antibiotiques d'importance critique dans les protocoles de soins.
5 àviter tout traitement antibiotique systématique (exemple : traitement systématique des nombrils à la naissance) et privilégier les traitements ciblés sur des individus malades ou à haut risque.
6 Ne pas utiliser un antibiotique prescrit par un vétérinaire pour un animal et pour une pathologie bien déterminée, sur un autre animal présentant une pathologie différente.
7 Réserver l'utilisation des antibiotiques à des maladies d'origine bactérienne : de nombreuses maladies respiratoires et digestives sont souvent d'origine virale et se soignent avec des traitements symptomatiques (anti-inflammatoires, réhydratants). Cette approche nécessite un diagnostic approfondi des pathologies rencontrées sur l'élevage.
8 Respecter les posologies et les durées d'administration prescrites par le vétérinaire. Les antibiothérapies interrompues ou mal suivies contribuent au développement des résistances sur les animaux traités.
9 Faire attention aussi aux dates de péremption et aux délais d'attente de l'antibiotique.