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Agir contre le changement climatique

Développer l’autonomie alimentaire pour augmenter la résilience des exploitations

L’augmentation des charges opérationnelles fragilise les élevages. Développer l’autonomie alimentaire sur l’exploitation donne de nouvelles marges de manœuvre financières mais contribue aussi à augmenter la résilience face aux aléas climatiques plus fréquents.
Par Sophie Dubreuil, Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne Franche-Comté
Développer l’autonomie alimentaire pour augmenter la résilience des exploitations
La marge brute de l’atelier lait subit la hausse du poste alimentaire
Selon une étude du réseau GALACSY, depuis 2015, en lait de plaine, la marge brute de l’atelier lait subit une hausse des charges. Le cours des aliments et l’achat de fourrages ou coproduits suite à la sécheresse de 2018 ont fait grimper le niveau du poste alimentation, entraînant une baisse significative de la marge de l’atelier lait*.

Dans un contexte climatique de plus en plus perturbé, la sécurisation de l’alimentation du troupeau devient un enjeu majeur, quelle que soit la production. La réduction d’achats d’aliments peut passer par l’activation de différents leviers : la baisse du chargement, le stockage de fourrages, la diversification des cultures, le pâturage tournant…, à adapter selon les systèmes d’exploitation.

Réduire la consommation de fourrage en ajustant le nombre d’animaux à nourrir
Les effectifs des différentes catégories d’animaux doivent être ajustés au potentiel de production fourrager. Assurer le renouvellement des génisses au plus juste et éliminer les vaches improductives réduisent les besoins en toutes saisons. L’intérêt d’une activité d’engraissement doit être raisonné en fonction de la disponibilité fourragère.

Stocker davantage en système fourrager
Il est nécessaire d’adapter le stockage pour limiter les pertes lors de la récolte et de la conservation et garantir une bonne qualité du foin. Le séchage en grange peut s’avérer une alternative intéressante. En effet, les scénarios d’évolution du climat prévoient une augmentation de la production d’herbe au printemps et à l’automne sur les zones de plateau et de montagne. Le séchage en grange permet des récoltes sur ces saisons peu favorables au séchage du fourrage au sol. Dans le cadre du PCAE, la Région, l’État, les départements et le fonds européen FEADER soutiennent financièrement ce type d’investissements.

Pratiquer le pâturage tournant
L’objectif est d’offrir en permanence aux animaux une herbe jeune d’excellente valeur alimentaire. Le pâturage tournant permet de ne pas se faire dépasser par la pousse de printemps qui engendre un gaspillage d’herbe important en pâturage continu.

Diversifier les cultures
La mise en place de cultures fourragères adaptées comme le méteil ou le sorgho peut être une alternative à la culture du maïs gourmand en eau.

Pôle régional PRAACTIQUE : le défi face au Changement Climatique
Céline Buche, Chambre d’agriculture de BFC, Celine.buche@bfc.chambagri.fr
Jérôme Lamonica, Chambre d’agriculture du Jura, jerome.lamonica@jura.chambagri.fr