Changement climatique
Des solutions à construire
L’agriculture est étroitement concernée par le changement climatique. L’évolution de la température, des précipitations et de la ressource en eau affecte toutes les productions (rendements, qualité des produits, durée des cycles végétatifs…).
L’agriculture devra s’adapter à ce contexte climatique évolutif qui impacte de manière différente et à échelle de temps variée la diversité des territoires et des productions. Par ailleurs, l’activité agricole émet des gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique. Mais elle a aussi une importante capacité à capter et stocker du carbone. L’enjeu est d’améliorer le bilan captation/émission.
Un sujet omniprésent
Deux défis doivent être conjugués : l’adaptation au changement climatique et l’atténuation des émissions de gaz à effets de serre. Ceux-ci doivent être intégrés dans la stratégie de toutes les exploitations, pour qu’elles puissent développer une capacité de résilience intégrant ce paramètre en plus des autres (évolution des techniques, des coûts de production, de la demande sociétale, de la réglementation, …).
Ces défis font aujourd’hui partie intégrante des orientations de la majorité des organisations professionnelles agricoles. Le sujet est vaste mais son approche et les réponses ne sont pas toujours évidentes.
Explorer par la formation
La formation a un rôle important dans la sensibilisation et l’accompagnement à la prise en compte du changement climatique. Le comité VIVEA (fonds d’assurance formation des entrepreneurs du vivant) de Bourgogne-Franche-Comté invite les centres de formation à proposer une offre intégrant une réflexion sur l’impact du changement climatique dans les pratiques et la stratégie des exploitations. Les premières formations ont eu lieu en ce début 2019.
3 formations de l’ADFPA intitulées «Améliorer la robustesse de son système fourrager par l’analyse des coûts de production» ont ainsi été réalisées dans le Jura. Ruisseaux à sec, faibles récoltes de foin, mise en place de l’irrigation sur prairies, gestion des terres hydromorphes étaient autant de problèmes qui émergeaient lors du tour de table. Les stagiaires étaient déjà convaincus de l’importance de traiter le sujet.
L’intervention de Jérôme Lamonica, chargé de mission sur le changement climatique à la Chambre d’Agriculture, a permis de comprendre les différents éléments en jeu dans le changement climatique mais surtout d’en quantifier les effets grâce aux mesures passées et à la modélisation des évolutions à venir pour étayer les constats faits par les agriculteurs.
Les échanges ont conduit à l’émergence de nombreuses pistes d’adaptation, déjà mises en œuvre sur certaines exploitations : pâturage tournant, drainage, agroforesterie, changement de date de mise à l’herbe, implantation de luzerne et de cultures dérobées, irrigation…
Une combinaison de solutions
Guillaume Basset, producteur de lait à Comté dans le Jura, témoigne quelques semaines après la formation de ce qu’il a retenu.
"Je me suis inscrit à cette formation pour connaitre mon coût réel de production du litre de lait, savoir où étaient les failles et où chercher des marges de manœuvre. Les stagiaires font partie d’un groupe d’éleveurs qui se forment tous les ans. Cette année, nous avions choisi d’approfondir le thème de l’adaptation au changement climatique, sachant que nous avions subi une longue période de sécheresse.
Lors de cette formation, la Chambre d’agriculture a fait une présentation sur les changements climatiques, notamment avec des modélisations au niveau mondial et local. Sur l’aspect mondial, les choses étaient plutôt déjà connues. Par contre, aborder la partie locale et se rendre compte de ce que pourrait être le climat sur notre secteur à horizon 10, 20 et 30 ans, nous incite à réfléchir à notre adaptation au dérèglement climatique dans nos pratiques pour faire face à des périodes de sécheresse mais aussi de fortes pluies, plus fréquentes.
Sur l’exploitation, les réflexions sont engagées depuis quelques années déjà, notamment avec la valorisation de la pousse de l’herbe, particulièrement sur le pic de production d’herbe de printemps. Depuis 2 ans, nous mettons en place le pâturage tournant. Dans notre système de récolte de fourrage sec, la difficulté est de trouver les fenêtres météo pour récolter l’herbe. Cela passera peut-être par des équipements de séchage de foin pour sécuriser les stocks et par l’augmentation du chargement sur des petites surfaces pâturables au printemps. En ce qui concerne les printemps humides, nous devons travailler les chemins d’accès pour limiter les dégâts sur les surfaces. Parmi les autres pistes abordées pendant la formation, celle de l’irrigation, déjà mise en place par d’autres stagiaires, reste à explorer pour les périodes sèches en récupérant des eaux sur les bassins versants. La recherche de variétés de prairies s’adaptant plus au sec pourrait être un autre axe. Sur la ferme, nous allons faire un essai sur des prés dégradés, avec un pâturage intensif de printemps et l’implantation d’un mélange d’avoine vesce avant réimplantation à l’automne d’une prairie multi-espèces. La stratégie, plutôt que de passer par une céréale, est d’implanter un fourrage consommé l’été.
L’avantage de cette formation est que chacun apporte ses idées, ses résultats d’essais. L’aspect groupe fait que l’on avance ensemble pour trouver des solutions. Il ne faut pas attendre une solution miracle, elle n’existe pas. Chacun sur son système doit trouver une combinaison de solutions».
Premières étapes dans l’approche du changement climatique, ces formations pourront être complétées par d’autres sessions qui permettront d’approfondir les voies les plus pertinentes d’adaptation et d’atténuation, d’en mesurer les atouts et les inconvénients en y associant des indicateurs économiques".
Un sujet omniprésent
Deux défis doivent être conjugués : l’adaptation au changement climatique et l’atténuation des émissions de gaz à effets de serre. Ceux-ci doivent être intégrés dans la stratégie de toutes les exploitations, pour qu’elles puissent développer une capacité de résilience intégrant ce paramètre en plus des autres (évolution des techniques, des coûts de production, de la demande sociétale, de la réglementation, …).
Ces défis font aujourd’hui partie intégrante des orientations de la majorité des organisations professionnelles agricoles. Le sujet est vaste mais son approche et les réponses ne sont pas toujours évidentes.
Explorer par la formation
La formation a un rôle important dans la sensibilisation et l’accompagnement à la prise en compte du changement climatique. Le comité VIVEA (fonds d’assurance formation des entrepreneurs du vivant) de Bourgogne-Franche-Comté invite les centres de formation à proposer une offre intégrant une réflexion sur l’impact du changement climatique dans les pratiques et la stratégie des exploitations. Les premières formations ont eu lieu en ce début 2019.
3 formations de l’ADFPA intitulées «Améliorer la robustesse de son système fourrager par l’analyse des coûts de production» ont ainsi été réalisées dans le Jura. Ruisseaux à sec, faibles récoltes de foin, mise en place de l’irrigation sur prairies, gestion des terres hydromorphes étaient autant de problèmes qui émergeaient lors du tour de table. Les stagiaires étaient déjà convaincus de l’importance de traiter le sujet.
L’intervention de Jérôme Lamonica, chargé de mission sur le changement climatique à la Chambre d’Agriculture, a permis de comprendre les différents éléments en jeu dans le changement climatique mais surtout d’en quantifier les effets grâce aux mesures passées et à la modélisation des évolutions à venir pour étayer les constats faits par les agriculteurs.
Les échanges ont conduit à l’émergence de nombreuses pistes d’adaptation, déjà mises en œuvre sur certaines exploitations : pâturage tournant, drainage, agroforesterie, changement de date de mise à l’herbe, implantation de luzerne et de cultures dérobées, irrigation…
Une combinaison de solutions
Guillaume Basset, producteur de lait à Comté dans le Jura, témoigne quelques semaines après la formation de ce qu’il a retenu.
"Je me suis inscrit à cette formation pour connaitre mon coût réel de production du litre de lait, savoir où étaient les failles et où chercher des marges de manœuvre. Les stagiaires font partie d’un groupe d’éleveurs qui se forment tous les ans. Cette année, nous avions choisi d’approfondir le thème de l’adaptation au changement climatique, sachant que nous avions subi une longue période de sécheresse.
Lors de cette formation, la Chambre d’agriculture a fait une présentation sur les changements climatiques, notamment avec des modélisations au niveau mondial et local. Sur l’aspect mondial, les choses étaient plutôt déjà connues. Par contre, aborder la partie locale et se rendre compte de ce que pourrait être le climat sur notre secteur à horizon 10, 20 et 30 ans, nous incite à réfléchir à notre adaptation au dérèglement climatique dans nos pratiques pour faire face à des périodes de sécheresse mais aussi de fortes pluies, plus fréquentes.
Sur l’exploitation, les réflexions sont engagées depuis quelques années déjà, notamment avec la valorisation de la pousse de l’herbe, particulièrement sur le pic de production d’herbe de printemps. Depuis 2 ans, nous mettons en place le pâturage tournant. Dans notre système de récolte de fourrage sec, la difficulté est de trouver les fenêtres météo pour récolter l’herbe. Cela passera peut-être par des équipements de séchage de foin pour sécuriser les stocks et par l’augmentation du chargement sur des petites surfaces pâturables au printemps. En ce qui concerne les printemps humides, nous devons travailler les chemins d’accès pour limiter les dégâts sur les surfaces. Parmi les autres pistes abordées pendant la formation, celle de l’irrigation, déjà mise en place par d’autres stagiaires, reste à explorer pour les périodes sèches en récupérant des eaux sur les bassins versants. La recherche de variétés de prairies s’adaptant plus au sec pourrait être un autre axe. Sur la ferme, nous allons faire un essai sur des prés dégradés, avec un pâturage intensif de printemps et l’implantation d’un mélange d’avoine vesce avant réimplantation à l’automne d’une prairie multi-espèces. La stratégie, plutôt que de passer par une céréale, est d’implanter un fourrage consommé l’été.
L’avantage de cette formation est que chacun apporte ses idées, ses résultats d’essais. L’aspect groupe fait que l’on avance ensemble pour trouver des solutions. Il ne faut pas attendre une solution miracle, elle n’existe pas. Chacun sur son système doit trouver une combinaison de solutions».
Premières étapes dans l’approche du changement climatique, ces formations pourront être complétées par d’autres sessions qui permettront d’approfondir les voies les plus pertinentes d’adaptation et d’atténuation, d’en mesurer les atouts et les inconvénients en y associant des indicateurs économiques".