Bovins allaitants
Des rations équilibrées pour de bonnes performances de reproduction
En cette fin d’hiver, nombreux sont les cheptels allaitants présentant des troubles de la reproduction et des signes d’infertilité au niveau des femelles. Certains agents viraux (FCO et BVD notamment) peuvent être à l’origine de ces pathologies. Néanmoins, l’alimentation hivernale et la qualité de certains fourrages apparaissent comme étant un des principaux facteurs de risque.
Un foin de mauvaise qualité et des performances de reproduction pénalisées
En Côte-d’Or, l’alimentation hivernale du troupeau bovin allaitant repose en grande partie sur le foin. Sa qualité est alors déterminante pour obtenir de bonnes performances de reproduction chez les animaux. La valeur alimentaire moyenne des foins réalisés en Côte-d’Or durant l’année 2016 est présentée dans le tableau 1.
Apport énergétique
La densité énergétique (DEF) du foin moyen de 2016 était trop faible pour couvrir les besoins de vaches multipares et cela quelle que soit la race.
En effet, une charolaise et une limousine ayant vêlé en milieu d’hiver avaient besoin lors de la mise à la reproduction d’une ration présentant respectivement une densité énergétique de 0,61 et 0,66 UF/UEB. La distribution de foin à volonté a pu engendrer, en l’absence de complémentation, un déficit énergétique.
Chez les bovins allaitants, une sous-alimentation énergétique modérée est possible sur des multipares rentrées en bâtiment en très bon état corporel ce qui n’était pas le cas cette année compte tenu de la faible pousse de l’herbe. Il était alors nécessaire de rééquilibrer la ration grâce à un autre fourrage plus dense en énergie et/ou de complémenter les animaux avec un correcteur énergétique selon les besoins propres à chaque race.
Il fallait également se montrer vigilant quant à l’utilisation de céréales à paille récoltées en 2016. Des analyses réalisées sur du blé et de l’orge ont mis en évidence des valeurs énergétiques basses (jusqu’à -0,2 UFL/kg MS pour des blés par rapport aux données INRA) d’où des difficultés à compenser le déficit énergétique. La non-couverture des besoins énergétiques entraine, chez la vache allaitante, une dégradation du statut immunitaire de l’animal et de ses performances de reproduction avec des retards dans l’apparition des chaleurs, une baisse de la fertilité et de la fécondation. Durant la lactation, la perte d’état excessive observée dans les exploitations a aussi eu des conséquences sur le veau.
En effet, la mobilisation lipidique a entrainé un lait riche en acides gras longs, moins digeste pour le veau d’où l’apparition de troubles digestifs et une diminution du GMQ. Le même phénomène a pu être observé si les mères ont reçu une ration trop riche en énergie et pauvre en protéines.
Apport azoté
Les analyses de foin réalisées mettent également en évidence une faible teneur en matière azotée ainsi qu’un fort déséquilibre entre l’azote soluble (PDIN) et l’énergie dégradable (PDIE). Ce déséquilibre a pu être accentué par l’apport de céréales riches en glucides fermentescibles et donc en PDIE dans la ration23.
La faible teneur en PDIN du foin s’expliquait quant à elle par une perte d’azote dégradable liée à une date de fenaison tardive. L’ajout d’un correcteur azoté dans une ration base foin apparaissait alors comme étant essentiel pour des animaux en fin de gestation et début de lactation et devait répondre aux objectifs suivants :
Apporter suffisamment d’azote soluble pour permettre un bon fonctionnement ruminal en rééquilibrant le ratio (PDIN-PDIE)/UF afin de ne pas dépasser la valeur seuil de -17g de PDI/UF pour des vaches après vêlage et -13g de PDI/UF pour des génisses de 1 à 2 ans, et pour digérer l’importante quantité de cellulose apportée par le foin.
Augmenter la teneur en protéines de la ration et respecter le seuil de 95 g de PDI/UF pour des vaches en 1ère moitié de lactation.
Une carence en protéines dans l’alimentation a pu retarder l’apparition des chaleurs et impacter négativement le taux de fécondation mais aussi le taux de mortalité des veaux. En effet, la qualité du colostrum est fortement liée à la couverture des besoins en protéines de la vache.
Complémentation en minéraux et vitamines
En 2016, les parcelles récoltées en foin ont eu des rendements très élevés. La teneur en minéraux de la plante a été amoindrie par un phénomène de dilution ce qui peux expliquer en partie les problèmes de reproduction observés sur le terrain.
Complémenter les animaux en minéraux (calcium, magnésium et phosphore) était alors souhaitable pour optimiser la fertilité. Les vitamines A, B12 et E ainsi que certains oligo-éléments (iode, sélénium, zinc, cuivre et cobalt) participant à la reprise d’activité ovarienne auraient pu être apportés de manière continue ou par cure aux périodes-clés suivantes: deux derniers mois de gestation, allaitement et mise à la reproduction.
Pour les veaux, des performances moyennes en baisse
La campagne de pesée des veaux avant la mise à l’herbe est déjà bien avancée pour les techniciens Bovins Croissance de Côte-d’Or. Le tableau ci-dessous dresse un premier bilan des données collectées dans 50 élevages. (tableau 2)
Globalement, les croissances sont en forte baisse avec une diminution du GMQ de près de 100g/animal par rapport à l’année précédente et l’écart entre les différents élevages s’est accentué. Pour Matthieu Javelle, technicien à Bovins Croissance 21, «la croissance des veaux de la naissance à 4 mois d’âge est fortement liée à la production laitière des vaches, elle-même dépendante en partie des apports alimentaires reçus par la vache. De plus, on constate également de nombreux problèmes de reproduction, un allongement des durées d’anoestrus et des retours en chaleur plus fréquents».
Selon lui, «la qualité des fourrages distribués aux animaux cet hiver est certainement la cause principale de cette dégradation des performances».
Pour éviter que ce phénomène ne se reproduise, vous pouvez faire preuve d’anticipation. En faisant analyser vos fourrages, vous pourrez connaitre leur composition et leur valeur nutritionnelle. Vous pourrez ainsi réaliser des rations personnalisées répondant à vos objectifs de performances. Afin de vous accompagner dans cette démarche, plusieurs campagnes d’analyses de fourrage seront organisées en 2017 sur l’ensemble du département par la chambre d’agriculture de Côte-d’Or. Pour toutes informations, contacter Matthieu Javelle, technicien Bovins Croissance, matthieu.javelle@cote-dor.chambagri.fr, 06 85 23 36 85 ou Florent Gavard, conseiller bovins viande et fourrages, florent.gavard@cote-dor.chambagri.fr, 06 49 81 32 38
En Côte-d’Or, l’alimentation hivernale du troupeau bovin allaitant repose en grande partie sur le foin. Sa qualité est alors déterminante pour obtenir de bonnes performances de reproduction chez les animaux. La valeur alimentaire moyenne des foins réalisés en Côte-d’Or durant l’année 2016 est présentée dans le tableau 1.
Apport énergétique
La densité énergétique (DEF) du foin moyen de 2016 était trop faible pour couvrir les besoins de vaches multipares et cela quelle que soit la race.
En effet, une charolaise et une limousine ayant vêlé en milieu d’hiver avaient besoin lors de la mise à la reproduction d’une ration présentant respectivement une densité énergétique de 0,61 et 0,66 UF/UEB. La distribution de foin à volonté a pu engendrer, en l’absence de complémentation, un déficit énergétique.
Chez les bovins allaitants, une sous-alimentation énergétique modérée est possible sur des multipares rentrées en bâtiment en très bon état corporel ce qui n’était pas le cas cette année compte tenu de la faible pousse de l’herbe. Il était alors nécessaire de rééquilibrer la ration grâce à un autre fourrage plus dense en énergie et/ou de complémenter les animaux avec un correcteur énergétique selon les besoins propres à chaque race.
Il fallait également se montrer vigilant quant à l’utilisation de céréales à paille récoltées en 2016. Des analyses réalisées sur du blé et de l’orge ont mis en évidence des valeurs énergétiques basses (jusqu’à -0,2 UFL/kg MS pour des blés par rapport aux données INRA) d’où des difficultés à compenser le déficit énergétique. La non-couverture des besoins énergétiques entraine, chez la vache allaitante, une dégradation du statut immunitaire de l’animal et de ses performances de reproduction avec des retards dans l’apparition des chaleurs, une baisse de la fertilité et de la fécondation. Durant la lactation, la perte d’état excessive observée dans les exploitations a aussi eu des conséquences sur le veau.
En effet, la mobilisation lipidique a entrainé un lait riche en acides gras longs, moins digeste pour le veau d’où l’apparition de troubles digestifs et une diminution du GMQ. Le même phénomène a pu être observé si les mères ont reçu une ration trop riche en énergie et pauvre en protéines.
Apport azoté
Les analyses de foin réalisées mettent également en évidence une faible teneur en matière azotée ainsi qu’un fort déséquilibre entre l’azote soluble (PDIN) et l’énergie dégradable (PDIE). Ce déséquilibre a pu être accentué par l’apport de céréales riches en glucides fermentescibles et donc en PDIE dans la ration23.
La faible teneur en PDIN du foin s’expliquait quant à elle par une perte d’azote dégradable liée à une date de fenaison tardive. L’ajout d’un correcteur azoté dans une ration base foin apparaissait alors comme étant essentiel pour des animaux en fin de gestation et début de lactation et devait répondre aux objectifs suivants :
Apporter suffisamment d’azote soluble pour permettre un bon fonctionnement ruminal en rééquilibrant le ratio (PDIN-PDIE)/UF afin de ne pas dépasser la valeur seuil de -17g de PDI/UF pour des vaches après vêlage et -13g de PDI/UF pour des génisses de 1 à 2 ans, et pour digérer l’importante quantité de cellulose apportée par le foin.
Augmenter la teneur en protéines de la ration et respecter le seuil de 95 g de PDI/UF pour des vaches en 1ère moitié de lactation.
Une carence en protéines dans l’alimentation a pu retarder l’apparition des chaleurs et impacter négativement le taux de fécondation mais aussi le taux de mortalité des veaux. En effet, la qualité du colostrum est fortement liée à la couverture des besoins en protéines de la vache.
Complémentation en minéraux et vitamines
En 2016, les parcelles récoltées en foin ont eu des rendements très élevés. La teneur en minéraux de la plante a été amoindrie par un phénomène de dilution ce qui peux expliquer en partie les problèmes de reproduction observés sur le terrain.
Complémenter les animaux en minéraux (calcium, magnésium et phosphore) était alors souhaitable pour optimiser la fertilité. Les vitamines A, B12 et E ainsi que certains oligo-éléments (iode, sélénium, zinc, cuivre et cobalt) participant à la reprise d’activité ovarienne auraient pu être apportés de manière continue ou par cure aux périodes-clés suivantes: deux derniers mois de gestation, allaitement et mise à la reproduction.
Pour les veaux, des performances moyennes en baisse
La campagne de pesée des veaux avant la mise à l’herbe est déjà bien avancée pour les techniciens Bovins Croissance de Côte-d’Or. Le tableau ci-dessous dresse un premier bilan des données collectées dans 50 élevages. (tableau 2)
Globalement, les croissances sont en forte baisse avec une diminution du GMQ de près de 100g/animal par rapport à l’année précédente et l’écart entre les différents élevages s’est accentué. Pour Matthieu Javelle, technicien à Bovins Croissance 21, «la croissance des veaux de la naissance à 4 mois d’âge est fortement liée à la production laitière des vaches, elle-même dépendante en partie des apports alimentaires reçus par la vache. De plus, on constate également de nombreux problèmes de reproduction, un allongement des durées d’anoestrus et des retours en chaleur plus fréquents».
Selon lui, «la qualité des fourrages distribués aux animaux cet hiver est certainement la cause principale de cette dégradation des performances».
Pour éviter que ce phénomène ne se reproduise, vous pouvez faire preuve d’anticipation. En faisant analyser vos fourrages, vous pourrez connaitre leur composition et leur valeur nutritionnelle. Vous pourrez ainsi réaliser des rations personnalisées répondant à vos objectifs de performances. Afin de vous accompagner dans cette démarche, plusieurs campagnes d’analyses de fourrage seront organisées en 2017 sur l’ensemble du département par la chambre d’agriculture de Côte-d’Or. Pour toutes informations, contacter Matthieu Javelle, technicien Bovins Croissance, matthieu.javelle@cote-dor.chambagri.fr, 06 85 23 36 85 ou Florent Gavard, conseiller bovins viande et fourrages, florent.gavard@cote-dor.chambagri.fr, 06 49 81 32 38