Distribution
Des inquiétudes face à une super centrale Casino-Auchan-Système U
L’annonce du rapprochement entre Casino et Auchan, rapidement rejoints par Système U en vue de créer une centrale d’achat commune, a suscité de vives inquiétudes en amont de la filière.
Bouleversement dans le paysage des centrales d’achat : le groupement Intermarché et le groupe Casino ont annoncé le 3 avril, dans un communiqué, la fin de leur partenariat, dans le cadre de leur accord dit Inca-a, à partir des négociations commerciales 2019.
Dans le même temps, le groupe Casino et Auchan Retail, rejoints par Système U, ont entamé des «négociations exclusives en vue de bâtir un partenariat stratégique mondial» leur permettant de négocier ensemble leurs achats en France et à l’international. Les groupes précisent que le partenariat ne concernera pas les «produits frais traditionnels», ni les «produits de marque nationale des PME ou ETI» et qu’il «donnera toute sa place aux contrats de filière». Ainsi, le partenariat portera exclusivement sur les achats réalisés auprès des grands industriels nationaux et internationaux. Cela devrait concerner une soixantaine d’industriels, dont une cinquantaine dans le secteur alimentaire.
Uniquement les grands industriels
Depuis 2017, Auchan Retail et Système U étaient engagés dans une centrale d’achat commune, nommée Alliance, qui était beaucoup plus large car elle couvrait tous les achats, y compris les produits des PME et des TPI et les produits frais. Celle-ci devrait s’arrêter au profit du nouvel accord.
Selon la dernière étude 2016 de Kantar Worldpanel sur le périmètre alimentaire (produits de grande consommation et frais), la centrale d’achat commune à Intermarché et Casino représente 26 % du marché en valeur, suivie par le partenariat entre Carrefour et Cora (24 %), par l’alliance entre Auchan et Système U (21,3 %) et par Leclerc (20,7 %).
Le regroupement des trois acteurs Auchan, Casino et Système U devrait peser un tiers de parts de marché, mais uniquement sur les produits issus des grands industriels. Ces annonces vont ainsi modifier significativement le paysage des centrales d’achat des distributeurs dans un secteur qui reste toujours très concentré, alors que, selon le communiqué, Casino et Auchan «proposeront d’associer à cette nouvelle dynamique leurs actuels partenaires à l’achat».
Des pouvoirs décuplés
Face à ce rapprochement, les industries alimentaires, par le biais d’un communiqué de presse de l’Ania du 5 avril, ont fait part de leur inquiétude «face un rapport de forces encore davantage déséquilibré car les entreprises alimentaires feraient face à seulement trois centrales d’achat», au lieu de quatre jusqu’ici. «Cette alliance, si elle aboutit, permettra à la centrale d’achat constituée de détenir à elle seule 32 % de parts de marché, avec des pouvoirs décuplés pour maintenir une pression maximum et négocier des prix toujours plus bas auprès de tous leurs fournisseurs», poursuit l’Ania.
De son côté, la FNSEA dans un communiqué de presse du 4 avril, demande à l’autorité de la concurrence «de statuer sur la légalité de cette opération pour veiller à l’absence d’abus de position dominante». En effet, les trois groupes associés bénéficieraient d’un pouvoir de négociation encore plus important auprès de leurs fournisseurs du fait de volumes négociés très conséquents. La FNSEA met en garde : «Quand les maillons forts deviennent encore plus forts, les producteurs en sont toujours les victimes collatérales !»
L’autorité de la concurrence a précisé qu’elle «ne manquera pas d’examiner les impacts potentiels d’un tel accord». Cependant, depuis la loi Macron de 2015, ce type d’accord entre les centrales d’achat ne justifie pas d’autorisation de la part de l’autorité de la concurrence, mais seulement une notification auprès de celle-ci.
Dans le même temps, le groupe Casino et Auchan Retail, rejoints par Système U, ont entamé des «négociations exclusives en vue de bâtir un partenariat stratégique mondial» leur permettant de négocier ensemble leurs achats en France et à l’international. Les groupes précisent que le partenariat ne concernera pas les «produits frais traditionnels», ni les «produits de marque nationale des PME ou ETI» et qu’il «donnera toute sa place aux contrats de filière». Ainsi, le partenariat portera exclusivement sur les achats réalisés auprès des grands industriels nationaux et internationaux. Cela devrait concerner une soixantaine d’industriels, dont une cinquantaine dans le secteur alimentaire.
Uniquement les grands industriels
Depuis 2017, Auchan Retail et Système U étaient engagés dans une centrale d’achat commune, nommée Alliance, qui était beaucoup plus large car elle couvrait tous les achats, y compris les produits des PME et des TPI et les produits frais. Celle-ci devrait s’arrêter au profit du nouvel accord.
Selon la dernière étude 2016 de Kantar Worldpanel sur le périmètre alimentaire (produits de grande consommation et frais), la centrale d’achat commune à Intermarché et Casino représente 26 % du marché en valeur, suivie par le partenariat entre Carrefour et Cora (24 %), par l’alliance entre Auchan et Système U (21,3 %) et par Leclerc (20,7 %).
Le regroupement des trois acteurs Auchan, Casino et Système U devrait peser un tiers de parts de marché, mais uniquement sur les produits issus des grands industriels. Ces annonces vont ainsi modifier significativement le paysage des centrales d’achat des distributeurs dans un secteur qui reste toujours très concentré, alors que, selon le communiqué, Casino et Auchan «proposeront d’associer à cette nouvelle dynamique leurs actuels partenaires à l’achat».
Des pouvoirs décuplés
Face à ce rapprochement, les industries alimentaires, par le biais d’un communiqué de presse de l’Ania du 5 avril, ont fait part de leur inquiétude «face un rapport de forces encore davantage déséquilibré car les entreprises alimentaires feraient face à seulement trois centrales d’achat», au lieu de quatre jusqu’ici. «Cette alliance, si elle aboutit, permettra à la centrale d’achat constituée de détenir à elle seule 32 % de parts de marché, avec des pouvoirs décuplés pour maintenir une pression maximum et négocier des prix toujours plus bas auprès de tous leurs fournisseurs», poursuit l’Ania.
De son côté, la FNSEA dans un communiqué de presse du 4 avril, demande à l’autorité de la concurrence «de statuer sur la légalité de cette opération pour veiller à l’absence d’abus de position dominante». En effet, les trois groupes associés bénéficieraient d’un pouvoir de négociation encore plus important auprès de leurs fournisseurs du fait de volumes négociés très conséquents. La FNSEA met en garde : «Quand les maillons forts deviennent encore plus forts, les producteurs en sont toujours les victimes collatérales !»
L’autorité de la concurrence a précisé qu’elle «ne manquera pas d’examiner les impacts potentiels d’un tel accord». Cependant, depuis la loi Macron de 2015, ce type d’accord entre les centrales d’achat ne justifie pas d’autorisation de la part de l’autorité de la concurrence, mais seulement une notification auprès de celle-ci.