Des excès d’eau à relativiser selon les secteurs
Les fortes précipitations rencontrées depuis plusieurs semaines ont provoqué des excès d’eau dans de nombreuses régions. Quelles sont les conséquences sur la culture du colza ? Terres Inovia fait le point.
Les forts épisodes de pluies depuis mi-janvier provoquent des excès d’eau dans de nombreuses régions, voire des inondations dans les secteurs les plus arrosés.
Cette situation s’explique par plusieurs raisons :
- De grandes quantités d’eau sont tombées et ont entraîné l’accumulation d’eau dans certaines parcelles. Selon les secteurs, les nombres de jours de pluie depuis janvier sont importants (Voir tableau 1).
- Le type de sol : les sols de limon froid et humide sont les plus concernés (Bourgogne-Franche-Comté, secteur de la Champagne Humide, secteur de la Brie, Lorraine, Barois).
- La structure de sol : la présence d’une zone tassée limite l’infiltration dans le sol.
La croissance de la plante pénalisée
Ces fortes précipitations entraînent une anoxie racinaire dont le colza est très sensible à cette période (voir graphique 1)
En effet, l’excès d’eau bloque l’absorption des nitrates et provoque une fermentation des racines qui produit de l’éthanol s’accumulant dans les feuilles. Cette accumulation perturbe le fonctionnement de la photosynthèse et pénalise le redémarrage des plantes en limitant la croissance aérienne et surtout racinaire.
Sur le graphique 2, nous remarquons que les situations d’hydromorphie modérée (semi-hypoxie) ont un faible impact sur la photosynthèse. Par contre, les situations d’hydromorphie importante (hypoxie totale = ennoiement) impactent fortement la photosynthèse.
La plante prend alors une couleur rougeâtre. La racine se décompose avec une odeur désagréable. Dans les cas les plus graves (anoxie importante et prolongée), le système racinaire pourrit et les pieds disparaissent.
Par la suite, ces défauts d’enracinement diminueront :
- l’exploration racinaire,
- la valorisation des ressources du sol et des engrais,
- les capacités de compensation en cas d’accidents climatiques (stress hydrique) ou d’attaques de ravageurs au printemps (méligèthes).
Quels impacts aujourd’hui ?
Tous les secteurs ne sont pas touchés dans la même mesure par des problèmes liés à l’hydromorphie. La Bourgogne Franche-Comté semble plus concernée que les autres secteurs de la région Nord et Est. Les prochains jours seront déterminants pour réaliser le diagnostic des parcelles.
La conduite à tenir dépendra de l’importance de la zone impactée par l’hydromorphie.
1 • Si l’hydromorphie concerne une grande partie de la parcelle. Le remplacement de la culture est conseillé. Pour cela, tenir compte de la réserve hydrique du sol et des herbicides appliqués à l’automne.
2 • Si l’hydromorphie concerne des zones limitées dans la parcelle, adapter la dose d’azote au potentiel de rendement (revu à la baisse) et maintenir la protection fongicide. Pour éviter que ces zones ne se resalissent, certains agriculteurs sèment à la volée du trèfle blanc ou violet pour occuper l’espace et limiter les levées d’adventices.