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FDSEA

Des choses incroyables

Retour sur l'assemblée cantonale FDSEA de Bligny-sur-Ouche, qui a abordé plusieurs dossiers mal vécus par les éleveurs.

Par AG
Des choses incroyables
En petit comité, le 19 janvier à Thorey.

Sans grande surprise, le Mercosur a été le premier sujet abordé lors de l'assemblée cantonale FDSEA de Bligny-sur-Ouche, le 19 janvier. À la veille du déplacement à Strasbourg, les éleveurs ne se faisaient plus trop d'illusions. « Le sentiment de trahison domine. On nous impose des normes sorties de nulle part et dans le même temps, on va importer des produits qui ne respectent rien tout ça. C'est juste impossible à admettre ! », lance David Doyer, président du canton. L'éleveur de Chaudenay-la-Ville fait part d'un autre sentiment similaire, celui d'être « vendu contre autre chose » : « avec ce Mercosur, j'imagine que certains domaines économiques seront favorisés, je pense notamment à l'automobile allemande. Mais dans le même temps, l'agriculture française, elle, avec ses surtranspositions de normes bien de chez nous, est totalement délaissée et non considérée. Encore une fois, on marche sur la tête ! ». Un autre dossier « chaud » a été développé, celui de la FCO. Le président cantonal partage là aussi son désarroi : « beaucoup d'exploitations de notre secteur sont touchées. Il y a de gros soucis avec cette maladie dans le triangle Arnay-Pouilly-Bligny. Aucun dispositif d'indemnisations n'est encore ouvert à l'exception du FMSE, le Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental. Ce dispositif est malheureusement réservé à ceux qui ont vacciné… Là encore : problèmes ! L'an passé, quand les éleveurs étaient prêts à vacciner, les vaccins n'étaient pas disponibles ! Et ceux qui ont réussi à le faire sont visiblement autant embêtés que les autres… Si le vaccin était efficace, pourquoi réserver ces fonds uniquement à ceux qui ont vacciné ? Il faut m'expliquer ! ».

Mais aussi

D'autres dossiers ont été à l'ordre du jour de cette réunion comme la DNC, le marché des céréales, le loup, les sangliers et la tuberculose, comme le résume David Doyer : « pour la dermatose, ça a l'air de se calmer, pour le moment. Alors croisons les doigts… Concernant les céréales, notre plus gros problème, il faut le dire, est l'Ukraine. Les évènements qui s'y déroulent sont en grande partie responsables de l'effondrement des cours. Ce sujet est visiblement tabou dans les médias, mais il faut le savoir. Cela concerne bien d'autres produits agricoles, comme les œufs et les poulets. Nous sommes en train de sacrifier l'agriculture européenne pour aider l'Ukraine ».

Le loup a lui aussi alimenté les discussions, ce dernier ayant été filmé dans le canton. Un rappel des procédures en cas d'attaque a été rappelé : l'OFB doit notamment être contactée dans les 48 heures, sous peine de ne pas être indemnisé. D'autres problèmes, toujours en lien avec les indemnisations, ont été soulevés, cette fois-ci au sujet de la tuberculose : les longs délais de paiement, la non-mise à jour des barèmes et l'absence de mesure de défiscalisation en cas d’abattage total ont été déplorés. Ce rendez-vous syndical ne pouvait pas se terminer sans aborder la problématique des sangliers, comme le souligne David Doyer : « alors là, nous atteignons un point de non-retour. Les agriculteurs n'ont jamais vu autant. Chez moi, à Chaudenay, une troupe de 100 sangliers a été aperçue il y a trois semaines, cela en dit long sur les surpopulations… ».

Allo, David ?

Nous avons recontacté David Doyer, au lendemain de la « bonne nouvelle » venue de Strasbourg, pour obtenir sa réaction : « Le soufflé va vite retomber à mon avis... La cour de justice pendant plusieurs mois, mais conformément au droit de l'UE, la Commission européenne pourrait décider de lever les barrières commerciales avec l'Amérique du Sud en appliquant provisoirement les modalités du traité. Le Conseil de l'UE lui a accordé cette possibilité le 9 janvier dernier. Von der Leyen avait tout prévu. Alors oui, c’est une victoire pour le combat syndical, mais j’ai bien peur qu’il soit vain. Au final, ils auront ce qu’ils voudront. Nous ne pesons pas grand chose dans le deal. Je connais tellement ces technocrates de Bruxelles que nous serons encore déçus ».