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Agir contre le changement climatique

De nouveaux bâtiments pour faire face aux enjeux du changement climatique

La modernisation des bâtiments d’élevage pour une meilleure adaptation aux changements climatiques a démarré.
Par Sophie Dubreuil, Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne Franche-Comté
Le parc bâtiments volailles est en plein essor en Bourgogne Franche-Comté
En 2016, les constructions en BFC ont atteint un niveau inégalé depuis 2000, avec +3 % de nouvelles superficies et une croissance en surface nette de +1,6 % en moyenne par an sur la période. Les parcs de bâtiments en production conventionnelle et CCP se sont développés mais c’est la croissance en label rouge et bio, exceptionnelle depuis plus de dix ans, qui explique surtout cette forte dynamique*.
Le parc de bâtiments avicoles en label rouge atteint aujourd’hui un palier car la demande du marché est satisfaite. Les bâtiments existants font l’objet d’entretien et de rénovation.
La demande pour la production biologique, elle, continue d’augmenter et le parc bâtiments poursuit son développement.
La demande en production conventionnelle est également dynamique car les outils aval ont fait des investissements pour augmenter leurs capacités d’abattage (LDC en Saône-et-Loire et Duc-Plukon dans l’Yonne). De nouveaux bâtiments sont donc nécessaires pour approvisionner ces outils.

L’occasion de s’emparer de nouvelles solutions pour diminuer les dépenses énergétiques
Des marges de progrès existent dans la conception de nouveaux bâtiments et la modernisation des bâtiments avicoles existants. L’isolation renforcée, l’éclairage naturel privilégié dans les nouvelles constructions ou l’éclairage économe avec utilisation de Led, les ventilateurs économes et les échangeurs d’air permettent de diminuer la consommation d’énergie. Les chaudières à biomasse et les panneaux photovoltaïques remplacent les énergies fossiles par une source renouvelable. Enfin, la brumisation et les parcours agroforestiers aménagés améliorent les conditions d’élevage en période chaude d’été.
La Région, l’État, les départements et le fonds européen Feader soutiennent financièrement la modernisation et la construction de bâtiments d’élevage pour accompagner l’adaptation au changement climatique à travers la mesure « modernisation des bâtiments d’élevage » du Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles (PCAE).

D’autres filières, moins consommatrices d’énergie, peuvent investir le sujet en installant des panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments
La filière allaitante est moins directement concernée par les bâtiments économes en énergie. Pour autant, un seul mot d’ordre à faire passer : pas de nouveaux bâtiments sans panneaux photovoltaïques sur les toits ! Mais il faut aller plus loin et imaginer de nouveaux systèmes combinés, de nouvelles filières.
Les haies du bassin allaitant sont valorisables en plaquettes comme substitut de la paille ou pour approvisionner des chaufferies. Ces plaquettes doivent être séchées sous abris. Pour maintenir un prix de vente compétitif, le stockage des plaquettes ne doit pas engendrer de coûts supplémentaires. Il faut donc les stocker soit dans des vieux bâtiments déjà amortis, soit dans des bâtiments neufs. Pour financer cet investissement, sans alourdir le prix de revient des plaquettes, la solution peut être de recourir à un bâtiment avec une toiture photovoltaïque. La production d’énergie finance le bâtiment de l’éleveur, tandis que la production de plaquettes peut permettre d’alimenter des chaufferies de collectivités du territoire.

* Observatoire prospectif de l’agriculture Bourgogne Franche-Comté. 2019