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Évolution sociologique

De la droite traditionnelle à la diversité : le vote agricole s’émancipe

S’il est traditionnellement fidèle à la droite républicaine, le vote agricole recouvre finalement une diversité liée aux caractéristiques et à la géographie des exploitations.
Par Ma signature
De la droite traditionnelle à la diversité : le vote agricole s’émancipe
Même à droite, l’électorat paysan commence à s’émanciper des partis historiques. Le Front National pourrait en tirer avantage pour l’élection présidentielle de 2017. La population agricole constitue un électorat «nettement ancré à droite», selon une étude de l’Ifop (Institut français d’opinion publique) portant sur l’élection présidentielle de 2012, publiée en février 2014. D’après l’institut, au premier tour de l’élection, les voix de droite et du centre atteignaient «76,5% chez les agriculteurs, soit 21 points de plus que dans l’ensemble de la population». Au second tour, 68% des agriculteurs ont voté pour Nicolas Sarkozy, soit 20 points au dessus de la moyenne nationale.
«La droite est ultra-dominante dans les plus grandes exploitations» affirme l’Ifop, qui relève que 86% des exploitants ayant une ferme de plus de 100 ha avaient voté pour Nicolas Sarkozy au second tour. Plus la taille de l’exploitation diminue, plus le vote s’équilibre entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Plus de 70% des viticulteurs, éleveurs bovins et lait, producteurs de grandes culture et polyculteurs-élevage avaient choisi le candidat Sarkozy. Cependant, chez les maraîchers, c’est François Hollande qui arrivait en tête, avec 65% des suffrages. Enfin, l’Ifop constate «une vraie coupure nord/sud». Nicolas Sarkozy a largement dominé (plus de 80%) dans les régions au nord de la Loire, tandis que François Hollande a fait quasi jeu égal avec le candidat UMP dans le Sud-Ouest.
L’émergence - relative - du vote front national chez les agriculteurs s’explique à la lumière de l’allègement progressif d’un héritage historique fort qui avait connu son apogée avec le général De Gaulle. Le lien avec la ruralité perdurent sous Pompidou, Mitterand et Chirac, mais il se distend de plus en plus.
L’intérêt des politiques à l’égard de l’électorat paysan va diminuer en même temps que la population agricole. Le basculement s’opère avec l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007. Pour la première fois, un candidat qui n’affiche pas de lien à la ruralité est élu président. «Il n’y a plus d’intérêt électoral à séduire le milieu agricole» commente Roger le Guen, sociologue et enseignant chercheur à l’École supérieur d’agriculture d’Angers.
De leur coté et pour diverses raisons, les agriculteurs se libèrent du lien qui les attachait à la droite traditionnelle.

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