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Concours Général Agricole

Dans les règles de l'art viticole

En amont du Salon International en Agriculture en février, la Chambre d'Agriculture de l'Yonne a organisé ce mercredi 21 janvier, la présélection sur la filière du vin.

Par Charlotte Sauvignac
Concours Général Agricole
Avec près de 80 jurés à table, la présélection pour le CGA dans la catégorie vin a débuté ce mercredi 21 janvier.

C'est au sein de la salle Beauroy à Beine que plus de quatre-vingts jurés ont été sélectionnés pour évaluer près de 238 échantillons de 50 domaines candidats. Jean-Baptiste Thibault, 1er vice président à la Chambre d'agriculture de l'Yonne inaugure ce concours en émettant quelques mots à l'auditoire. « Bienvenue à cette étape importante de la présélection du Concours Général Agricole 2026, un événement emblématique qui met en lumière le savoir-faire et l'excellence des viticulteurs de notre territoire », déclare-t-il, avant de remercier aux jurés d'être présent. En se baladant dans les allées, Déborah Colard, responsable valorisation des ressources locales, regrette « l'absence de certaines appellations qui auraient encore enrichi cette diversité de vin présente ». Effectivement, ce sont les appellations « Coulanges-la-Vineuse ; Chitry ; Tonnerre ; Epineuil et Côte d'Auxerre », qui au vu du peu d'échantillons récoltés ont été rassemblées sous l'appellation « Bourgogne ». Quant à l'appellation Vézelay et IGP Vin de l'Yonne, « nous n'en avons pas du tout récolté, donc cela manquera au concours ». Pour elle, « ce sont les conditions climatiques qui ont également joué dans le fait que cette année, certaines appellations sont absentes du concours », c'est d'ailleurs dans ce but que « le millésime 2023 a été rajouté à celui de 2024. À cela s'ajoutent les freins économiques que peut causer le Concours Général Agricole ». Pour autant, nous pouvons retrouver sur les tables des jurés : des crémants de Bourgogne, du chablis Grand Cru, Chablis Premier Cru, Chablis, Petit Chablis, Saint Bris, Irancy, Côteaux Bourguignons, Bourgogne Passe tout Grains, Bourgogne Aligoté, et Bourgogne. Lorsque certains lèvent la main pour manifester la fin de leur évaluation, Déborah Colard en profite pour rappeler, qu'à chaque table se trouve : un professionnel, un amateur et un connaisseur. « Ils doivent évaluer le vin sur trois critères : le visuel, le goût et l'odeur. Après chaque dégustation, ils doivent réaliser une analyse du vin écrite en utilisant du vocabulaire de dégustation. Par table, ils ont le droit de valider maximum 60 % des produits par appellations », informe-t-elle.

2024 : un millésime qui ne restera pas dans les mémoires

En se levant de table, Mathilde Civet, commerciale et vinificatrice dans une tonnellerie à Chablis se rend au buffet et fait un bilan de la dégustation. Avec près de 14 échantillons de Chablis 2024 à sa table, c'était une première pour elle en tant que juré à ce concours. Malgré cela, « j'avais été juré au Concours Guide Hachette ou encore au Concours des Vins de l'Auxerrois », se souvient-elle. « 2024 est un millésime très compliqué, il y a une acidité très marquée, et il a un potentiel de garde. Ce ne sera pas un millésime marquant. Il a une typicité des années quatre-vingt, car c'est un vin qui n'est pas marqué par le réchauffement climatique », analyse-t-elle avec son conjoint Jonathan Habert, vigneron à Chablis. De leurs côtés, Vincent Bon, vigneron à Migé et Yannick Cordet, élu de la mairie de Migé ont dégusté les appellations Chablis 2023 et Petit Chablis 2024. Le sourire aux lèvres, ils avouent que « 2023 est un bon millésime, qu'il existe une belle homogénéité et une belle finesse ». A contrario, « 2024 n'a pas été facile. Il ne sera pas aussi qualitatif que le millésime 2025, mais il n'est pas trop mal non plus », confient les deux jurés. En tant qu'élu, Yannick Cordet s'emploie à dire que « c'est important de promouvoir le territoire dans une commune qui veut monter en appellation ». La finale aura lieu le samedi 21 février, à Paris Hall 2. Déborah Colard retrouve les jurés et incite certains d'entre eux à s'inscrire car « ils connaissent la spécificité de notre terroir et pourront évaluer à juste mesure ».