Dans la Nièvre, être agile pour répondre à des attentes diverses
Alors que le congrès national des services de remplacement en agriculture va se tenir du 19 au 21 mai à Arc-et-Senans, dans le Doubs, nous faisons un focus sur les activités de ce domaine dans la Nièvre avec le président du SR 58, Ludovic Guyard.
Les services de remplacement sont un levier important de l'amélioration de la qualité de vie des agriculteurs. Mais répondre à des attentes diversifiées n'est pas simple tous les jours. En se confrontant à ces réalités le service de remplacement de la Nièvre a pu développer son activité. « Depuis cinq ou six ans, précise Ludovic Guyard, président du service de remplacement de la Nièvre, le nombre de journées de remplacement ne fait qu'augmenter, pour des motifs très différents. La prise de congés représente une part croissante du total. On s'aperçoit que les nouvelles générations y ont plus recours que les « anciens. » Il faut sans doute voir là une évolution des mentalités. « Ces nouvelles générations agricoles ont envie de vivre comme le reste de la société et les services de remplacement sont perçus comme les outils qui permettent cela. Il s'agit de concilier au mieux vie personnelle et vie professionnelle, se dégager du temps libre, pour sa famille et pour soi. »
Talents « d'équilibriste »
Répondre à ces attentes, cela signifie aussi mettre en œuvre plus de moyens. Le SR 58 a recruté en conséquence afin de faire face aux demandes. La part de salariés du service en CDI a cru, pour être sûr d'avoir la disponibilité en ressources humaines lorsque c'est nécessaire. « Il faut garder à l'esprit, poursuit Ludovic Guyard, que les prises de congés ne sont pas prioritaires dans les nécessités de remplacement, par rapport au besoin de remplacer dans le cadre d'une maladie ou d'un décès. Nous priorisons mais nous prenons aussi en compte l'impératif d'apporter une réponse à quelqu'un qui aurait planifié ses congés plusieurs mois à l'avance. Nous ferons tout pour lui donner satisfaction et être au rendez-vous. » Dans la Nièvre le SR s'appuie sur 6 salariés en CDI mais il peut compter jusqu'à 80 CDD. Cela reste très mouvant au niveau des personnes qui collaborent au SR : il faut que les deux parties y trouvent leur compte. Il y a aussi des jeunes qui font le choix de rester en CDD, par goût d'une certaine liberté. Cela entraîne parfois une instabilité dans les capacités du SR à répondre à toutes les attentes. Il doit déployer des qualités « d'équilibriste » pour trouver des réponses aux attentes tout en prenant en compte les différents statuts. Mais c'est aussi cela, le talent des services de remplacement : être capables d'une véritable agilité. On la retrouve dans la gestion des salariés dont les agriculteurs qui sollicitent le SR n'ont pas à se soucier : « pour les agriculteurs qui ne sont pas trop habitués à manager des salariés, le SR est une bonne réponse : sur un coup de fil, ils ont quelqu'un dans la cour quasiment le lendemain et ils n'ont pas à s'occuper d'autres choses que du travail qu'ils vont confier. Nous nous occupons des fiches de paye. »
« Nous devrons être prêts ! »
Néanmoins, Ludovic Guyard en convient « si nous avions plus de personnes en CDI, nous serions plus sereins… » De toute façon, l'évolution des habitudes de vie ne peut que faire monter en puissance les SR. « Le renouvellement des générations agricoles aura aussi sûrement un impact parce qu'on va voir de plus en plus dans nos métiers des gens provenant d'autres secteurs et qui seront demandeurs de prendre du temps pour eux. Il y aura de quoi faire à l'avenir et nous devrons être prêts ! »
« Une possibilité très importante pour l'équilibre de vie »
Olivier Crutain est éleveur de bovins charolais à Azy-le-Vif, dans la Nièvre. Installé depuis 2009, il fait régulièrement appel au SR 58 pour pouvoir partir en vacances. « J'essaye de libérer une semaine par an pour cela, précise-t-il. Mais il m'arrive aussi d'avoir recours, occasionnellement, à ce service, pour un coup de main sur mon exploitation. Je n'y pense pas toujours mais cette possibilité existe aussi et elle est appréciable. » Lorsqu'il prend des congés, Olivier Crutain part en famille pour des périodes allant de 7 à 10 jours. Chaque année, le SR a pu lui trouver la personne adéquate. « Pour l'équilibre de la vie de famille, avoir cette possibilité est très important. »