Confort pour l'avenir...
Le 22 janvier se déroulait, à l'Agrôpole du Marault, la 2e édition de l'Inno'Vente du Herd Book Charolais (HBC).
Afin d'introduire la deuxième édition de l'Inno'Vente du HBC, Hugues Pichard, éleveur en Saône-et-Loire, vice-président du Herd Book Charolais (HBC), président de l'OS Charolais, président de Races de France et président de France génétique élevage, insiste : « Je rappelle que nous ne sommes pas en zone concernée par la DNC. Il y a des lois et des protocoles. Aujourd'hui, les organisateurs proposent ce moment sans risques puisqu'ils mettent un point d'honneur à prendre les mesures nécessaires en matière de conditions sanitaires pour réaliser cette vente ».
Avec un esprit serein concernant la tenue de cet événement le 22 janvier, il détaille : « Apporter de la sélection sur la facilité d'élevage est une priorité au vu des travaux menés depuis plus de vingt ans, via une méthodologie de sélection contemporaine avec des outils développés collectivement que ce soit pour l'indexation ou le génotypage. Grâce à tout cela, la facilité d'élevage est désormais intégrée dans notre métier. Cela offre des vêlages possibles et faciles ; la clé de la réussite de notre race. De plus, les éleveurs sont moins stressés au travail puisqu'il y a une hausse de productivité étant donné que les vêlages facilités autorisent des pertes moindres et donc plus d'animaux... En parallèle, cela prend en compte le respect de la vie de famille et de l'entourage de l'éleveur indispensable pour nous et pour la nouvelle génération ». S'il est donc apaisé par rapport à l'avenir de la race, il nuance tout de même : « Les cours ont augmenté, mais nous ne connaissons pas la durée de cette amélioration. Comme dans toute entreprise, les élevages ont besoin d'une certaine visibilité pour entreprendre et se projeter ; des points nécessaires pour prouver que cette voie a un avenir, et donc pour pérenniser le renouvellement des générations ». Preuve de cette hausse des marchés, les résultats de l'Inno'Vente Bien Naître, dont les enchères furent animées par Martial Tardivon, chef des ventes de la Sicafome.
En détail
En effet, 100 % des veaux présentés aux enchères ont été vendus, avec un prix moyen de 5 709 euros ; un prix en progression d'environ 22 % par rapport à 2025. Durant la vente, les enchères se sont envolées lors de la mise sous le marteau d’Albatros du Gaec Goujat (69). Avec un prix record de 10 000 euros, il rejoint le GIE Charolais Leader (63). À l’issue de la vente, Sébastien Cluzel, président du Herd Book Charolais, a déclaré : « Atteindre 100 % de vente dès cette seconde édition était presque inespéré, compte tenu d’un contexte sanitaire encore contraint. Ces résultats confirment toutefois le dynamisme économique du marché et la pertinence du positionnement Bien Naître. Ce dernier a clairement trouvé sa place : il répond aujourd’hui à une attente forte, qu’il s’agisse d’animaux sans cornes ou, plus largement, de reproducteurs pensés pour faciliter le travail et améliorer les conditions d’élevage. Ce modèle satisfait à la fois les éleveurs vendeurs et les éleveurs acheteurs. Le nouveau système mis en place permet en outre de réduire significativement les coûts, tant pour les éleveurs que pour notre structure. Un fonctionnement gagnant / gagnant pour l’ensemble des acteurs, que nous souhaitons continuer à développer ». Le bilan de la vente est à retrouver sur : https://www.charolaise.fr/wp-content/uploads/2026/01/bilan-innovente-22.01.26.pdf
Salon international de l'agriculture
Si les apporteurs étaient bien présents à l'Inno'vente Bien Naître du Marault , les bovins ne seront pas au rendez-vous lors du Salon international de l'agriculture. Hugues Pichard revient sur ce fait : « La pression sanitaire a décidé les organismes de Sélection à ne pas se rendre au Salon et les organisateurs ont suivi ce choix raisonnable. Mais, il est nécessaire de rappeler les incidences pour les éleveurs et pour le Charolais sont énormes puisqu'il n'y aura pas de mise en avant de la race. De plus, il ne faut pas en oublier l'aspect économique puisque les médailles obtenues au SIA permettent aux élevages de se différencier et de valoriser leurs animaux. En parallèle, cette absence des éleveurs aura également des conséquences sur les filières et territoires puisque le SIA est le moment de parler de nos métiers, afin d'attirer des jeunes, et nous discutons aussi de nos départements ; idéal pour attirer les touristes… Ne pas aller au SIA aura donc des incidences mais cette décision est réfléchie, et encore une fois, raisonnable ».