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Élevage ovin

Compétitivité des systèmes, réduire les coûts de production

Les coûts de production impactent directement la compétitivité des systèmes.
Les impacts peuvent parfois différer d’un système à l’autre mais des leviers existent pour les réduire.
Par Cyrielle Delisle
L’élevage ovin est face à de nouvelles opportunités. Pour mieux les apprécier, l’Institut de l’élevage et les Chambres d’agriculture d’Auvergne ont organisé au Sommet de l’élevage une conférence, où des comparaisons internationales des systèmes de production ovins viande ont été présentées et des leviers d’amélioration pour en réduire les coûts. «Les coûts de production, calculés pour des cas type de différents pays, montrent que la Nouvelle-Zélande (3 200 brebis) s’en sort le mieux. Dans le même registre, le cas type australien (3 000 brebis) est assez proche. Dans ces deux systèmes, l’herbe pâturée représente une part largement majoritaire dans l’alimentation des animaux. Ils sont également peu consommateurs de travail et de matériel. Un grand nombre de tâches est délégué (tonte, castration…)», note Vincent Bellet, Institut de l’élevage. De son côté, le coût de production du cas type espagnol (930 brebis) est largement supérieur aux autres, conséquence d’un système très demandeur d’intrants. La France (750 brebis en Auvergne) suit à 500 € 100 kg vifs (10,60 €/kg de carcasse), supérieur à ses concurrents irlandais et anglais.

Améliorer la productivité des brebis
«Les leviers pour réduire les coûts de production sont plus ou moins les mêmes pour tous les systèmes, même si les impacts peuvent parfois différer. Le premier levier consiste à améliorer la productivité des brebis qui a pour effet de diluer les charges notamment de structures. Une augmentation de 0,14 agneau par brebis en plus, se traduit par une baisse des charges de mécanisation de -0,24 €kgC», explique Vincent Bellet. La productivité du travail représente le second moyen de réduction des coûts. L’impact est significatif mais très différencié entre zones de plaine, zones pastorales ou de haute montagne. Avec 2,35 tonnes de carcasse par UMO en plus, un système en plaine peut estimer obtenir un gain de 0,50 €kgC. Ce chiffre est de 3,14 €kgC dans les zones pastorales et de haute montagne.
D’autre part, la consommation de concentrés, qui a eu tendance à augmenter ces dernières années, est également à ne pas négliger. «Elle est à raisonner par kilo produit. L’achat d’aliments a en effet un impact fort pour les herbagers et les pastoraux mineurs. Même si on parle d’autonomie en concentrés, le premier objectif reste de les diminuer», précise l’ingénieur.

Des signaux au vert
La mécanisation est aussi un poste qui demande de la vigilance, notamment sur celles de traction. La consommation de fourrages a, quant à elle, surtout un impact sur les charges de bâtiments plus ou moins comparable à celui de la productivité par brebis. Le chargement représente aussi une possibilité de levier. Il permet de diluer le coût du foncier au kilo produit.
«La production ovine est porteuse d’avenir. Tous les signaux sont au vert. Avec le Royaume-Uni et l’Italie, nous avons engagé un travail européen afin de capter de nouveaux consommateurs. L’idée est de trouver de nouvelles formules de découpe pour sécuriser la consommation, de modifier les recettes pour s’adapter au mode de consommation actuelle. D’autre part, la nouvelle PAC nous est favorable. Il faut nous en servir comme un levier de développement et de production», conclut Michèle Boudoin, secrétaire générale de la FNO.

(1) Chiffres issus des données Inosys – Réseaux d’élevage et Agribenchmark