Comment améliorer les conditions de travail en élevage laitier ?
Rencontré en mars dernier, Henry Ragon, éleveur laitier en Puisaye nous a présenté son nouveau bâtiment, conçu lors de l'installation de son neveu, qui accueillera bientôt une nouvelle salle de traite. Focus.
En 1998, Henry Ragon s'est installé sur une exploitation laitière en Puisaye de 60 hectares et possédant 35 vaches laitières. À ce moment-là, « mes parents transmettent leur exploitation à mon frère et nous n'avions pas la place de nous installer à deux. J'ai donc pris la décision d'aller sur une ferme voisine », se souvient-il. En 2005, sa femme rejoint l'exploitation et s'installe à ses côtés. « Nous avons alors souhaité augmenter le troupeau, puisqu'en parallèle, nous avions pris contact avec la laiterie Saint-Denis de l'Hôtel », commente Henry Ragon. L'éleveur a transmis sa passion à son neveu, Emmanuel, lors de ses nombreux stages sur l'exploitation, son installation n'était donc plus qu'une question de temps. Face à cette situation, Henry Ragon décide, en 2012, de faire appel à la Chambre d'agriculture de l'Yonne pour être conseillé sur un projet de bâtiment intégrant une nouvelle salle de traite. « Cependant, à ce moment-là, nous avons subi une grosse inflation sur les métaux et nous avons préféré repousser le projet ». En 2018, lors de l'installation officielle de son neveu, le projet revient en mémoire aux trois associés. C'est alors, que se pose la question : « comment améliorer nos conditions de travail ? », avec près de 300 hectares et 1 million de litres de laits produits par an. Par opportunité, ils rencontrent tous les trois une société de panneaux solaires, qui leur propose d'investir dans un bâtiment équipé de panneaux photovoltaïques placés sur les toits. Confiants dans leurs démarches, les trois éleveurs valident le projet, prévu sur un bail d'une trentaine d'années.
Pour le confort
En 2021, la construction d'un bâtiment en bois débute, suivie de l'installation des panneaux solaires, dont l'énergie produite est directement récupérée par le constructeur. De leur côté, malgré le fait qu'actuellement ce bâtiment stocke des nutriments d'élevage : « nous avons comme projet de concevoir une salle de traite d'occasion 2 x 24, pour faire des économies sur l'investissement, tout en améliorant nos conditions de travail ». Comment cela se traduit-il ? « Depuis l'an dernier, ma femme et moi-même ressentons des douleurs au niveau du bassin pour elle, et des épaules pour moi. Nous avons donc investi, pour son confort à elle, dans un taxi à lait, plus facile à transporter et des griffes beaucoup moins lourdes, d'un kilo de moins, pour moi. Ces investissements nous permettent donc de simplifier nos conditions de travail et de ménager la santé », avoue-t-il. Cette nouvelle salle de traite verra le jour entre l'automne et la fin d'année 2026 et a été déléguée par des prestataires « pour ne pas qu'on soit étouffé par la charge de travail ». La salle de traite restera donc manuelle, car « nos vaches pâturent énormément, elles font plus d'un kilomètre par jour et, on ne se le cache pas, nous préférons tous les trois la traite manuelle ». Cet investissement s'inscrit dans une volonté de transmission d'exploitation à son neveu.