Favoriser les parcelles avec le meilleur équilibre agro-écologique
Pour la première fois dans l'Yonne, le syndicat mixte du Bassin-Versant de l'Armançon a organisé le concours général agricole des pratiques agroécologiques : Prairies & Parcours. À cette occasion, nous avons rencontré l'un des candidats, à Soumaintrain.
Mardi 2 juin, nous retrouvons Patrick Lornes, représentant du Gaec Lornes, ancien éleveur qui a laissé sa place à ses deux fils Boris et Clément. Situé dans le village de Soumaintrain, le Gaec Lornes possède 100 vaches de races Prim’holstein. « Moins de 1 % de la production laitière est valorisée et transformée en fromages Soumaintrain et Saint-Florentin », ajoute-t-il. Si la quantité est faible « c'est parce que les fromages sont commercialisés en direct à la ferme », justifie le père. À ce jour, l'exploitation laitière est à 100 % d'autonomie fourragère, avec de l'ensilage, du foin et de l’enrubanné. En candidatant au concours, le Gaec Lornes présente une parcelle de trois hectares, anciennement propriété du cousin de Patrick, Pierre Lornes. C'est en 2024 que les deux fils reprennent la parcelle engagée au sein des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), et conçue comme étant « une zone refuge, inondable et possédant des haies très anciennes qui protègent bien la flore existante ». Les moteurs s'arrêtent et les quatre jurés arrivent pour rencontrer Patrick Lornes. Parmi eux nous retrouvons Jean-Pierre Chantepie, ancien agriculteur, habitant de longue date de Soumaintrain et président du jury ; Ophélie Colard, conseillère en bovins lait et fourrage à la coopérative Alysé, Cédric Bazin, technicien à la fédération départementale des chasseurs de l'Aube, spécialisé dans les questions agroécologiques ; et Cédric Foutel, chargé d'études au Conservatoire des espaces naturels de Bourgogne.
Valoriser les parcelles humides
Chacun détient une grille de notation sur laquelle il doit évaluer les propriétés agroécologiques, incluant « la fonctionnalité agricole, la productivité, la valeur alimentaire, la souplesse d'exploitation et la saisonnalité de la végétation, la fonctionnalité écologique et le renouvellement de la diversité végétale ». Chaque juré a été choisi « pour ses spécialités. L'objectif est de s'entendre pour désigner l'exploitation dont les prairies de fauche ou les pâturages riches en espèces présentent le meilleur équilibre agroécologique », informe Mélanie de Waele, représentante du syndicat mixte du bassin-versant de l'Armançon. Avant de partir dans l'Aube pour la prochaine notation, les quatre jurés se rendent dans la parcelle afin d'observer et remarquer des plantes indicatrices d'humidité telles que « le myosotis, le trèfle, la petite oseille, le silène, le fenouil, la raiponce ou encore le narcisse ». Séparée en deux par un fossé, la parcelle possède une partie « saine et l'autre plus ressemblante à des parcelles proches de la Vallée de l'Armance ». Au total, les quatre jurés auront été à Butteaux pour rencontrer deux exploitants : Gilbert Vilain de la SCEA des G Vilains et Philippe Bebeaux, à Soumaintrain, ainsi qu'à Davrey pour rencontrer les représentants de l'EARL le petit Vernois. Le lauréat de ce concours départemental aura la chance d'accéder au concours national, en février prochain au Salon International de l'agriculture à Paris.