Une visite au pas de charge pour en savoir plus
Ce qu’il fallait démontrer
En trois jours les sept députés européens membres de la commission Agri et développement rural au Parlement européen et la secrétaire d’État en charge des affaires européennes, Amélie de Montchalin, ont pu découvrir la réalité d’une partie de l’agriculture de Bourgogne Franche-Comté. Retour sur les moments forts de cette rencontre terrain avec des éleveurs allaitants.
avec le monde de demain».
Il y avait beaucoup à voir et surtout à comprendre pour les eurodéputés et la ministre, c’était le sens profond de cette quête d’information en terrain allaitant sur lequel Jean-Pierre Fleury, président d’Interbev Bourgogne Franche-Comté revient en précisant les points forts de la démonstration faite aux députés européens et à la secrétaire d’État.
«Il y avait trois points essentiels sur lesquels il fallait insister afin que les participants comprennent les enjeux économiques et sociétaux de la Pac pour l’élevage allaitant». En commençant par le commencement c’est-à-dire le renouvellement des générations qui risque d’ici peu d’atteindre «un seuil critique ». Le défi à relever est d’envergure et il nécessite un accompagnement spécifique des porteurs de projets, mais il nécessite d’abord de s’attaquer à la problématique du revenu, un revenu qui stagne, ce qui entrave les investissements, et ce qui limite la capacité des structures à s’engager dans des stratégies d’adaptation qui seraient trop coûteuses ou contre-productives. En brossant ce paysage sinistré, Jean Pierre Fleury a rappelé que «la priorité des priorités, c’est bien l’adaptation» des exploitations à la nouvelle donne environnementale et sociétale, à condition d’assurer un niveau de revenu et des prix qui rendent possible cette adaptation.
Des progrès ont été faits, des programmes sont menés (comme le Beef carbon), l’autonomie alimentaire des exploitations se développe… Mais beaucoup reste à faire et à construire pour sécuriser les systèmes fourragers, assouplir certaines dispositions et évoluer vers une plus grande mixité et des modèles mieux adaptés aux contraintes climatiques et environnementales.
En rappelant à la ministre et aux parlementaires «qu’il faut maintenant nourrir les animaux 100 jours de plus par an, alors que les unités fourragères ont diminué dans la même proportion» Jean-Pierre Fleury a replacé les grandes orientations face à la réalité du terrain.
Il ne faut pas se tromper de formule dans l’énoncé du problème environnemental. On ne réglera pas le problème en décourageant l’élevage, mais au contraire en sécurisant mieux les différents systèmes et en construisant de nouveaux modèles. Attention donc, a insisté le président d’Interbev Bourgogne, «à ne pas asseoir la transition sur de nouvelles normes coûteuses». La réussite est conditionnée à l’obtention de prix rémunérateurs pour des éleveurs dont la grande majorité est économiquement totalement dépendante de la Pac.
Ce qu’il fallait aussi démontrer, c’est que si «la montée en gamme est une obligation» elle devra s’accompagner d’un coup de pouce spécifique à ceux qui s’engageront dans cette démarche, sans désespérer ceux qui n’en auront pas les moyens. Ces rencontres sur le terrain ont aussi éclairé d’un nouveau jour les accords du Mercosur et du Ceta, qualifiés par Jean-Pierre Fleury «d’accords du passé en contradiction avec le monde de demain».
Au final, le message d’une indispensable adéquation entre adaptation et juste rémunération semble être bien passé. Il devait être à nouveau porté devant la commission européenne jeudi dernier lors du déplacement de la présidente de Région à Bruxelles. L’occasion de réévaluer certaines ambitions européennes en les confrontant à la réalité de territoires et de systèmes agricoles aux spécificités évidentes.
«Il y avait trois points essentiels sur lesquels il fallait insister afin que les participants comprennent les enjeux économiques et sociétaux de la Pac pour l’élevage allaitant». En commençant par le commencement c’est-à-dire le renouvellement des générations qui risque d’ici peu d’atteindre «un seuil critique ». Le défi à relever est d’envergure et il nécessite un accompagnement spécifique des porteurs de projets, mais il nécessite d’abord de s’attaquer à la problématique du revenu, un revenu qui stagne, ce qui entrave les investissements, et ce qui limite la capacité des structures à s’engager dans des stratégies d’adaptation qui seraient trop coûteuses ou contre-productives. En brossant ce paysage sinistré, Jean Pierre Fleury a rappelé que «la priorité des priorités, c’est bien l’adaptation» des exploitations à la nouvelle donne environnementale et sociétale, à condition d’assurer un niveau de revenu et des prix qui rendent possible cette adaptation.
Des progrès ont été faits, des programmes sont menés (comme le Beef carbon), l’autonomie alimentaire des exploitations se développe… Mais beaucoup reste à faire et à construire pour sécuriser les systèmes fourragers, assouplir certaines dispositions et évoluer vers une plus grande mixité et des modèles mieux adaptés aux contraintes climatiques et environnementales.
En rappelant à la ministre et aux parlementaires «qu’il faut maintenant nourrir les animaux 100 jours de plus par an, alors que les unités fourragères ont diminué dans la même proportion» Jean-Pierre Fleury a replacé les grandes orientations face à la réalité du terrain.
Il ne faut pas se tromper de formule dans l’énoncé du problème environnemental. On ne réglera pas le problème en décourageant l’élevage, mais au contraire en sécurisant mieux les différents systèmes et en construisant de nouveaux modèles. Attention donc, a insisté le président d’Interbev Bourgogne, «à ne pas asseoir la transition sur de nouvelles normes coûteuses». La réussite est conditionnée à l’obtention de prix rémunérateurs pour des éleveurs dont la grande majorité est économiquement totalement dépendante de la Pac.
Ce qu’il fallait aussi démontrer, c’est que si «la montée en gamme est une obligation» elle devra s’accompagner d’un coup de pouce spécifique à ceux qui s’engageront dans cette démarche, sans désespérer ceux qui n’en auront pas les moyens. Ces rencontres sur le terrain ont aussi éclairé d’un nouveau jour les accords du Mercosur et du Ceta, qualifiés par Jean-Pierre Fleury «d’accords du passé en contradiction avec le monde de demain».
Au final, le message d’une indispensable adéquation entre adaptation et juste rémunération semble être bien passé. Il devait être à nouveau porté devant la commission européenne jeudi dernier lors du déplacement de la présidente de Région à Bruxelles. L’occasion de réévaluer certaines ambitions européennes en les confrontant à la réalité de territoires et de systèmes agricoles aux spécificités évidentes.