C'est quand même bizarre
La commission lait de la FDSEA de Côte-d'Or s'interroge sur certains points conjoncturels qualifiés d'« anormaux ».
Après une très belle année laitière 2025, les prix tendent à fléchir, parfois dans des proportions inquiétantes. Virginie Brion, éleveuse à Villotte-sur-Ource, nous fait part d'une baisse du prix de base de 80 euros/1 000 litres en seulement quelques mois. En cause, d'après certains spécialistes : une surproduction en France, en Europe et même à l'échelle mondiale. A priori, on peut y croire… la loi de l'offre et de la demande n'est plus à démontrer. Sauf que l'effectif de vaches laitières en France est en chute libre. Le nombre presque incroyable de 100 000 animaux perdus en 2025 est évoqué. « Avoir autant de vaches en moins dans notre pays et nous dire qu'il y a trop de lait, il ne faut pas nous la faire. On nous prend pour des flans », lance Virginie Brion, « des coopératives vont certainement chercher du lait beaucoup moins cher ailleurs, à l'étranger, ce n'est pas possible autrement. Des producteurs de lait, il n'y en a quasiment plus chez nous, regardez dans nos campagnes ».
Engagez-vous !
Stéphane Joandel, éleveur de vaches laitières dans le département de la Loire et secrétaire général de la FNPL, était présent à la dernière réunion de la commission lait de la FDSEA. L'intervenant a invité les producteurs à maintenir leur présence syndicale sur le territoire. « Nous n'obtenons pas toujours ce que nous voulons, mais sans le syndicalisme, c'est certain, nous aurions beaucoup moins d'acquis. Nous n'en serions certainement pas là où nous en sommes aujourd'hui ». En termes d'engagement, notons la réélection d'Émilien Ronot à la présidence de cette commission départementale, ce jeune homme de 32 ans occupait déjà ce poste depuis 2023. Cet habitant de Lucey est installé avec Thierry, son père, Philippe, son oncle et Quentin, son frère, dans une exploitation de polyculture-élevage. Responsable d'un troupeau de 65 vaches Prim'Holstein, Émilien Ronot a à cœur de défendre le métier : « nous ne sommes plus très nombreux alors il faut bien s'engager et assurer une relève syndicale ! En Côte-d'Or, je n'ai pas les chiffres précis en tête, mais je pense qu'il n'y a pas plus de 140 éleveurs laitiers. Malgré tout, nous tâchons d'avoir un délégué syndical par canton pour être représentés ».