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Feader Bourgogne Franche-Comté

C’est au pied du mur qu’on voit le maçon

Avec la nouvelle programmation européenne, les régions sont devenues organismes de gestion pour les fonds européens. Concrètement, elles gèrent depuis 2014 une partie du deuxième pilier de la PAC avec le le Feader.
Par La FRSEA Bourgogne Franche-Comté
Un manque de crédits de plus de 65 millions d’euros
À mi-parcours, les principaux dispositifs pour le secteur agricole manquent déjà de crédits: le plan pour la compétitivité et l’adaptation des exploitations agricoles (PCAE) -22 millions d’euros concernant essentiellement les bâtiments d’élevage, les aides à la conversion en agriculture biologique (-34 millions d’euros) et -9 millions pour les aides aux industries agroalimentaires et autres. Des reliquats existent en particulier sur l’installation (19 millions d’euros) et il y a encore une enveloppe pour la région de 8,8 millions d’euros liés au transfert du premier pilier vers le deuxième. Mais cela ne fait pas encore les 65 qui manquent.
Il faut prévoir la traditionnelle tournée des financeurs pour solliciter les partenaires comme faisait auparavant chaque année la direction régionale de l’agriculture. Il est surprenant que les agences de l’eau qui voulaient « Sauver l’eau » se défilent pour arrêter de financer la conversion à l’agriculture biologique. Les conseils départementaux doivent aussi optimiser leurs moyens pour ne pas se décharger de toutes leurs compétences liées à l’agriculture.
Par ailleurs l’État, avec ses États généraux de l’alimentation, a des difficultés à expliquer concrètement ce qu’il envisage de faire avec son plan d’investissements.

Trouver des solutions acceptées et acceptables
Pour cela, l’organisme de gestion doit faire preuve d’écoute et d’ingénierie pour prendre en compte tous les paramètres de cette équation et devra trouver des solutions équilibrées pour qu’elles soient acceptées et acceptables, tout en assumant ses responsabilités.
Certaines régions ont déjà rapproché leurs programmes de développement rural, pour faire plus simple, plus juste et limiter les dépenses d’assistances techniques.
Les besoins ne doivent pas être surestimés et les reliquats sous-estimés, avec des approches à la louche ont fini par faire le grand écart en créant des inégalités. La régionalisation a, par exemple, mis fin à la mutualisation nationale des anciennes programmations qui permettait de pouvoir réaliser des ajustements en fin d’année en fonction des besoins de chaque région.
La première priorité pour la profession est de préserver les aides aux zones défavorisées.
Devant la difficulté de trouver des équilibres financiers, la réforme des zones défavorisées simples devrait être reportée à 2019 par l’Europe.
La profession a toujours recherché des solutions réalistes. Il faudra faire des économies sur les surplafonds du PCAE, comme sur l’aide au maintien en agriculture biologique. Car c’est au marché de prendre en charge les coûts de production liés à un signe officiel de qualité. Mais ces derniers points ne pourront être qu’une partie de la réponse à la question posée. Il est difficile de boucler tout cela en 10 jours pour les prochains comités de suivi de Bourgogne et Franche-Comté les 21 et 22 novembre.