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Horticulture fruitière

Au cœur de la récolte fruitière

En ce moment, les fruits rouges sont récoltés par les producteurs du département. Ce vendredi 19 juin, Terres de Bourgogne a retrouvé Camille Guyard, dirigeante de la structure « les Framboises de Colangette », à Thury.

Par Charlotte Sauvignac
Horticulture fruitière
Camille Guyard, productrice de framboises a bien entamé la récolte.

C'est au sein de l'EARL Guyard spécialisée en élevage de bovins allaitants, en grandes cultures et en productions de noix, que Camille Guyard a décidé de se lancer, en 2021, dans une autre production : celle de la framboise. Aujourd'hui, bien implantée dans le territoire icaunais, l'exploitation possède 1 200 m2 depuis peu, après avoir « investi dans 200 m2 supplémentaires, cette année pour augmenter la production ». Si la récolte s'étale sur plusieurs mois, à savoir juin, août, septembre et octobre, c'est en ce moment que le plus gros est récolté, environ 2/5 de la récolte annuelle. Avec les périodes de chaleur, Camille dit « s'être adaptée et travaille le matin. Nos plants sont en serre, ce qui entretient d'autant plus la chaleur, donc on a décidé de cueillir davantage, en temps frais ». La chaleur n'impacte pas qu'à ce niveau-là : la productrice a dû également commencer la récolte, dix jours plus tôt. « En prenant des notes, de manière assidue sur un cahier et en reprenant la dynamique de l'année dernière avec celle de cette année, on a comptabilisé dix jours d'écart, à cause de la grosse chaleur », commente-t-elle. Étant en agriculture bio pour l'atelier de framboises, la productrice commente également la difficulté pour elle, comme pour les autres de devoir « remédier aux attaques de la drosophila suzukii ». C'est une mouche originaire d'Asie, installée en Europe depuis une dizaine d'années. Étant de très petite taille, elle a la capacité de pondre jusqu'à 400 œufs dans les fruits sains et encore fermes. Par conséquent, les larves se développent à l'intérieur des fruits, les rendant mous, tachés et très souvent impropres à la consommation. Avec la chaleur, « les cycles des insectes sont plus courts et les attaques sont plus intenses. En général, la mouche arrive progressivement pendant l'été, pour être en pleine expansion au mois d'août ». À ses débuts, Camille Guyard confie « avoir dû déclasser près de 50 % de ma production ». Aujourd'hui, grâce à une récolte rapprochée, « les attaques sont devenues minoritaires ».

La framboise parfaite ?

Dans le cœur de son projet d'expansion, la productrice a souhaité tester de nouvelles variétés. Cependant, elle confie que ce qui ne change pas : c'est la diminution de « l'espérance de vie. Lorsque je discute avec des anciens, ils nous disent qu'avant, les framboises pouvaient tenir jusqu'à huit ans. Aujourd'hui, les variétés, et notamment les variétés remontantes, c’est-à-dire, celles pouvant faire deux récoltes à l'année, doivent souvent être replantées tous les cinq-six ans ». Le sourire aux lèvres, elle confie qu'il n'existe pas « de framboise parfaite », mais elle a réussi à trouver la solution pour que chaque variété puisse avoir ses qualités pour les débouchés qu'elle emprunte. « La variété vajolet, par exemple, est remontante. Elle produit de très gros fruits magnifiques, bien calibrés, on la considère comme la top model de la framboise », commente-t-elle en rigolant, « et quand tu la goûtes, tu te rends compte qu'elle a moins de goût que d'autres variétés et c'est super frustrant ». Alors que, la variété san rafael « est moins esthétique, elle est un peu plus biscornue comme framboise, mais par contre la saveur est présente, même quand il manque de soleil. La variété tulameen, elle est belle, bonne, sucrée, mais elle n'est pas du tout vigoureuse dans sa production, les canes sont souvent chétives ». Dans ces cas-là, la productrice arrive toujours à trouver des débouchés : grande distribution, restauration/pâtisserie, vente directe et transformation. « Si certaines framboises ne sont pas esthétiques, on les transforme pour en faire de la confiture ou du jus, car le goût reste », justifie-t-elle. Pour autant, elle continue toujours de « tenter de nouvelles approches. Pour la nouvelle superficie, j'ai testé la variété nobility qui paraît parfaite sur le papier et j'ai aussi voulu prendre la variété joanj, qui a la particularité de produire des framboises jaunes. Dans les marchés, cela peut attirer l'œil des clients ». En reprenant la route de la ferme, Camille assure, que la production de cette année sera bonne et pense arriver à une récolte finale de cinq tonnes.