Manuel Valls au Salon
Ambiance électrique
Les visites protocolaires se suivent et ne se ressemblent pas, après le chahut qui a accompagné celle du Président de la République, la visite de Manuel Valls a semblé plus apaisée. Pendant les quatre heures passées sur le salon, le Premier ministre aura surtout rencontré les éleveurs, premières victimes de la crise agricole, dans une ambiance peu chaleureuse mais calme.
Invectives, dégradations et démontages de stands, échauffourées avec les forces de l’ordre... Ce salon international de l’agriculture 2016, se déroule sous haute tension. A chaque détour d’allée, la colère paysanne se manifeste d’une façon ou d’une autre et l’ambiance reste électrique. En fonction des visites le ton monte plus ou moins, Manuel Vals a bénéficié d’une certaine accalmie, après les débordements qui avaient marqué la visite de François Hollande.
L’année précédente, le Premier ministre avait mis l’accent sur l’attachement aux terroirs et aux territoires lors de son passage au Salon de l’agriculture, cette année il s’est concentré sur les filières d’élevage les plus touchées par la crise. Dans une ambiance plus calme que celle qui avait accompagné la venue du président de la République deux jours plus tôt, le chef du gouvernement est essentiellement resté dans le Pavillon 1, celui de l’élevage, y rencontrant les éleveurs laitiers, les producteurs de viande bovine, et les éleveurs porcins.
Interpellé et parfois sifflé par les exposants, dont le ressentiment visait davantage le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll à ses côtés, Manuel Valls a voulu se montrer rassurant et déterminé «pour redonner confiance aux agriculteurs et sortir de la crise», sans pour autant leur donner des gages tangibles. Interrogé par les producteurs de lait sur la nécessité de mieux réguler le marché laitier au niveau européen, le Premier ministre a souligné «une prise de conscience» de la Commission vis-à-vis de «la gravité de la crise». De même, sur le TTIP (traité de libre-échange UE/États-Unis actuellement en discussion), le chef du Gouvernement a affirmé qu’il serait vigilant, sans convaincre les producteurs de viande bovine qui restent inquiets de cette mise en concurrence potentielle avec une viande produite à moindre coût, dans des conditions environnementales et sanitaires différentes.
«Message de solidarité»
«Nous ne laisserons pas tomber les agriculteurs», a assuré le Premier ministre, alors que les différents représentants professionnels lui ont rappelé les défis auxquels les filières sont confrontées, au cours de sa déambulation puis lors d’une réunion de plus d’une heure. «L’Europe doit entendre le message des agriculteurs et du Gouvernement français», a-t-il ajouté, conscient que la mise en place de mécanismes de gestion de crise au niveau européen sera une étape nécessaire mais difficile à obtenir. Réaffirmant aussi son engagement sur la question de l’étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés, Manuel Valls a voulu faire passer aux agriculteurs «un message de solidarité» : «sur ces sujets-là, nous sommes à leurs côtés», a-t-il expliqué, reconnaissant par ailleurs la nécessité de travailler au niveau national sur plusieurs chantiers, la restructuration des filières ou une meilleure organisation pour l’export, par exemple. L’agriculture française «a des atouts», elle constitue «le deuxième poste à l’exportation derrière l’aéronautique», les Français le savent et y sont attachés, a relevé le Premier ministre. Et «c’est ce rapport entre la France et son agriculture que nous sommes venus une nouvelle fois soutenir», a-t-il souligné à la fin de sa visite.
L’année précédente, le Premier ministre avait mis l’accent sur l’attachement aux terroirs et aux territoires lors de son passage au Salon de l’agriculture, cette année il s’est concentré sur les filières d’élevage les plus touchées par la crise. Dans une ambiance plus calme que celle qui avait accompagné la venue du président de la République deux jours plus tôt, le chef du gouvernement est essentiellement resté dans le Pavillon 1, celui de l’élevage, y rencontrant les éleveurs laitiers, les producteurs de viande bovine, et les éleveurs porcins.
Interpellé et parfois sifflé par les exposants, dont le ressentiment visait davantage le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll à ses côtés, Manuel Valls a voulu se montrer rassurant et déterminé «pour redonner confiance aux agriculteurs et sortir de la crise», sans pour autant leur donner des gages tangibles. Interrogé par les producteurs de lait sur la nécessité de mieux réguler le marché laitier au niveau européen, le Premier ministre a souligné «une prise de conscience» de la Commission vis-à-vis de «la gravité de la crise». De même, sur le TTIP (traité de libre-échange UE/États-Unis actuellement en discussion), le chef du Gouvernement a affirmé qu’il serait vigilant, sans convaincre les producteurs de viande bovine qui restent inquiets de cette mise en concurrence potentielle avec une viande produite à moindre coût, dans des conditions environnementales et sanitaires différentes.
«Message de solidarité»
«Nous ne laisserons pas tomber les agriculteurs», a assuré le Premier ministre, alors que les différents représentants professionnels lui ont rappelé les défis auxquels les filières sont confrontées, au cours de sa déambulation puis lors d’une réunion de plus d’une heure. «L’Europe doit entendre le message des agriculteurs et du Gouvernement français», a-t-il ajouté, conscient que la mise en place de mécanismes de gestion de crise au niveau européen sera une étape nécessaire mais difficile à obtenir. Réaffirmant aussi son engagement sur la question de l’étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés, Manuel Valls a voulu faire passer aux agriculteurs «un message de solidarité» : «sur ces sujets-là, nous sommes à leurs côtés», a-t-il expliqué, reconnaissant par ailleurs la nécessité de travailler au niveau national sur plusieurs chantiers, la restructuration des filières ou une meilleure organisation pour l’export, par exemple. L’agriculture française «a des atouts», elle constitue «le deuxième poste à l’exportation derrière l’aéronautique», les Français le savent et y sont attachés, a relevé le Premier ministre. Et «c’est ce rapport entre la France et son agriculture que nous sommes venus une nouvelle fois soutenir», a-t-il souligné à la fin de sa visite.
Stéphane Le Foll annonce une boite à outils pour les achats publics en restauration collective
Stéphane Le Foll a annoncé sur le site internet du ministère de l’Agriculture, le 29 février, la création d’une boite à outils pour la restauration collective afin de "favoriser l’approvisionnement local et la qualité". Il s’y était engagé, il y a presque un an, lors des tables rondes réunissant les filières viande bovine et lait. Cette boite à outil, utilisable en juillet prochain, regroupera des fiches techniques et méthodologiques, trois guides et des formations. Le 17 février, un guide intitulé “Favoriser l’approvisionnement local et de qualité en restauration collective” avait déjà été publié sur le site du ministère. Dans les filières lait et viande, le syndicalisme majoritaire prône l’approvisionnement français de la restauration hors domicile, notamment des collectivités publiques, un marché conséquent pour ces deux filières et dont les appels d’offre dépendent de l’État. “Cela dépend des élus”, note un membre d’une de ses filières qui explique qu’entre ce que décide le gouvernement et ce qu’appliquent les élus locaux, il y a parfois un décalage. Reste, selon lui, à mettre la pression sur ces élus et “la restauration hors foyer ne pourra que suivre la démarche”. Rappelons que les appels d’offre ne peuvent pas, afin de respecter la libre concurrence européenne, privilégier explicitement l’origine d’un produit dans leur contenu.