Alors, ces municipales ?
Rencontre aujourd'hui avec deux agriculteurs Côte-d'oriens, voisins l'un de l'autre et tous les deux maires de leur commune.
Nous ne savons pas s'ils s'appellent mutuellement « Monsieur le maire », nous ne leur avons pas demandé. Toujours est-il que ces deux amis ont aujourd'hui l'écharpe tricolore de premier édile. Didier Robin l'avait déjà puisque cet homme de 43 ans rempile pour un second mandat à Baigneux-les-Juifs. Pour Nicolas Porcherot, même âge, c'est une première à Poiseul-la-Ville, bien que ce dernier faisait déjà partie du conseil municipal. Bon, comment se sont passées ces élections ? Que pensez-vous du nouveau mode de scrutin ? « C'était un peu la découverte », lance Didier Robin. Par chance, la parité était déjà quasiment atteinte dans son ancienne équipe : « il a été assez facile de recomposer une liste selon les nouvelles règles. La seule difficulté a été de trouver le dernier homme ! ». Didier Robin partage avec nous une « drôle d''impression » : « c'est même plus qu'une impression… Vu que nous n’avions qu'une seule liste à Baigneux, j'ai moi-même choisi les futurs élus de notre commune en composant ma propre équipe. Avant, les électeurs rayaient des noms et leurs choix permettaient de composer le nouveau conseil municipal… Ce n'est plus le cas, les règles du jeu ont changé. Il faut s'y plier mais cela est très particulier pour les petites communes comme les nôtres où il est très difficile d'avoir plusieurs listes ». Didier Robin redoutait une forte abstention : « il n'y avait bien sûr aucun suspense, nous allions être élus… Mais nous tenions tout de même à avoir un certain nombre de voix, histoire de ressentir du soutien et une légitimité dans nos futures actions. Finalement, même si le taux de participation a baissé d'environ 20 %, nous terminons sur un score très respectable de 62 %, cela me satisfait grandement. Merci à tous les habitants qui se sont déplacés. Voter est un droit et aussi un devoir civique, nos administrés l'ont honoré ! ».
Une « vraie » élection
À seulement quelques kilomètres de là, à Poiseul-la-Ville-et-Laperrière, malgré moins d'inscrits qu'à Baigneux (environ 130), deux listes s'affrontaient. Sans surprise, la participation a été très importante, proche des 90 % et il y avait beaucoup de monde au dépouillement. La victoire finale s'est joué à seulement 8 voix près… « Ce cas de figure est totalement différent qu'à Baigneux, c'est certain. Il y avait un vrai suspense », reconnaît Nicolas Porcherot. Ce dernier aurait tendance à regretter l'ancien mode de scrutin : « ces nouveautés peuvent altérer l'ambiance dans un petit village comme le nôtre, les gens sont contraints de faire un choix entre une liste ou l'autre, ils ne raisonnent plus avec de simples noms… L'exercice est compliqué, sachant que l'on ne peut pas forcément aimer toutes les personnes d'une même liste. C'était plus simple avant, c'est du moins mon ressenti. Au final, chez nous, la liste élue compte 9 membres au conseil, contre seulement deux pour l'autre équipe, qui avait pratiquement le même nombre de voix. Cela est discutable, même s'il faut bien une majorité ». Le nouveau maire de Poiseul-la-Ville, non prévenu de notre appel concernant cet article, trouve tout de même un avantage à ces nouvelles règles : « nous sommes allés chercher de nouvelles personnes pour compléter notre liste, chose que nous n'aurions certainement pas faite avant. Ces nouvelles personnes, j'ai envie de les appeler les nouveaux talents de notre commune ! Elles ont envie de s'investir, elles pourront le faire désormais, grâce à ce nouveau scrutin ».