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Syndicalisme

Ça passe très mal

 


 

Par AG

D'habitude, c'est nous qui l'appelons. Cette fois, c'était lui. Antoine Carré tient ici à exprimer son ras-le-bol général sur la situation. « Alors là, tout se cumule en ce moment », résume l’agriculteur de Verrey-sous-Salmaise. Celui-ci nous le dit d'emblée : il n'a guère apprécié les « poignées de main » au salon de l'agriculture : « au niveau local, nous avons fait le choix de ne pas y aller cette année, ce boycott a été salué par l'ensemble des agriculteurs de notre département. En revanche, l'incompréhension est grande dans nos rangs, en voyant nos responsables nationaux FNSEA et JA se pavaner avec les politiques, notamment Macron, comme si tout allait bien… Il aurait fallu être beaucoup plus ferme. Personnellement, je ne vous cache pas ma déception ». Déçu, Antoine Carré l'est d'autant plus devant les diverses pressions syndicales qui n'aboutissent pas : « nous sortons de trois à quatre semaines de manifestations et le résultat n'est pas là. On nous a crié des pseudo-victoires et voici ce qu'il en est aujourd'hui… Dans mon cas, j'étais resté mesuré et dubitatif et j'ai bien fait… Le Mercosur est en effet appliqué. La MACF, on nous avait fait une promesse qui n'est pas tenue. Pour le budget Pac, on s'oriente vers une baisse de 15 à 20 %… Au niveau plus local, concernant la tuberculose et nos demandes de revalorisation des animaux abattus, l’administration de Côte-d'Or ne veut rien savoir et nous renvoie constamment vers la DGAL à Paris. C'est un foutage de gueule absolu ». Le président de la FDSEA21 a l'habitude de citer des chiffres dans ses propos, il ne déroge pas à la règle ici : « pour le Mercosur, nous ne connaissons pas l'impact précis qu'il aura sur nos viandes. En revanche, pour la MACF, ce sera une hausse de charges entre 25 et 50 euros/ha de blé et entre 30 et 60 euros/ha de colza. Pour ma propre exploitation, cela représentera un chèque de 10 500 euros par an ! Avec des hausses constantes à prévoir jusqu'en 2030 ou 2035… Dans le même temps, même si je l'ai déjà dit dans vos colonnes, la fameuse aide aux producteurs céréaliers de Bourgogne-Franche-Comté, de l'ordre de 3,6 millions d'euros, ne va rien apporter par rapport à ce que va nous coûter cette MACF. On se fout de notre gueule ! On plombe encore la production, on se moque de l'agriculture, nos dirigeants s'en foutent royalement d'avoir deux fois moins d’agriculteurs demain. Concernant la tuberculose et notre demande de revalorisations, compte tenu que la DDPP nous renvoie constamment vers la DGAL, eh bien nous allons y aller, à la DGAL ».