Une parole libre
Le syndicat des Jeunes agriculteurs a tenu son assemblée générale jeudi 26 mars, au sein de l'amphithéâtre du Lycée la Brosse à Venoy.
« C'est avec fierté et détermination que nous prenons la parole aujourd'hui. Nous dénombrons de nombreux enjeux agricoles, comme la reconnaissance de notre travail ou encore le changement de générations. Pourtant, nous avons des atouts dans notre manche car nous sommes porteurs d'une agriculture durable et nous souhaitons construire des solutions pour l'avenir », lance Charles Baracco, président des Jeunes agriculteurs de l'Yonne sur l'estrade de l'amphithéâtre du Lycée d'Auxerre la Brosse. À ses côtés, se trouve Élizabeth Preault, responsable comptable qui convient que le syndicat « a pu rencontrer quelques difficultés avec la baisse des subventions, mais que malgré tout, la fête départementale de Toucy en 2025, a réalisé un bénéfice important ». C'est d'ailleurs dans ce cadre que le président du comité de l'an passé se voit recevoir « un chèque d'une valeur de 9 000 euros, car, dans notre syndicat, nous souhaitons récompenser les cantons organisateurs, chaque année », confie Tania Pereira Oliveira, animatrice des JA de l'Yonne. Après ce cours épisode sur le bilan financier, l'animatrice en profite pour démarrer son petit film, récapitulant tous les événements par lesquels est passé le syndicat au cours de l'année, que ce soit les élections à la Chambre d'agriculture, le bus du vivant, le Forum de l'emploi, la Foire Saint-Martin, ou encore la fête de l'Agriculture au niveau départemental. Les cantons ont également joué leurs rôles en animant les villages et « en œuvrant pour porter notre vision auprès du grand public ». « Cette année a également été rythmée par de nombreuses manifestations, sur Auxerre, Sens, Avallon, ou à des niveaux plus importants, comme à Bruxelles, Paris ou Strasbourg. La fin d'année a été rythmée », commente Charles Baracco, à son tour. Malgré quelques victoires syndicales, le contexte agricole reste tendu et c'est pour cette raison que le président des JA interpelle Sébastien Hennon, sous-préfet d'Avallon pour un échange avec la salle.
Une impression de déjà-vu
« Nous voulons vous faire part de l'inquiétude que la profession agricole porte, étant donné la hausse des engrais et du gazole non routier (GNR). La ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, a pris des mesurettes, mais nous souhaitons des mesures plus concrètes, plus fortes et plus rapidement », argue dans un premier temps l'agriculteur. En restant sur l'actualité mondiale, il aborde également le sujet « de l'accord signé entre l'Union européenne et l'Australie. On a l'impression de revivre la même chose qu'avec l'accord signé sur le Mercosur ». Damien Brayotel, président de la FDSEA de l'Yonne, soutient Charles Baracco dans ses propos en appuyant sur le fait « qu'avec toutes les manifestations que nous avons organisées, nous n'avons pas de vision claire sur notre agriculture, nous n'avons pas de vision globale. Le consommateur ne veut pas manger des produits importés, produits selon des normes qui ne sont pas respectées ». En parallèle de ce mécontentement, les secteurs agricoles sont en difficulté, avec « des prix très bas en ce qui concerne les céréales et avec des charges en hausse. Ce qui fait potentiellement peser un risque sur le prix de la viande ou encore le fait que nous soyons en zones intermédiaires, que nous n'avons pas de solutions sur du long terme et que nous sommes inquiets que de nombreux agriculteurs jettent l'éponge », lance-t-il au sous-préfet d'Avallon. Debout, face à la salle, Sébastien Hennon confie la difficulté « et l'instabilité dans laquelle la guerre en Iran nous plonge. Cette guerre a surpris tout le monde. Avec Donald Trump, le grand dingue de la guerre, il bordélise tout et en fonction de ses échanges et de ses allocutions, tout change. L'État français n'a donc aucune visibilité sur la guerre en Iran. Contrairement à la guerre en Ukraine qui est durable, donc a priori plus stable, cette guerre-là est instable et cela rend difficile la visibilité sur le long terme », argumente-t-il. En ce qui concerne les accords signés, Sébastien Hennon revient sur le fait que « le gouvernement français a entendu les agriculteurs, notamment après les manifestations de cette fin d'année dernière. Nous avons donc suspendu l'accord. Nous étions soutenus par l'Italie, jusqu’à ce qu'elle change d'avis et soit favorable à l'accord. Le gouvernement français a tenté de bloquer l'accord, mais nous étions minoritaires et Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne a décidé d'appliquer l'accord, quand même », explique-t-il.