Accès au contenu
Service de remplacement Nièvre

Vive les (motifs) vacances!

Pas évident de dégager un peu de temps libre, durant l'€™année, pour prendre quelques jours de congés quand on est agriculteur. Grâce au Service de remplacement, c'€™est pourtant possible. Exemple chez Nadège Berthier, éleveuse bovin lait à Avril-sur-Loire, près de Decize.
Par Emmanuel Coulombeix
Vive les (motifs) vacances!
Valentin et sa maman, Nadège, ont besoin de prendre des vacances, deux fois par an, en laissant à un remplaçant l'exploitation laitière des Feuillets à Avril-sur-Loire.
L'€˜élevage laitier, avec ses deux traites quotidiennes, est sans doute l'€™exemple le plus abouti de ce que l'€™agriculture peut consommer de temps et d'€™énergie pour un(e) exploitant(e). Aussi, lui vient-il l'€™idée, légitime et bienvenue, de prendre des vacances, afin de recharger les batteries et de couper un peu avec l'€™activité professionnelle. C'€™est le cas de Nadège Berthier, qui non contente d'€™élever 45 vaches Montbéliardes pour un quota de 220 000 litres de lait par an (dont seule la moitié est livrée à la laiterie de Saint-Denis de l'€™hôtel), transforme sa production en fromages, eux-mêmes vendus au magasin de producteurs Secrets de paysans à Coulanges-lès-Nevers, en direct à la fromagerie de la ferme et sur trois marchés du sud du département, tout au long de l'€™année. Que de temps et d'€™efforts pour cette jeune maman d'€™un enfant de deux ans, dont le conjoint est lui-même exploitant sur une deuxième exploitation céréalière et qui peut difficilement l'€™aider dans son travail quotidien. En plus de cela, l'€™agricultrice, qui a un autre garçon, cultive 11 ha de maÏs ensilage (sur les 80 ha de la ferme) destinés à l'€™autoconsommation. Une vie de labeur et de responsabilités, ses journées commencent à 4h30 et se terminent à 19h30, qu'€™elle n'€™abandonnerait sous aucun prétexte mais qui lui commande, deux fois dans l'€™année, de faire un break: «une semaine en janvier pour aller au ski, un week-end prolongé en mai et une semaine fin-août» détaille-t-elle.

[INTER]Un remplaçant expérimenté[inter]
Nadège et ses enfants trépignent de partir à la fin du mois, «et surtout de partir où le vent nous porte». Valentin, 10 ans et demi, et Clémence, la petite dernière, accompagneront leurs parents soit en Vendée «où j'€™ai de la famille», soit à La Bourboule «où des amis nous reçoivent de temps en temps», soit dans l'€™Aisne «dans la famille de mon conjoint», soit ailleurs «du moment que c'€™est loin de l'€™exploitation». L'€™occasion de se ressourcer en famille et de couper avec le rythme effréné de la production laitière. «En fonction de la météo, s'€™il y a 50 mm de pluie, j'€™espère que nous pourrons quitter la ferme l'€™esprit léger, en sachant que les maÏs seront en bonne voie» précise Nadège. Là encore, le boulot a vite fait de reprendre le dessus. L'€™imminence du départ peut encore être remise en cause. Quoi qu'€™il en soit, l'€™éleveuse laitière a déjà tout prévu. Elle a fait appel à un salarié agricole du Service de remplacement, qu'€™elle a déjà «fait travailler à la ferme au mois de juin» et qui se révèle «à la fois compétent en élevage laitier, ce qui est rare dans notre département, et vraiment très professionnel». Après plusieurs déconvenues, Nadège a enfin trouvé «quelqu'€™un en qui j'€™ai toute confiance pour me remplacer». Stéphane Gravade, qui est en CDI au Service de remplacement Nièvre depuis le 1er août, est un ancien exploitant laitier qui a fait ses preuves sur le terrain salarié, aussi polyvalent que pointu techniquement dans le lait, le bovin viande que les cultures. «Je n'€™avais pas que des bons souvenirs du SR mais là je n'€™hésite pas à payer la cotisation si je sais qu'€™il y a une prestation de qualité en face» témoigne Nadège Berthier, confiante. L'€™éleveuse et son conjoint avaient tous les deux pris leurs congés maternité et paternité grâce au SR à la naissance de leur fille il y a deux ans.

[INTER]87 euros par jour sur cinq jours[inter]
Financièrement, l'€™éleveuse profite de deux dispositifs pour financer le remplacement. D'€™abord, le motif vacances sera invoqué dans le contrat qui la lie au SR. Ainsi, 87 euros par jour lui seront-ils facturés sur un maximum de 5 jours de vacances. Au-delà, elle pourra jouir du crédit d'€™impôt (lire encadré), soit 50% du coût du remplacement (à 131 euros les 7 heures de travail) sur un maximum de 14 jours. Une somme coquette pour cette agricultrice qui est aussi une bonne gestionnaire mais une somme «indispensable car même si on ne s'€™y retrouve pas, on en a besoin». Il semble d'€™ailleurs que les agriculteurs nivernais adhérant au Service de remplacement dans la Nièvre lui donnent raison. Selon Marie-Aline Saltel, l'€™animatrice du SR, près d'€™un quart des 410 adhérents nivernais font appel chaque année à elle pour réserver un salarié afin de faire jouer le motif vacances. Une tendance qui s'€™amplifie tant les agriculteurs souhaitent de plus en plus vivre dans la modernité, à l'€™égal de leurs concitoyens.

Le crédit d'€™impôt congés

Crée depuis 2006, le Crédit d'€™Impôt « Congés » est reconduit (jusqu'€™au 31/12/2016). Y sont éligibles les dépenses de personnel engagées par les exploitants agricoles (contribuables, personnes physiques, imposés au titre des bénéfices agricoles) dans le cadre de leur remplacement pour congés. Le crédit d'€™impôt sur le revenu est égal à 50 % des dépenses engagées dans la limite de 14 jours par an. S'€™il excède l'€™impôt dû, l'€™excédent est restitué. Dans le cadre des sociétés et des groupements, il est accordé 14 jours pour l'€™ensemble des associés, ceux-ci étant libres de répartir le nombre de jours entre eux à leur convenance. Le crédit d'€™impôt est ensuite réparti entre chaque associé à proportion des droits qu'€™ils détiennent chacun dans la société ou le groupement.