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De la vigne à la bouteille

Visite préfectorale autour de la filière viti-vinicole du Val de Loire

Comme il le fait tous les mois dans chaque département bourguignon autour d'€™un thème donné, Pascal Mailhos, le préfet de région, était dans la Nièvre le 15 mai dernier. Pour une journée chargée autour de «la filière viticole» du Val de Loire.
Par EMMANUEL COULOMBEIX
Visite préfectorale autour de la filière viti-vinicole du Val de Loire
Valentin Morrin, étudiant en terminale du lycée de Cosne, a expliqué le «dégorgement» après deux fermentations, avant que la cuvée de mousseux produite par sa classe ne soit bientôt commercialisée.
Accompagné de Michèle Kirry, préfete de la Nièvre ainsi que de Michel Paillissé et Emmanuelle Fresnay, secrétaire général et directrice de cabinet de la préfecture, le préfet de région s'€™est immergé dans la thématique viti-vinicole, en rencontrant les entreprises, en écoutant les acteurs, en jaugeant les difficultés économiques sans renier les atouts et potentiels de la filière toute entière. On sait peu que la vigne, du raisin jusqu'€™au tonneau et à la bouteille, fait ainsi vivre dans la Nièvre près de la moitié des salariés agricoles totaux. Et qu'€™elle est une vitrine appréciée et reconnue du département sur les meilleures tables de France et du monde. C'€™est pour en apprécier la réalité que Pascal Mailhos avait prévu un programme chargé et diversifié, à la fois autour de l'€™élaboration du Pouilly Fumé, du nom donné au fameux cépage sauvignon, aux intervenants extérieurs de la filière: une tonnellerie, un lycée viticole, une station vitivinicole de traitement des effluents...
[INTER]Bien cher export[inter]
D'€™abord au château du Nozet du Domaine de Ladoucette à Pouilly sur Loire puis chez Quentin David, du château Favray, à Saint-Martin sur Nohain, la délégation préfectorale a pu toucher du doigt le poids économique de la viticulture pour ce Val de Loire béni des dieux. Entre un domaine familial de 100 ha exploité depuis 1805 par la famille de Ladoucette et une exploitation familiale de
16 ha recréée de toute pièce par un passionné de vin dans les années 80, elle a obtenu un aperçu représentatif -mais non exhaustif- de ce que les vignerons nivernais peuvent produire de mieux. Produire et vendre, aussi, puisque la balance commerciale de la Nièvre doit beaucoup à l'€™exportation de ces vins (blanc mais aussi rosé, rouge et même mousseux) produits sur son territoire. Positionné haut de gamme, de Ladoucette expédie 60% de ses bouteilles vers la restauration en Europe du Nord, Italie et Japon. Quentin David, aidé de Catherine, son épouse artiste à ses heures, exporte, lui, entre 75 et 80% de sa production vers le Royaume Uni, la Belgique et les Etats-Unis d'€™Amérique.
[INTER]Messages transmis[inter]
L'€™exploitant de Saint Martin sur Nohain, tout comme plus tard les responsables de la section viticole du lycée agricole de Cosne-sur-Loire, ont fait passer des messages au plus haut représentant de l'€™Etat dans la région. Pour le premier, la disparition programmée des stations locales de Météo France pose un vrai problème quant à la gestion des risques climatiques. [I]«Nous avons des modèles informatiques collectifs mais à quoi peuvent-ils servir si nous n'€™avons pas l'€™outil technique»[i] a-t-il demandé. Et sur la communication pour le vin, le vigneron a pris le contrepied de la loi Evin et de la tendance des pouvoirs publics à limiter la publicité pour les vins plus que pour d'€™autres alcools: [I]«si on communiquait plus pour les vins, on éduquerait mieux nos enfants à ce qu'€™ils boivent et à la satisfaction que cela peut leur procurer»[i]. Sous-entendu: les jeunes ne s'€™abandonneraient plus à la mode anglo-saxonne du «[I]binge drinking»[i] qui cherche l'€™ivresse le plus vite et le plus durement possible sans se soucier du goût ou du produit. Les préfets de Bourgogne et de la Nièvre ont convenu que la publicité était très réglementée en France. Plus tard, à Cosne-sur-Loire, des jeunes de 1ère et terminale du lycée viticole, accompagnés de leurs enseignants ont aussi dit toute l'€™importance que revêtait pour les exploitations comme pour les futurs salariés et futurs exploitants, de pouvoir se former ici, à proximité du vignoble, et ce [I]«même si la région administrative à laquelle nous appartenons est différente de la structuration professionnelle de la filière, dont les décideurs se situent de l'€™autre côté de la Loire, dans le Cher»[i]. Après avoir visité une station viti-vinicole de traitement des effluents, créée par une CUMA viticole, Pascal Mailhos a regagné Dijon, encore imprégné des images offertes par ce secteur-clé de l'€™économie nivernaise. Avec le sentiment, après ces échanges, d'€™être plus crédible que derrière un bureau [I]«pour rendre compte de la situation réelle de la filière et faire remonter»[i].