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Traitement de la vigne

Une solution pour réduire le recours au cuivre

Membre du pôle régional en innovation agroécologique Agronov, l'entreprise Amiroy lance une solution destinée à préparer la vigne aux attaques de mildiou. Précieux dans un contexte de réduction des possibilités de recours au cuivre. Des essais sur une vaste échelle sont menés chez plusieurs vignerons de Bourgogne, du Jura et de la Champagne.

Par Berty Robert
Une solution pour réduire le recours au cuivre
Amiroy
Ce schéma résume les différentes actions d'Ami_Vigne.

Ce n'est pas un secret : le cuivre est aujourd'hui dans le collimateur des autorités. 17 produits fongicides à base de cuivre sont sous la menace d'un retrait d'autorisation de la part de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Face à cette éventualité, l'émergence de solutions alternatives suscite de l'intérêt. La solution proposée par la société Amiroy entre dans cette catégorie. Basée à Arc-lès-Gray, en Haute-Saône, la société est aussi membre du pôle de Bourgogne-Franche-Comté (BFC) d'innovation en agroécologie Agronov. Depuis sa création fin 2019, elle n'a cessé de développer des produits de biosolution à destination de l'agriculture. En travaillant notamment sur de nouvelles générations de chitosan, des conservateurs et antioxydant naturels d'origine biologique. Ces biopolymères fonctionnent très bien en agriculture comme biostimulant et comme antifongique. 

Plusieurs effets

La nouveauté, depuis 2024, c'est qu'Amiroy a décidé d'aller sur le terrain de la viticulture avec les technologies qu'elle a développé et un produit nommé Ami_Vigne. Il comporte plusieurs de ces chitosans, dont un qui a un effet de biostimulation sur la défense naturelle de la plante, un autre, un effet anti-fongique, un autre encore, qui a un effet adjuvant. « Pendant des années, explique Vahide Rabani, cofondatrice d'Amiroy, nous avons travaillé pour tenter d'apporter une réponse aux viticulteurs et nous avons conçu Ami_Vigne. Il a été utilisé pour la première fois en 2024 dans le vignoble de Cognac. En regard des conditions catastrophique rencontrées cette année-là dans les vignes, les viticulteurs concernés ont été très satisfaits de la protection obtenue contre les maladies. » Cette première expérience a poussé Amiroy à conduire un test selon plusieurs modalités, faisant varier les proportions de cuivre et d'Ami-Vigne, sur un autre vignoble, infecté par les spores de mildiou. En condition de pression forte de la maladie, ces essais ont démontré qu'on peut conserver un très bon niveau de protection face à la maladie en ayant recours à moitié moins de cuivre que pour les doses habituellement usitées. 

Essais à suivre en direct

Afin de valider les résultats obtenus dans les conditions les plus diverses, en 2026, l'entreprise a souhaité pousser encore plus loin ses expérimentations dans l'objectif d'ajuster son produit en fonction de différentes conduites culturales (bio, biodynamie, conventionnel) : un essai démonstrateur est donc à l'œuvre en Bourgogne, mais aussi en Champagne, dans le Jura et la Haute-Saône. Les vignerons impliqués ne changent rien à leurs pratiques habituelles, en revanche ils vont utiliser moitié moins de ce qu'ils utilisaient en fongicides ou cuivre et vont tester Ami-Vigne. Les résultats seront connus à la fin de cette campagne 2026. L'entreprise a mis en place une newsletter qui permet de se tenir au courant des constats faits sur les vignes, au fil du temps. Les personnes intéressées peuvent s'inscrire pour recevoir les informations en scannant le QR code qui accompagne cet article. « Nous voulons jouer la transparence sur les résultats obtenus » précise Vahide Rabani. Ces essais vont permettre de définir clairement les doses nécessaires d'Ami-Vigne en fonction des conduites culturales, des terrains, des cépages, et des conditions météo.

Une solution pour réduire le recours au cuivre