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Bassins d’alimentation de captages (Bac) autour de Clamecy

Une réunion sur l’optimisation des marges en agriculture biologique

Le 9 janvier, à la mairie de Clamecy, avait lieu une journée d’information organisée par le Sedarb et la nouvelle mission d’animation «captages» de la mairie de Clamecy.
Par Emmanuel Coulombeix
Une réunion sur l’optimisation des marges en agriculture biologique
Olivier Bouilloux (Sedarb) et Guillaume Dalleau (Cellule d’animation «Grenelle» autour de Clamecy) ont vanté l’intérêt économique de l’agriculture bio dans un objectif de diminution des contaminations à la ressource en eau potable.
Trois études technico-économiques récentes, menées en Bourgogne, ont révélé l’intérêt de la performance économique de l’agriculture biologique. Une étude du CER France Yonne, une de la Chambre d’agriculture de Côte d’Or et une du Service d’écodéveloppement agrobiologique et rural de Bourgogne (Sedarb). Et toutes, avec leurs propres clés de lecture, se corroborent pour relever que, depuis dix ans, les performances économiques des céréales biologiques, dans la région, n’ont pas eu à rougir de leur mode de production, comparées à celles des fermes conventionnelles. Sans rentrer dans le détail des chiffres qui ont été présentés, jeudi dernier à la mairie de Clamecy, Pierre Perreau (CER France Yonne) s’est voulu rassurant: [I]«le risque économique d’aller vers le bio en grandes cultures est une chimère: il n’existe pas. Les dix années de données que nous vous présentons montrent qu’en moyenne, les deux systèmes de production dégagent un revenu comparable»[i]. Et Pierre Robin (Chambre d’agriculture de Côte d’Or), qui a mené une étude à la fois sur les plateaux et en plaine dijonnaise, a confirmé, diaporama à l’appui, que [I]«les résultats sont équivalents»[i] en précisant toutefois que [I]«le bio n’est pas le conventionnel, cela nécessite un changement de la manière de réfléchir sa conduite. L’application de règles de calculs issues de la recherche agronomique ne suffisent plus à prédire le rendement car trop de paramètres interfèrent (climat, adventices, ravageurs). En revanche, le bio révèle les lois fondamentales de l’agronomie que les intrants chimiques peuvent parfois permettre de lisser»[i].

[INTER]«Evitement des erreurs agronomiques»[inter]
Les interventions de Pierre Robin et d’Olivier Bouilloux (Sedarb) ont permis aux 12 agriculteurs présents, dont 5 déjà passés à l’AB dans leur ferme, de trouver les clés pour construire un système de production rentable et viable techniquement, en dégageant des pistes d’optimisation des systèmes céréaliers biologiques. Selon les animateurs, celles-ci [I]«résident principalement dans l’évitement des principales erreurs agronomiques ou stratégiques»[i] comme par exemple ne pas implanter de tête d’assolement légumineuse fourragère ou réaliser des choix culturaux sans lien avec les spécificités des filières bio, mais aussi [I]«dans une modération de la fertilisation azotée qui paraît peu rentable à court terme en AB, ainsi que dans la justesse du positionnement de chaque culture en fonction de la profondeur de terre et des précédents culturaux de la parcelle»[i]. Pour Olivier Bouilloux, qui concluait la réunion, [I]«sous réserve de bien gérer les risques, produire en bio ne pose pas de problème particulier, preuve en est le nombre insignifiant de producteurs ayant arrêté de produire en bio (moins de 1 par an en Bourgogne) pour retourner en conventionnel ces dernières années»[i]. La journée du 9 janvier a permis de nombreux échanges sur une série d’actions menées pour lutter contre les contaminations phytosanitaires et -surtout- les nitrates sur les bassins d’alimentation de captages (Bac) autour de Clamecy.

[INTER]Cellule d’animation «Grenelle»[inter]
Depuis avril 2013, en effet, plusieurs gestionnaires de captages [I]«Grenelle»[i] du secteur de Clamecy se sont associés avec l’Agence de l’Eau Seine-Normandie pour monter une cellule d’animation ayant pour objectif de préserver la qualité de la ressource en eau potable. Il s’agit de la mairie de Clamecy (captages de la Fontainerie et du Foulon), du Siaep de Surgy-Pousseaux (captage de Surgy), de la mairie de Dornecy (captage de Dornecy), de la mairie de Brinon-sur-Beuvron (captage du Pont-Ferré) et du Siaep des Vaux de Beuvron (captage de la Fontainerie). Basée à la mairie de Clamecy, la cellule est actuellement confiée à Guillaume Dalleau, en l’abscence de Jeanne Berranger, qui est chargé de réaliser les missions d’accompagnement des collectivités dans leur démarche [I]«Grenelle»[i] (études hydrogéologiques, diagnostic territorial par captage), de mener des projets de MAEt, de sensibiliser les acteurs non agricoles (collectivités, jardiniers amateurs...), d’assurer le suivi de la qualité de l’eau, de communiquer sur cette animation territoriale et, donc, d’organiser des journées techniques pour faire évoluer les pratiques. Celle du 9 janvier, co-organisée avec le Sedarb, est la première d’une série de réunions menées avec la Chambre d’agriculture en 2014: [I]«gestion de la fertilisation azotée»[i] le 6 février prochain, visites de parcelles en mars et [I]«leviers agronomiques pour les interventions d’automne»[i] en mai/juin. Selon Guillaume Dalleau, les collectivités gestionnaires sont [I]«particulièrement sensibles aux pollutions diffuses»[i], certains captages faisant l’objet de dérogations de l’Agence de l’Eau notamment pour des taux de nitrates supérieurs aux normes. [I]«L’objectif est d’amorcer une phase de réflexion sur une optimisation des pratiques agricoles en cours voire un changement vers des pratiques moins consommatrices en intrants»[i]. Et les agriculteurs de Clamecy semblent assez favorablement impliqués dans cette démarche.
[I]«Depuis 2006, plusieurs études de Bac dans le secteur ont vu
le jour et abouti à l’établissement de périmètres où des programmes d’action sont à l’oeuvre dans un objectif de réduction des pollutions diffuses»[i] ajoute Olivier Bouilloux.

[I]«L’Agence de l’Eau Seine Normandie apporte son soutien au Sedarb et à la mairie de Clamecy, dans leur mission d’animation de ces programmes, dont fait partie la sensibilisation à l’agriculture biologique, qui est aujourd’hui unanimenent reconnue comme le mode de production le plus favorable à la protection de la qualité des eaux»[i]. Alors, si en plus, l’AB se révèle aussi rentable économiquement.