Accès au contenu
Sécheresse

Une mission «calamités» dans la Nièvre

Mardi dernier, toute la journée, représentants syndicaux et de la Chambre d'€™agriculture de la Nièvre ont conduit deux responsables du service économie agricole de la DDT 58 à travers tout le département.
Par EC
Une mission «calamités» dans la Nièvre
Mardi dernier, toute la journée, représentants syndicaux et de la Chambre d'€™agriculture de la Nièvre ont conduit deux responsables du service économie agricole de la DDT 58 à travers tout le département. Sollicités par les professionnels, René Dufoux et Brigitte Boiron menaient une mission d'€™enquête en vue du classement de la Nièvre en "€œcalamités agricoles"€, suite à la sécheresse qui sévit depuis le début de l'€™année. Ils ont fait étapes sur six exploitations, où les attendaient les agriculteurs et les responsables syndicaux des cantons concernés. Herbe à deux tiers de rendements, feuilles jaunies et sols découverts sans repousse après déprimage: la disponibilité des fourrages suscite l'€™angoisse des éleveurs du Morvan (ici chez Michel et Pascal Lebel à Dommartin) qui, pour nourrir les bêtes, doivent affourrager depuis huit jours. Et encore, lorsqu'€™il reste des stocks de foin de l'€™automne dernier. L'€™état des prairies et des pâturages, en déficit de précipitations, parle de lui-même et le représentant de la DDT a indiqué «qu'€™il n'€™y aura sans doute aucune difficulté à soutenir le dossier», à l'€™issue de la journée. Reste à savoir quand. Le fonctionnaire va d'€™abord réaliser un rapport début juillet (qui sera complété par un autre tour de plaine dans le nord de la Nièvre) transmis à un Comité départemental d'€™expertise. Le préfet transmettra ensuite au ministère le rapport, accompagné du procès-verbal du comité ainsi que d'€™un avis. Le Comité national des assurances en agriculture, qui se réunit quatre fois par an, reconnaîtra ou non, en septembre, le caractère de "€œcalamité agricole"€. A partir de là, les déclarations de dommages pourront être envoyées pour des indemnisations, au mieux, en décembre. Ce calendrier ne satisfait pas les adhérents de la FDSEA58. Michel Prévotat a menacé «d'€™aller mettre le feu à Nevers si nous ne sommes pas entendus au plus vite par le ministère». Les éleveurs réclament des subventions exceptionnelles et «non pas des prêts à taux réduits». En fonction de ce que la météo réserve encore de probabilités de pleuvoir d'€™ici quinze jours («il faudrait 150 mm»), Bernard Blin, de Saint Hilaire en Morvan, estime son préjudice à au moins 8000 euros. «Inchiffrable mais au moins 30000 euros s'€™il ne pleut pas» se morfond-il. Et le cas n'€™est pas isolé, le manque de paille et les coûts de transport et de complémentation n'€™arrangeant rien. D'€™autant qu'€™après quatre ans de crise de l'€™élevage, les professionnels sont décidément... à sec.
E.C.