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Nouvelle sécheresse

Une météo bien capricieuse

Le secteur agricole constate d’année en année le changement  climatique.  Après un  printemps  très pluvieux  avec de nombreuses inondations,  cet  été  très chaud et très  sec  compromet  fortement la  situation  dans  de nombreuses exploitations d’élevage, mais aussi  l’implantation des prochaines  cultures en particulier pour le colza.
Par La FRSEA Bourgogne Franche-Comté
Une météo bien capricieuse
Il est difficile de dresser un bilan à ce jour, car les situations sont très contrastées sur l’ensemble de la région Bourgogne-Franche-Comté. Les quelques pluies d’orage ont été très hétérogènes.

Des mesures d’urgence seront à prendre pour les exploitations les plus touchées par cette canicule et cette sécheresse, mais cette situation met aussi en évidence l’urgence de réadapter les systèmes pour les rendre moins vulnérables à ces évolutions du climat.

Les données de Météo France
Les premières données de météo France confirment l’analyse des agriculteurs(rices) sur le terrain, le mois de juillet a été particulièrement chaud et ensoleillé, avec dans certains secteurs l’absence totale de pluie. Pour la Région, ce sont la Haute-Saône, une partie de l’Yonne et de la Côte d’Or, les plaines et les premiers plateaux du Doubs et du Jura qui ont été les plus touchés, dans une moindre mesure la Nièvre, la Saône-et-Loire et le Territoire de Belfort.
Ces chaleurs et ce manque de pluie sont exceptionnels par rapport aux moyennes décennales et les cartes de Météo France sont très parlantes. Si d’ores et déjà pour certains secteurs l’impact est considérable avec un affouragement comme en hiver pour les animaux dans les prairies jaunes comme des paillassons. La récolte du maïs fourrage, prévue cette semaine dans certains secteurs, est bien compromise avec des rendements dérisoires. Par exemple, le secteur de Besançon, avait reçu moins de 22 mm d’eau au 20 juillet, … Tout n’est pas encore joué et cela va dépendre, pour les petites régions les moins touchées pour l’instant, du temps qu’il fera au mois d’août.

Un coup de main
«D’ores et déjà en Haute-Saône, des commandes supplémentaires de paille sont prévues avec la Marne. Les prix n’ont pas été encore finalisés. La coopérative Interval prévoit de préparer un aliment spécifique pour les exploitations en manque de fourrages. Le conseil départemental et la Région devront nous donner un coup main pour passer ce cap difficile» indique Thierry Chalmin, président de la Chambre d’agriculture.

Pour la Côte d’Or, Fabrice Faivre, président de la FDSEA 21, précise : «la situation du département est très différente suivant les secteurs. Le département est coupé en trois. Le nord du département ne prend rien, pas une pluie ! L’ouest est irrégulier, pour l’instant il n’y a pas difficultés dans le sud. Si le mois d’août est aussi sec que le mois de juillet, cela va commencer à être difficile». «Dans le Morvan, on morfle», tempère Jean-Pierre Fleury, président d’Interbev Bourgogne Franche-Comté : «les maïs sont en train de crever sur pied. Les points d’eau lâchent rapidement , certains secteurs sont passés à côté de tous les orages, nous n’avons pas une goutte de pluie depuis juin».
Dans l’Yonne, «hormis le secteur de la Puisaye qui a pris un peu d’eau, le reste du département est sec. Les orages ont été très épisodiques. Il a plu trois fois rien. Les maïs vont être ensilés. Pour les semis des colzas, c’est archi sec» explique Damien Brayotel, président de la FDSEA 89.
Une vigilance indispensable
Frédéric Perrot, président de la FRSEA , a souhaité provoquer une réunion fin juillet pour faire une première évaluation de la situation. L’occasion d’alerter, dans un premier temps, les autorités régionales sur la situation des exploitations agricoles déjà fortement fragilisées par des crises qui perdurent pour plusieurs productions. Dans un second temps, il faudra notamment pouvoir adapter les systèmes de production en créant des réserves d’eau ou en agrandissant les bâtiments pour le stockage des fourrages.