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Mécanisation

Le collectif peut apporter des solutions

À l'occasion de l'Assemblée Générale des Jeunes Agriculteurs, le 26 mars dernier, une intervention a été réalisée sur l'augmentation des charges de mécanisation.

Par Charlotte Sauvignac
Mécanisation
Au cours de l'AG des JA, Sylvain Deseau, conseiller en agro équipement a décidé de faire une intervention sur les charges de mécanisation.

En seconde partie de l'assemblée générale des JA, Sylvain Deseau, conseiller en agroéquipement à la Chambre d'agriculture du Loiret, est intervenu pour savoir « si les agriculteurs ont la possibilité d'enrayer l'augmentation en lien avec les charges de mécanisation ». D'après des chiffres rendus officiels par Cerfrance, les charges de mécanisation sont passées d'environ 300 euros en 2010 à 532 euros en 2024. Ces chiffres comprennent « 30 % de charges totales et 50 % de charges de structure », chiffre le conseiller en agroéquipement. En entrant dans les détails, Sylvain Deseau explique que les charges de mécanisation comprennent des charges fixes (emprunts, assurance, frais de gestion, intérêt des capitaux) et des charges variables (gazole non routier). Ces deux charges ont donc « une incidence directe sur le prix de revient des matériels, souvent réalisés par des prestataires de services ». Après avoir décortiqué ce à quoi correspondent « les charges de mécanisation », Sylvain Deseau lance une nouvelle piste de réflexion et révèle que « les charges fixes coûtent cher ». Depuis la sortie de la pandémie de Covid en 2021, nous avons « connu une explosion du prix du matériel, avec + 7 % en six mois ». Cette hausse a continué à évoluer au cours des années. D'après l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), « le prix du matériel agricole a augmenté de 58 % en 20 ans et le prix des tracteurs de près de 55 % ». À cela s'ajoute « le fait que les matériels agricoles ont continué à évoluer en intégrant ou améliorant le freinage, l'Isobus, l'autoguidage », liste-t-il, à titre d'exemple, pour qu'ils soient plus « performants ».

De belles perspectives ?

En poursuivant sur les raisons de l'augmentation des charges de mécanisation, il interpelle les agriculteurs, en annonçant « que le contexte actuel au Proche et Moyen-Orient a joué un rôle direct sur le prix du gazole non routier ». En février, on observait un prix du GNR à 1,25 euro le litre, alors qu'aujourd'hui il s'élève à près de 1,70 euro le litre. En dernier facteur, Sylvain Deseau évoque l'évolution du prix de l'entretien et de la réparation avec « une hausse de 90 % en 30 ans, toujours d'après l'Insee ». Cette hausse intègre bien évidemment plusieurs aspects comme « l'augmentation du prix de la main-d’œuvre, des pièces, etc. ». En parallèle, l'usage de rendez-vous au sein de garages agricoles semble avoir changé. « Nous observons davantage des actions préventives que des réparations suite à des pannes », analyse-t-il.

Pour contrer cette problématique multifactorielle, le conseiller en agroéquipement s'adresse aux agriculteurs présents dans la salle en parlant de l'importance de « diluer les investissements pour permettre de faire des économies ». « En mutualisant l'achat de matériel, en partageant les coûts d'utilisation, en optimisant les chantiers et en partageant l'amortissant ; nous avons observé une reprise d'activité du réseau des Cuma, facilité par les subventions ». Au sein d'une Cuma, les agriculteurs pourraient également « engager un mécanicien pour s'occuper du matériel commun, ce qui permettrait aux agriculteurs de se partager les charges », ou de « se former soi-même pour être le plus autonome possible ».