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Zones intermédiaires

Une avancée en forme de reconnaissance

C'est dans le bureau du ministre de l'Agriculture que les zones intermédiaires représentées par Emmanuel Bonnardot, viennent de se voir attribuer quelques compensations, susceptibles de limiter partiellement l'impact jugé catastrophique du ré-équilibrage de la PAC.
Par Anne-Marie Klein
Le groupe zones intermédiaires a maintes fois réitéré ses revendications d'un meilleur traitement de ces régions fragiles (et encore plus fragilisées après le ré-équilibrage des soutiens) où les terres peinent à exprimer leur potentiel. Plus d'équité et des solutions pérennes qui rééquilibrent vraiment les chances entre productions et entre régions, voilà ce que Emmanuel Bonnardot, président de la FDSEA 21 et porte-parole des zones intermédiaires, est venu chercher à Paris dans le bureau du ministre de l'Agriculture. L'entretien, organisé par François Sauvadet, député de Côte d'Or, président du Conseil général, s'est déroulé en présence de Michel Barnier et de sa directrice de cabinet adjointe, Dominique Brumbaun. Pour entourer le représentant des zones intermédiaires et soutenir l'initiative : Alain Suguenot, député maire de Beaune, Rémi Delatte, député, François Sauvadet et Alain Houpert, sénateur, avaient aussi fait le déplacement.
Après une heure d'entretien, Emmanuel Bonnardot a le sentiment que la problématique des zones -bien posée- a été tout aussi bien comprise. "[I]Nous avons été entendus, au moins partiellement[i]". Deux mesures étaient particulièrement revendiquées par le groupe zone intermédiaire. Au titre du 1er pilier : la priorité à l'attribution du solde des aides découplées (11/25èmes) aux exploitations des zones intermédiaires. Sur ce premier point le groupe zone intermédiaire s'est vu opposer [I]I"une absence de décision[i]". Sur ce point, "[I]La porte reste fermée[i]" déplore Emmanuel Bonnardot. Pourtant, "[I]Obtenir satisfaction, même sur une fraction de ces 11/25ème, nous auraient permis de nous trouver en meilleure position dans la perspective de réduction du budget de la PAC en 2013, perspective confirmée par le ministre[i]". Cette absence de décision pénalise les zones intermédiaires mais surtout "[I]dénote un manque d'anticipation du gouvernement français par rapport à l'après 2013"[i].
Heureusement, la seconde revendication du groupe zone intermédiaire a trouvé un écho favorable. Plusieurs mesures de "diversification des assolements" (anciennement, mesure rotationnelle) laissent espérer "[I]un retour sur les exploitations de ces zones de 30€ par hectare de COP. Nous sommes assez loin des 50€/ha revendiqués et nous devons encore caler les modalités de retour de ces soutiens sur le terrain, mais cette avancée prouve que nous avons été quand même entendus. Ce retour, même partiel, va permettre d'atténuer quelque peu l'impact de l'article 63[i]". Mieux encore "nous repartons avec l'assurance qu'un représentant des zones intermédiaires va participer au groupe de travail qui planche sur ces questions". Une décision en forme de reconnaissance pour les zones intermédiaires, dont les problématiques spécifiques sont pour la première fois officiellement prises en compte, même partiellement.
"[I]Les choses ne sont pas figés, le travail de groupe va permettre de veiller à tous les points qui pourront profiter à nos zones[i]". Une demande complémentaire a aussi été satisfaite sans restriction par le ministre de l'Agriculture : le soja va intégrer le dispositif de soutien aux protéines, cette production à forte valeur protéique, présente aussi un intérêt agronomique et environnemental.
Au final, si quelques portes sont restées fermées, "[I]celles qui se sont ouvertes apportent des perspectives d'avenir aux exploitations des zones intermédiaires[i]" conclut Emmanuel Bonnardot. Le ministre peut être en tout cas être assuré que "[I]les représentants des zones intermédiaires resteront attentifs au sort qui leur sera fait. La reconnaissance de nos spécificités et de nos handicaps est une première avancée importante, la possibilité de voir revenir sur nos exploitations presque la moitié de ce que l'article 63 nous enlevait représente aussi un acquis appréciable, pour la suite, nous restons vigilants et déterminés[i]".