Un seul et même message
Le 22 décembre, la Chambre d'agriculture de la Nièvre et le GDS 58 organisaient une réunion d'information sur la DNC.
La Chambre d'agriculture de la Nièvre (CA 58) et le GDS 58 proposaient une réunion d'information sur la DNC, le 22 décembre à Châtillon-en-Bazois. Une réunion très suivie par les professionnels, avec plus d'une centaine de personnes présentes. Cyrille Forest introduit les échanges : « Il était important pour moi et la CA 58 de donner les informations que nous avons au quotidien et que nous peinons à relayer à travers les réseaux. De ce fait, rien de tel que la communication en direct pour permettre à chacun d'avoir les bonnes informations et prendre les décisions ou initiatives qu'il voudra ensuite. Il est également important de soutenir et respecter vos vétérinaires qui sont là pour vous épauler ». De son côté, Bertrand Léger, président du GDS 58, stipule : « Même si le département n'est pas encore touché par cette épidémie, il y a un besoin évident d'informations factuelles, scientifiques et vérifiées, et ce en dehors du brouillard qu'engendrent les informations diffusées sur les réseaux ».
En l'essence
Afin de présenter les données, étaient donc conviés : Rodolphe Morizot, directeur du GDS 58, Coline Armand, adjointe au chef de service Santé, protection animale et environnement à la DDETSPP et pour le GTV : Dr Philippe Salvé et Dr Anne Baltazart, Dr Rémi Picard. Ils mirent en évidence l'évolution de la maladie au sein d'un cheptel, avec, notamment, la présentation des cas subcliniques contagieux, mais sans nodules, et la difficulté à les différencier des cas sains. Il fut rappelé que la diffusion se réalise par vecteurs et mouvements, avec une maladie mettant un certain temps à se développer dans le lot infecté. Là, il fut évoqué une incubation de 4 à 14 jours mais pouvant aller jusqu'à 35 jours. Le Groupement vétérinaire rappelle que la France connaît pour la première fois la circulation du virus et que les dégâts peuvent être plus importants dans un pays où l'immunité n'est pas encore faite. Et, il fut martelé : « La DNC est une maladie virale, ni l'ivermectine (antiparasitaire), ni les antibiotiques (antibactériens), ni la propolis (antiseptique) ne sont efficaces contre le virus ». La situation au 19 décembre 2025 comptabilise 113 foyers, avec une zone réglementée de 50 km autour des foyers et un renforcement des contrôles routiers, entre autres.
Expérience et prise de conscience
Après ces explications, Nicolas Arpin (éleveur en Haute-Savoie) fut invité à partager son témoignage puisqu'il est le premier éleveur touché par la DNC dans son département et a subi un dépeuplement de son cheptel. Cyrille Forest réagit : « Nous pensons connaître la pénibilité de se séparer de son troupeau, même pour le bien collectif ». Nicolas Arpin explique : « C'est comme perdre un membre de la famille, mais cette maladie très contagieuse et fourbe, et avec les éléments que j'ai eus avec les scientifiques je pense que ce sacrifice a permis d'arrêter la propagation dans notre secteur. Donc, s'il fallait le refaire, je le referais pour protéger les autres ». Bertrand Léger détaille : « Dans une crise sanitaire importante, il est nécessaire de travailler de manière collective avec tous les acteurs de la filière afin que tout le monde travail de concert au travers d'un seul et même message, car il ne peut y avoir d'efficacité dans la confusion ». Il conclut : « Les protocoles ne sont pas le fruit du hasard. En effet, la stratégie a été validée sur des informations basées sur la biologie particulière de la maladie. Certes, il y a un côté émotionnel humain indéniable, mais l'urgence est de combattre l'épidémie rapidement pendant la période hivernale car l'activité vectorielle est moindre – mais pas nulle. C'est donc dans cette période que la bataille doit être menée, avant le lâcher car à ce moment-là l'activité vectorielle reprendra de plus belle. Aujourd'hui, la Nièvre est indemne et le maintient de cette situation tient de la responsabilité collective ».