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Élevage bovin

La décapitalisation au cœur des inquiétudes

La section bovine de la FDSEA 58 a organisé une réunion de travail autour de la thématique « Faire naître des veaux » avec les acteurs de la filière bovine le mardi 31 mars à la Sicafome.

Par Casandra Deperchin (FDSEA58)
La décapitalisation au cœur des inquiétudes
La réunion tenue à la Sicafome de Moulins-Engilbert a permis un tour d'horizon assez préoccupant de l'élevage bovin dans le département.

À l'initiative de la section bovine de la FDSEA 58, une visite du marché au cadran de la Sicafome, à Moulins-Engilbert, suivie d’une réunion de travail, était organisée mardi 31 mars. La réunion de travail réunissait l’ensemble des acteurs de la filière bovine. Étaient présents : les parlementaires, le Conseil départemental de la Nièvre, la Sicafome, la Sicarev, Feder, Elvea 71-58, le Crédit Agricole, la Banque Populaire, le GDS, les vétérinaires, le Herd-Book Charolais, les Jeunes Agriculteurs de la Nièvre, la Chambre d’agriculture, la DRAAF BFC et la DDT. Cette réunion avait pour but d’amorcer les réflexions autour de la thématique « Faire naître des veaux » et de remettre la productivité au centre des échanges. Romaric Gobillot, président de la section bovine, a présenté la conjoncture nationale, régionale et départementale de la filière bovine. L’inquiétude est importante compte tenu de la forte décapitalisation.

La Nièvre très affectée

Avec une baisse de 20 % des naissances des vaches allaitantes dans la Nièvre, le département a le triste trophée de la plus forte baisse de la région BFC. Les cours soutenus ne suffisent pas au maintien des vêlages. Au fil des échanges, on s'apercevait que le potentiel de production n’est pas optimisé, le chargement par hectare avoisine 1 UGB tandis qu’il y a quelques années il était à 1,2 UGB. Romaric Gobillot explique : « cette baisse de production se traduit par le changement climatique, les hectares repris qui sont improductifs… Il y a encore du travail à faire. » Suite à ce constat, le président de la section bovine a présenté les différents modes de commercialisation : « dans la Nièvre nous avons deux marchés au cadran, deux coopératives, Elvea 71-58, deux abattoirs et des marchands privés ; de quoi donner un large choix aux éleveurs. » Ces différents modes de vente des animaux sont primordiaux pour maintenir la production sur le territoire et également pour satisfaire les différents modèles d’exploitations. L’élevage est à sauvegarder : la section bovine a démontré que derrière chaque éleveur il y a 7 à 10 personnes qui ont un emploi. Ils concernent des services comme la banque, la Chambre d’agriculture, les syndicats, la DDT, les vétérinaires, les marchands de matériels et bien d’autres.

Importance économique

Dans la Nièvre, l’agriculture est le premier pôle économique, il est primordial de le préserver pour maintenir l’attractivité dans les territoires. De plus, l’élevage rend service aux territoires improductifs, à la souveraineté alimentaire, au patrimoine gastronomique, au paysage, au tourisme, à l’alimentation (humaine et animale). Il rend surtout service à l’environnement au travers de la gestion de l’eau, de la production, et au maintien de la biodiversité, de l’amélioration de la qualité de l’air, du captage du carbone, et donc à la réduction des gaz à effets de serre. La présentation du contexte s’est achevée par une parenthèse autour du sanitaire et du besoin flagrant de « vétérinaires repartis sur le territoire car sans eux les éleveurs sont en grandes difficultés pour les vêlages, le soin aux animaux, le suivi sanitaire… » La section bovine a aussi expliqué l’urgence d’avoir une banque d’antigène avec des vaccins efficaces pour faire face aux maladies émergentes comme la DNC, la MHE, la FCO. Le volet sanitaire des élevages est difficilement maîtrisable par les exploitants, ceux-ci demandent que l’État prenne ses responsabilités notamment face à la recrudescence de la tuberculose. À l’issue de cette présentation, les participants ont travaillé sur une première réflexion dans le but de construire ensemble l’avenir de l’élevage dans la Nièvre. Une prochaine réunion est prévue le 29 avril pour approfondir ces travaux.