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Agriculture périurbaine

Un séminaire entre élus des villes et élus des champs

A l'€™instigation de la Communauté d'€™agglomération de Nevers, une journée de travail a été organisée, le 30 novembre, entre élus municipaux du Grand Nevers et ceux des communes rurales adhérant à son nouveau Schéma de Cohérence Territoriale (Scot), en présence d'€™éric Bertrand, président de la Chambre d'€™agriculture et Jean-Luc Desbrosses, président de la Safer Bourgogne Franche-Comté.
Par Emmanuel Coulombeix
Un séminaire entre élus des villes et élus des champs
éric Bertrand (CA58), Robert Lecas (ADN), Jean-Luc Desbrosses (Safer) ont posé les enjeux de ce séminaire sur l'agriculture périurbaine, organisé à l'ADN par Didier Boulaud (à gauche), son président.
Le Scot du Grand Nevers, récemment mis en place et dont le diagnostic a été réalisé par la Chambre d'€™agriculture de la Nièvre, réunit 49 communes (sur 6 communautés de communes) dans un triangle allant de Saint-Aubin-les-Forges, au Nord, à Diennes-Aubigny, à l'€™Est, et Saint-Pierre-le Moutier au sud. Il englobe la zone très urbanisée de l'€™Agglomération de Nevers (ADN) ainsi que deux communes encore non rattachées à une intercommunalité. L'€™originalité de cette journée était de faire se rencontrer, pour la première fois, des élus et des responsables professionnels à propos du développement du territoire. Entre réalités des villes et réalités des champs. Il est vrai que depuis les années 70, le développement s'€™est fait de façon assez anarchique, de nombreux citadins devenant propriétaires à la campagne, des agriculteurs valorisant leurs produits en vendant directement sur les marchés ou à la ferme, la ville s'€™étalant dans le même temps de plus en plus sur les espaces agricoles et les zones naturelles par la création de routes, de zones commerciales, d'€™activités ou pavillonnaires... On appelle ce phénomène la périurbanisation, les agriculteurs évoquant souvent les termes de «grignotage» ou d'€™ «artificialisation», quand dans le même temps ceux d'€™entre eux qui continuent à cultiver leurs champs ou élever leurs animaux à côté des maisons sont les tenants d'€™une «agriculture périurbaine».

[INTER]«Anticipation et dialogue»
[inter]En trois tables rondes, consacrées à «l'€™agriculture, activité économique», à «la contribution de l'€™agriculture à la préservation de la biodiversité» et à «l'€™agriculture et l'€™aménagement du territoire», le séminaire n'€™a pas répondu aux questions qui se font jour dans la concurrence plus accrue des différentes activités humaines. Mais il a eu le mérite de mettre à plat les enjeux devant des acteurs qui jusque, là s'€™ignoraient, les intérêts de chacun se révélant souvent contradictoires. L'€™habitat, les voies de communication, le développement économique, les attentes des citoyens vis-à-vis de l'€™agriculture, le besoin de compétitivité des exploitations agricoles; les conditions d'€™un avenir plus harmonieux du territoire ont été évoquées sans faux semblant, Eric Bertrand et Jean-Luc Desbrosses insistant dorénavant sur «la nécessaire prise de conscience, l'€™anticipation, l'€™échange et le dialogue» qui doivent présider aux décisions d'€™aménagement. «Pas question pour nous de remettre en cause le développement des projets économiques, la Nièvre étant ce qu'€™elle est en termes d'€™activités, mais çà n'€™autorise pas n'€™importe quoi» a répondu le résident de la Chambre d'€™agriculture à Didier Boulaud, le président de l'€™ADN et du Scot. Et le président de la Safer d'€™appuyer: «s'€™il n'€™y a plus d'€™emplois pour les conjoints, c'€™est aussi l'€™avenir de l'€™agriculture et des territoires qui est en cause, celui-là même qui risque de voir vider la campagne de ses activités, de ses services, de ses écoles»...
Désormais, l'€™initiative et les prises de risques pour les porteurs de projets, doivent se mesurer à l'€™aune de l'€™intérêt général pensé dans toutes ses dimensions.