Agriculture périurbaine
Un séminaire entre élus des villes et élus des champs
A l'instigation de la Communauté d'agglomération de Nevers, une journée de travail a été organisée, le 30 novembre, entre élus municipaux du Grand Nevers et ceux des communes rurales adhérant à son nouveau Schéma de Cohérence Territoriale (Scot), en présence d'éric Bertrand, président de la Chambre d'agriculture et Jean-Luc Desbrosses, président de la Safer Bourgogne Franche-Comté.
Le Scot du Grand Nevers, récemment mis en place et dont le diagnostic a été réalisé par la Chambre d'agriculture de la Nièvre, réunit 49 communes (sur 6 communautés de communes) dans un triangle allant de Saint-Aubin-les-Forges, au Nord, à Diennes-Aubigny, à l'Est, et Saint-Pierre-le Moutier au sud. Il englobe la zone très urbanisée de l'Agglomération de Nevers (ADN) ainsi que deux communes encore non rattachées à une intercommunalité. L'originalité de cette journée était de faire se rencontrer, pour la première fois, des élus et des responsables professionnels à propos du développement du territoire. Entre réalités des villes et réalités des champs. Il est vrai que depuis les années 70, le développement s'est fait de façon assez anarchique, de nombreux citadins devenant propriétaires à la campagne, des agriculteurs valorisant leurs produits en vendant directement sur les marchés ou à la ferme, la ville s'étalant dans le même temps de plus en plus sur les espaces agricoles et les zones naturelles par la création de routes, de zones commerciales, d'activités ou pavillonnaires... On appelle ce phénomène la périurbanisation, les agriculteurs évoquant souvent les termes de «grignotage» ou d' «artificialisation», quand dans le même temps ceux d'entre eux qui continuent à cultiver leurs champs ou élever leurs animaux à côté des maisons sont les tenants d'une «agriculture périurbaine».
[INTER]«Anticipation et dialogue»
[inter]En trois tables rondes, consacrées à «l'agriculture, activité économique», à «la contribution de l'agriculture à la préservation de la biodiversité» et à «l'agriculture et l'aménagement du territoire», le séminaire n'a pas répondu aux questions qui se font jour dans la concurrence plus accrue des différentes activités humaines. Mais il a eu le mérite de mettre à plat les enjeux devant des acteurs qui jusque, là s'ignoraient, les intérêts de chacun se révélant souvent contradictoires. L'habitat, les voies de communication, le développement économique, les attentes des citoyens vis-à-vis de l'agriculture, le besoin de compétitivité des exploitations agricoles; les conditions d'un avenir plus harmonieux du territoire ont été évoquées sans faux semblant, Eric Bertrand et Jean-Luc Desbrosses insistant dorénavant sur «la nécessaire prise de conscience, l'anticipation, l'échange et le dialogue» qui doivent présider aux décisions d'aménagement. «Pas question pour nous de remettre en cause le développement des projets économiques, la Nièvre étant ce qu'elle est en termes d'activités, mais çà n'autorise pas n'importe quoi» a répondu le résident de la Chambre d'agriculture à Didier Boulaud, le président de l'ADN et du Scot. Et le président de la Safer d'appuyer: «s'il n'y a plus d'emplois pour les conjoints, c'est aussi l'avenir de l'agriculture et des territoires qui est en cause, celui-là même qui risque de voir vider la campagne de ses activités, de ses services, de ses écoles»...
Désormais, l'initiative et les prises de risques pour les porteurs de projets, doivent se mesurer à l'aune de l'intérêt général pensé dans toutes ses dimensions.
[INTER]«Anticipation et dialogue»
[inter]En trois tables rondes, consacrées à «l'agriculture, activité économique», à «la contribution de l'agriculture à la préservation de la biodiversité» et à «l'agriculture et l'aménagement du territoire», le séminaire n'a pas répondu aux questions qui se font jour dans la concurrence plus accrue des différentes activités humaines. Mais il a eu le mérite de mettre à plat les enjeux devant des acteurs qui jusque, là s'ignoraient, les intérêts de chacun se révélant souvent contradictoires. L'habitat, les voies de communication, le développement économique, les attentes des citoyens vis-à-vis de l'agriculture, le besoin de compétitivité des exploitations agricoles; les conditions d'un avenir plus harmonieux du territoire ont été évoquées sans faux semblant, Eric Bertrand et Jean-Luc Desbrosses insistant dorénavant sur «la nécessaire prise de conscience, l'anticipation, l'échange et le dialogue» qui doivent présider aux décisions d'aménagement. «Pas question pour nous de remettre en cause le développement des projets économiques, la Nièvre étant ce qu'elle est en termes d'activités, mais çà n'autorise pas n'importe quoi» a répondu le résident de la Chambre d'agriculture à Didier Boulaud, le président de l'ADN et du Scot. Et le président de la Safer d'appuyer: «s'il n'y a plus d'emplois pour les conjoints, c'est aussi l'avenir de l'agriculture et des territoires qui est en cause, celui-là même qui risque de voir vider la campagne de ses activités, de ses services, de ses écoles»...
Désormais, l'initiative et les prises de risques pour les porteurs de projets, doivent se mesurer à l'aune de l'intérêt général pensé dans toutes ses dimensions.