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Maraîchage

Un secteur attractif en développement

Il y aurait un réel engouement pour le maraîchage. C’est en tout les cas le sentiment de la Chambre d’agriculture de la Nièvre qui constate une augmentation du nombre de porteurs de projets. Phénomène de mode ou réel mouvement de fond ? Plusieurs témoignages illustrent quelques pistes de développements possibles.
Par Théophile Mercier
Un secteur attractif en développement
Aurélie Jacquot dans son potager à Rouy
Jardin de Marigny : un succès qui ne se dément pas, et un succès qui ne faiblit pas. Le jardin de Marigny situé à Sauvigny-les-Bois accueille depuis une trentaine d’années des clients en recherche de produits frais et de qualité. Ce matin de juillet, une vingtaine de personnes habitués ou simple clients de passage, patientent déjà devant les grilles en attendant l’ouverture. En parcourant les allées, ils ont pu découvrir les 8 hectares  de cultures, proposés à la récolte et à la cueillette pendant six mois. Actuellement, le produit phare c’est la tomate que les clients peuvent trouver en abondance. «Nous avons 1300 pieds cultivés sous serre, ce qui nous permet de gagner en précocité. Nous limitons également ainsi le risque de mildiou» nous explique Mathilde Lafaye, la gérante du Jardin de Marigny.
Les plants sont produits par une entreprise située à Gien. En continuant la balade à travers les allées, on peut encore trouver des fraises, produit historique du Jardin de Marigny. Des fraises cultivées en pleine terre ou hors sol, avec ou sans abris. «Nous sommes en mesure aujourd’hui de proposer à nos clients des fraises du 10 mai au 10 octobre» se réjouit Mathilde Lafaye. Enfin, le tour du jardin se termine par la découverte des pommes de terres. Trois hectares sont proposés aux clients, déclinées sous différentes variétés : la Laurette et la Charlotte à chair ferme, la Marabel qui est une variété polyvalente enfin la Chérie à peau rouge et la Ratte.

Les facteurs de réussite
Mathilde Lafaye le reconnaît, le principal facteur de réussite de son jardin tient à l’irrigation : «Nous avons fait le choix de stocker notre eau. Aucun captage n’est réalisé dans la nappe phréatique, il s’agit uniquement de l’auto consommation. Mais sans cette ressource nous n’aurions pas pu nous développer» L’autre facteur de réussite, c’est d’avoir su il y a trente ans proposer un service nouveau. Les clients rencontrés dans les allées semblent satisfaits à l’image de Jean-Luc Mallard. «J’habite à quelques kilomètres du jardin de Marigny, je peux y venir régulièrement. C’est pratique lorsque l’on ne dispose que d’un petit lopin  de terre». Jean-Yves et Beatrice Ingrassia eux, sont de l’Hérault et ils se rendent aux jardins à chaque fois qu’ils séjournent dans leur maison à la Fontaine. «Nous venons surtout chercher de quoi faire de la soupe et de la ratatouille. Nous pouvons ainsi manger des produits de Marigny tout l’hiver» expliquent-ils.

L’avenir Mathilde Lafaye l’envisage sereinement. «Nous n’allons pas chercher à faire autre chose que ce l’on fait déjà, c’est à dire être proche du client. Pour ce qui est du maraîchage dans le département, j’estime qu’il y a de la place pour tous le monde. Simplement, il faut bien avoir en tête que la Nièvre n’est pas historiquement un territoire de maraichage. Nous avons un climat semi-continental, avec des écarts de températures importants. C’est un climat difficile pour les plantes et c’est une donnée à prendre en compte pour développer cette production» conclut-elle.

Aurélie Jacquot : le choix du bio

Aurélie Jacquot à 36 ans.  Elle dirige depuis quatre ans «le potager d’Auré» à Rouy. Elle a fait le choix de se tourner vers l’agriculture biologique «par conviction» dit-elle. Elle est venu au maraîchage à la suite d’une remise en question. «Je voulais au début offrir une meilleure alimentation à mes enfants» À ses débuts, Aurélie avoue avoir eu du mal à trouver des terres disponibles «Je me suis heurtée à beaucoup d’oppositions. Comme le maraîchage n’était pas une priorité dans le département, il était difficile de trouver ne serait-ce qu’un hectare.» Pour développer son entreprise, Aurélie a fait appel à la DJA. Elle a pu obtenir 29 000 euros. Aujourd’hui après le quatrième exercice comptable, son entreprise est à l’équilibre, mais elle préfère rester prudente. «J’estime qu’il faut attendre la cinquième année pour tirer des conclusions sur la santé économique de mon entreprise.» D’autant que la jeune femme peine encore à dégager un salaire correct.
Pourtant les débouchés sont là : elle livre sous forme de paniers le supermarché de Rouy, elle fournit les cantines scolaire du secteur et elle est également présente en vente directe à son jardin ou aux marchés de Decize, Rouy et la Fermeté. À l’avenir, elle aimerait cultiver plus de légumes de plein champs pour répondre à la demande des collectivités locales. «Le problème de notre secteur, c’est que la demande est importante mais nous n’avons pas les volumes suffisants pour y faire face. La solution serait certainement la mutualisation.»
Contact : 06 78 52 13 00