Dans la Nièvre, un paysage très diversifié
Le Groupement des agriculteurs bio de la Nièvre (Gabni) s'est réuni près de Decize. À l’instar du contexte national, l'agriculture bio départementale constate une stagnation du nombre de ses fermes, mais des productions de plus en plus diversifiées.
L'assemblée générale du Groupement des agriculteurs bio de la Nièvre s'est tenue le 10 mars à Saint-Germain-Chassenay, près de Decize. En 2025, le secteur représentait 304 fermes pour 27 000 ha (dont certains en conversion). Un chiffre en légère baisse. Le paysage des productions se montre très diversifié en lien, notamment avec les profils et les projets des nouveaux installés. Les grandes cultures, l'élevage de bovins viande, les productions maraîchères et la viticulture tiennent les places principales. Néanmoins, on trouve aussi des fruits, de l'apiculture, des bovins lait, des œufs, des ovins viande, de la volaille de chair, des ovins lait ou des caprins. Dans ce paysage global, en Nièvre comme dans beaucoup d'autres régions, la dynamique de conversion en bio s'est ralentie ces dernières années. Le nombre de fermes ne progresse quasiment plus depuis 2021, mais il reste stable. Les ha en conversion affichent une régression.
Demande d'un soutien fort de l'État
Plus préoccupant : au Gabni, on fait aussi le constat de déconversions ou de fermes bio reprises, mais en conventionnel. 2025 aura été particulièrement marquée par un nombre assez important d'arrêts de bio en grandes cultures. Face à ce contexte, plusieurs participants à l'assemblée générale soulignaient le besoin d'un soutien fort de l'État envers l'agriculture bio. Soutien qui n'est pas flagrant aujourd'hui. C'est le manque de stratégie à long terme sur le bio qui est déploré alors même que le marché des produits bio donne des signes de redémarrage, après un creux d'au moins d'eux ans. Dans mes magasins spécialisés, 2025 a vu une hausse de 6,5 % en valeur, de la consommation et c'est même plus marqué en vente directe, avec + 7 % sur le premier semestre 2025. Du côté de la distribution en grande surface, le redressement est aussi présent, mais de manière plus légère. Pour le Gabni, il importe aussi d'activer dès à présent certains leviers : la rémunération des services environnementaux de la bio, par la PAC ou d'autres sources de financement, le prolongement du crédit d'impôt bio, une amélioration de l'accompagnement à l'installation ou la transmission.
Bio et précarité
La seconde partie de l'assemblée générale permettait d'entendre deux représentants du secours Catholique de la Nièvre venus plaider pour une amélioration de l'alimentation des plus précaires, pour laquelle la bio peut jouer un rôle. La difficulté étant, à leur niveau, de se constituer un réseau suffisamment important de fournisseurs. Des initiatives sont déjà en place : création de groupements d'achats à Corbigny, tentative de mise en place d'un système de chèques alimentaires fléchés sur des productions locales, à Luzy… le problème est que les producteurs bio ont déjà, pour beaucoup d'entre eux, leurs clientèles et qu'ils ne disposent pas d'une production apte à mieux répondre à ces attentes. On est plus sur un problème d'offre que de demande. Les prochains rendez-vous marquant pour le Gabni seront : une journée accompagnement PAC, le 16 avril à Avallon, dans l'Yonne et, le 28 avril, l'AG de Bio BFC à Champvans, dans le Jura.