Un petit retour en arrière
Les membres du bureau de JA21 reviennent sur leurs études et donnent de précieux conseils aux plus jeunes.
Des jeunes qui parlent à des plus jeunes : si vous avez plus de 20 ans, ne lisez pas cet article, il ne vous intéressera pas. Si vous êtes en revanche à l'école, ces témoignages peuvent attirer votre attention et peut-être vous servir. Les treize membres du tout nouveau bureau de JA 21 évoquent ici leurs parcours scolaires, partagent leurs satisfactions et leurs éventuels regrets. Chacun d'entre eux est invité à donner un conseil aux futurs agriculteurs.
Juliette Martin (Gevrolles) : « Après un BTS agronomie productions végétales à Quetigny, j'ai obtenu une licence professionnelle en agronomie, spécialité agriculture, durabilité et nouvelles technologies à Dijon en 2015. Ma plus grande satisfaction est d'avoir fait cette licence en contrat pro, cela m’a ouvert des portes pour pouvoir trouver du travail à la fin de mes études ! Je ne sais pas si j’ai des conseils à donner, mais j’ai trouvé que faire une partie de ses études en apprentissage a été vraiment formateur, on apprend beaucoup en étant sur le terrain ! Pareil, les stages que j’ai réalisés en BTS m’ont permis de déterminer ce que je voulais faire et ce que je ne voulais pas faire. C'était très important pour moi ».
Cyril Bret (Bure-les-Templiers) : « Je suis titulaire d'un BTS Agronomie et productions végétales obtenu en 2012 à Fontaines. Il s'agit d'un BTS réalisé en alternance à la coopérative de déshydratation de Baigneux. Mon bac pro agricole était lui aussi en alternance, dans une exploitation : l'apprentissage m'a beaucoup apporté, c'est ma plus grande satisfaction. Cela m'a permis d'acquérir une belle expérience professionnelle avant même l'obtention de mes diplômes. Avec ma casquette JA, je présente le parcours à l'installation dans les lycées agricoles et dans des MFR : à chaque fois, le plus grand conseil que je donne aux jeunes est de ne pas hésiter à aller travailler dans diverses entreprises avant de s'installer, même hors agricole ! Le métier d'agriculteur demande une maturité et des compétences que nous n'avons pas toujours à la sortie du lycée. Je leur préconise aussi de ne pas se contenter d'un bac pro et de pousser vers un BTS. En effet, il ne suffit pas d'être un bon éleveur ou un bon conducteur de tracteur pour tenir une exploitation agricole. Il faut aussi être bon gestionnaire, comptablement et administrativement parlant ».
Antoine Fouchet (Le Meix) : « Pour ma part, j'ai eu un BTS « Techniques et services en matériels agricoles » en 2017. Ma plus grande satisfaction, c'est d'avoir obtenu tous mes diplômes ! Mon plus grand regret est de ne pas avoir assez travaillé mon anglais car cette langue peut servir. Mon conseil aux plus jeunes : trouver le domaine qui nous plaît le plus, et ne pas négliger certaines matières. Je faisais référence à l'anglais mais il y a aussi et surtout la gestion, utile au quotidien ».
Thomas Cotiby (Villy-en-Auxois) : « Pour le diplôme, de mon côté, il s'agit d'un BTS « productions animales » obtenu à Fontaines. Je l'ai fait en apprentissage : il n'y a rien de mieux pour apprendre le métier, surtout lorsque l'on est hors-cadre familial. Mon regret, pendant mes études, est de ne pas avoir fait de stage laitier à l'étranger, comme au Canada ou en Nouvelle-Zélande. Je me suis installé relativement vite et cela n'a pas pu se faire avant. C'est le conseil que je donnerais aux jeunes : partez découvrir d'autres méthodes de travail, d'autres productions, ce ne peut qu'ouvrir l'esprit ! Une fois que l'on est installé, il est souvent trop tard pour le faire ».
Yannick Salomon (Savoisy) : « Mes études se sont terminées par un BTS Acse à La Brosse. La découverte de nombreux systèmes agricoles a été mon plus beau souvenir de cette formation, nous bougions beaucoup plus qu'en Bac, c'était très enrichissant. Cela permet de s'ouvrir un maximum l'esprit. En regrets, je n'en ai pas forcément, j'ai pu aller vite dans mon cursus scolaire, je n'ai pas perdu de temps en obtenant tous les diplômes à la suite. Un conseil : sortir, bouger s'intéresser à tout avant la fin des études. Les sorties en exploitations, il n'y a rien de mieux. Dans mon cas, je me suis installé dans la foulée du BTS : sans ces sorties durant la formation, je n'aurais pas vu grand-chose ».
Florian Moreau (Labergement-Foigney) : « J'ai fait un bac pro en alternance, acquis au lycée de Fontaines en 2019. Ma plus grande satisfaction est d'avoir choisi la voie de l'apprentissage ! Mon regret ? Peut-être le volet technique, qui est de moins en moins exigeant en termes de compétences. Cela est également valable pour le BTS, dans lequel l'épreuve de diagnostics parcellaires n'est plus au programme… Je ne sais pas si je suis de bon conseil mais les jeunes générations doivent selon moi se former en gardant un œil sur les pratiques du passé, tout en ayant un esprit ouvert mais critique sur les nouvelles disciplines ».
Benoît Leduc (Ménessaire) : « J'ai eu ma Licence professionnelle « Agriculture, nouvelles technologies, durabilité » en 2014 à Dijon. Ce que j'ai le plus aimé durant mes études ? Toutes les compétences techniques que j'ai pu acquérir, également en BTS dans les années précédentes. Ma déception : selon moi, l'école ne prépare pas assez bien à devenir chef d'entreprise. Une fois lancé, il faut savoir organiser son emploi du temps, planifier ses différentes tâches et être le plus efficace possible, nous n'y sommes pas forcément préparés. Aux jeunes, je leur dirais de faire ce qu'ils aiment et d'aller au bout de leurs idées. Ne jamais baisser les bras, même en cas de doute ».
Loïc Dumont (Ouges) : « Dans mon cas, c'est un BPREA. J'ai arrêté trop tôt les études car j'avais eu un concours à l'Inrae. Dans le cas contraire, j'aurais poursuivi avec un BTS. Ma grande satisfaction d'avoir fait ce que j'aimais, depuis la 4e, jusqu'au bac à la MFR de Quetigny. L'alternance m'a permis d'acquérir de l'expérience et même plus que cela : j'ai repris une exploitation dans laquelle j'avais débuté comme stagiaire, avant d'être apprenti et salarié. Mon conseil aux jeunes : aller minimum en BTS, s'ils le peuvent ! L'agriculture ne demande pas seulement du travail physique, il y a aussi énormément de contraintes administratives et de réflexions économiques pour faire les bons choix. Tâcher également de découvrir plusieurs modèles d'entreprises et de façons de travailler avant de se lancer, ça peut aider ! ».
Corentin Chassagnon (Saint-Julien) : « Pour ma part, j'ai eu un BTS productions végétales à Quetigny en 2022. Ce que je retiens le plus en positif, c'est d’avoir rencontré et échangé avec d’autres étudiants qui étaient en cours d’installation, ou d'autres qui allaient faire d’autres métiers en rapport avec l'agriculture. Niveau regret : le niveau d’études en sortie de ce BTSA ne correspond pas du tout avec les compétences nécessaires pour exercer le métier d’agriculteur ou même de technicien agricole. Un conseil aux jeunes : faire le plus possible de formations, de stages, et échanger avec beaucoup de personnes pour approfondir ses connaissances ! ».
Jérémy Leguy (Vitteaux) : « J'ai terminé par un BTS Acse à Fauverney en 2015, avec la satisfaction d'avoir fait de la gestion d’entreprise, domaine très important aujourd’hui dans tout ce contexte agricole… Je me suis focalisé sur cette formation mais peut-être aurais-je dû aller sur quelque chose de plus général dans la gestion d’entreprise, afin de balayer plus large ? Pour les jeunes : avec de l’envie, il ne faut pas hésiter à se former sur le terrain et à découvrir l’agriculture au sens large. Nous touchons à beaucoup de domaines d’activité, nous avons de plus en plus d’installations diversifiées, c’est ce qui fait l’agriculture d’aujourd’hui ».
Aimeric Gelot (Meulson) : « Mon dernier diplôme est un BTS APV, agronomie et cultures durables, que j'ai eu en 2020 au lycée de Quetigny. Mon plus beau souvenir est un stage d'un mois aux Pays-Bas, très enrichissant et totalement dépaysant par rapport à ce que je peux voir dans le Châtillonnais ! Un regret à relever : à l'école, on nous pousse un peu trop vers l'idéologie écologique, il n'y a pas assez d'économie à mon goût. Et je trouve que certains profs qui arrivent dans le métier sont décorrélés de l'agriculture. Mon conseil aux jeunes générations : aller jusqu'en BTS pour sécuriser sa situation, on ne sait pas de quoi l'avenir est fait, il vaut mieux avoir un minimum de bagages pour éventuellement rebondir ».
Paul Allemand (Chausseroze) : « J'ai eu un BTS Acse par apprentissage. La voie de l'alternance m'a permis de me faire un réseau dans le monde professionnel, très utile aujourd'hui, à double titre car je suis hors cadre familial et je ne suis pas de la région, je viens du Puy-en-Velay dans la Haute-Loire. Mon unique regret est de ne pas avoir poursuivi par une licence élevage, cela ne s'est pas fait, c'est comme ça. Un conseil ? Il faut croire en ses rêves. Dans mon cas, on m'a toujours dit que je ne pourrai jamais m’installer car j'étais hors-cadre. J'y suis pourtant arrivé ! »
Vincent Ferry (Châtillon-sur-Seine) : « J'ai étudié à Cergy-Pontoise, pour ressortir avec un diplôme d'ingénieur de l'ISTOM, école spécialisée dans l'agro-développement international. J'ai découvert énormément de nouvelles choses, notamment lors de voyages en Mongolie, au Bénin, à l'Île Maurice et à la Réunion. Une seule petite déception, s'il y en avait une, cette formation a peut-être manqué d'aspects opérationnels et pratiques. Pour les jeunes qui sont actuellement en études : je leur dirais de prendre le temps avant de s'installer, il faut découvrir un maximum de choses, même en dehors de l'agriculture. Cela permet de mieux apprécier son sort, par la suite ».