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Bâtiments

Un partage d'expériences

Les journées bâtiments, c'était la semaine dernière en Côte-d'Or. Zoom sur la première des visites, chez Benoît Boudier près de La-Roche-en-Brenil.

Par AG
Un partage d'expériences
Benoît Boudier a échangé avec d'autres éleveurs.

Les journées bâtiments de la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or ont connu un nouveau succès cette année, avec une belle fréquentation et de nombreux échanges entre participants. Lundi 2 février, pour la première des cinq visites au programme, pas moins de 60 personnes avaient fait le déplacement chez Benoît Boudier au Boulois, près de La-Roche-en-Brenil. Cet éleveur bio charolais de 52 ans a présenté plusieurs de ses outils de travail, dont une stabulation en aire paillée avec système de raclage logeant une cinquantaine de bœufs. C'est sur cette construction, équipée d'un toit solaire d'une puissance de 300 kWc, que nous nous intéressons ici. Nous avons invité l'éleveur à donner une note sur 20 pour illustrer sa satisfaction de cet outil : « Je dirais 15 sur 20. Je ne peux pas donner davantage mais ça, c'était prévu ! En effet, ce bâtiment est polyvalent, il accueille des animaux, une fumière et il y a aussi une partie stockage de fourrages. J'ai choisi la simplicité pour diminuer les frais, tout en étant efficace pour les panneaux. Je fais donc trois choses dessous : forcément, cela manque un peu de spécificité pour chaque poste mais je le savais. Pour le stockage, il manque peut-être de la hauteur. Pour les animaux, c'est sans doute un peu trop ventilé, mais c'est le choix de la polyvalence. Pour le reste tout va très bien ». Et maintenant, quelle note donner aux démarches et au délai de cette réalisation ? Benoît Boudier esquisse un petit sourire et lâche un 2 sur 20 sans la moindre hésitation : « il y a eu pire que moi, mais quand même… Le permis de construire a été déposé fin 2021 et on rentre dans le bâtiment seulement trois ans plus tard. Oui, c'est long. Les délais pour le photovoltaïque prennent beaucoup de temps avec Enedis et EDF. Entre les autorisations et le branchement, il faut être patient. Si la livraison a bien eu lieu en février 2024, il a fallu attendre la fin de l'année pour être payé, avec des incertitudes sur le prix de rachat. Sur les démarches, il faut être rigoureux sur tout ce que l'on fait. C'est le plus compliqué dans une construction ». Concernant le financement et le coût, l'éleveur donne une note de 10 sur 20 : « en 2021, la ferraille avait beaucoup augmenté… Rien que le prix de la structure métallique, pourtant toute simple, est le même que la facture totale — équipement compris — d'un autre bâtiment de même surface, réalisé en 2016. Oui, ça fait mal. Pour le reste, le financement s'est plutôt bien passé, les banques sont devenues plus avenantes avec ce genre de projets. Mais à ce que je comprends, cela devrait changer. Les projets de plus de 100 kWC devraient être soumis à appels d'offres : cela prendra encore plus de temps et le prix de rachat ne sera pas connu à l'instant t : aller à la banque sans cet élément chiffré ne devrait pas être très évident ! ».

Cette stabulation polyvalente accueille des bœufs mais aussi une fumière et du fourrage.

Un bon bilan

Un bon bilan
Léa Grey.

Léa Grey, technicienne à la Chambre d'agriculture, dresse un bon bilan de cette édition : « Nous avons accueilli entre 230 et 250 personnes. C'est une belle participation, ces journées sont très attendues chaque année. Chacune des cinq visites a attiré du monde, que ce soit en bovins allaitants, laitiers ou ovins. Les profils des visiteurs étaient assez variés mais beaucoup ont des projets en tête, ils sont venus à la chasse aux bonnes idées, il y a de l'activité en élevage et il faut s'en féliciter. Ces visites ont été, pour certains éleveurs, l'occasion de prendre contact avec moi pour la toute première fois : cela nous permettra d'échanger à nouveau ensemble très prochainement. Les questions ont été nombreuses, quelle est celle qui est revenue le plus souvent ? Il n'est pas facile de répondre, je dirais peut-être les conseils relatifs à la ventilation ». La technicienne remercie une nouvelle fois les éleveurs qui ont accueilli ces journées : « sans eux, cet évènement ne serait pas possible. Merci pour ces riches échanges et cette très belle convivialité. Rendez-vous désormais en 2027 avec, je l’espère, encore plus de projets au programme ! ».