Les éleveurs à François-Hollande
«Un emplâtre sur une jambe de bois»
Le Président de la République était la semaine dernière en Côte d’Or. Le plan d’urgence annoncé par le Gouvernement ne satisfait visiblement pas la profession, à en croire certains qualificatifs.
Les agriculteurs bourguignons étaient sous le feu des projecteurs jeudi 23 juillet. Ce sont eux qui ont été les premiers, quelques heures seulement après la publication du plan d’urgence de l’élevage au niveau national, à avoir le privilège d’aborder le sujet avec le chef de l’État, qui était venu saluer les Climats de Bourgogne et leur classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Des représentants des FDSEA, JA et Chambres d’agriculture se sont entretenus pendant près d’une heure et demi avec François Hollande lors de son arrivée à Dijon. Jean-Pierre Fleury a considéré ce plan comme un «emplâtre sur une jambe de bois» : «Cette orientation est temporaire, elle va régler une urgence pour quelques mois, c’est bien tout. Derrière ça, il nous faut impérativement du structurel». Le président de la Fédération Nationale Bovine évoquait la possibilité de «réouvrir» la loi de modernisation de l’économie : «on ne peut pas continuer dans l’éternel rapport conflictuel entre la grande distribution et les fournisseurs, il faut que les producteurs rentrent dans les négociations. Pour y arriver, il faudra sans doute modifier la loi». Même son de cloche pour Fabrice Faivre, le président de la FDSEA de Côte d’Or, qui a qualifié ce plan d’urgence de «mesurette» : «il sera utile sur du très court terme mais ne réglera en aucun cas la crise de l’élevage. La seule solution, c’est le prix, rien que le prix. L’accord passé le 17 juin doit absolument être respecté». S’il reconnaît avoir apprécié le discours du Président de la République, Fabrice Faivre se montrait en défaveur d’une levée des blocages à l’issue de cet entretien : «stopper nos actions syndicales ? Il n’en est pas question aujourd’hui puisque nous n’avons toujours pas les garanties nécessaires pour obtenir les changements que nous demandons. Les avancées évoquées ne suffisent pas pour le moment».
Des promesses
François Hollande, qui s’est exprimé devant une foule de journalistes nationaux, a reconnu que les prix actuels «ne permettaient pas la rémunération du travail accompli» : «Nous devons agir sur le sujet des prix dans toutes les productions. Les décisions qui ont été prises vont se traduire sur le terrain. Nous voulons que la grande distribution fasse cet effort indispensable pour pouvoir rémunérer les producteurs. Les abatteurs et les transformateurs devront eux aussi rendre des comptes. Sachez que le Gouvernement, les ministres de l’Agriculture et de l’Économie sont mobilisés pour arriver à ce résultat». Le Président a défendu les mesures d’urgence prises la veille en les qualifiant d’«indispensables» et en citant notamment les «nécessaires» allégements des charges et restructurations de la dette. «Je veux aussi que nous avancions sur l’approvisionnement local et la restauration collective» a t-il poursuivi, «encore deux tiers des approvisionnements dans les cantines ne viennent pas de France. Le ministre a décidé que il y aurait des actions engagées, des révisions de clauses vont permettre cet approvisionnement français. Sur l’exportation, nous allons faire en sorte que plusieurs pays acheteurs puissent être directement sollicités, je pense à la Turquie, à la Grèce et aux pays du Maghreb où plusieurs de nos ministres sont aujourd’hui. Moi-même j’irai prochainement en Chine soutenir notre production laitière. A la rentrée, des négociations seront engagées pour améliorer la compétitivité de nos exploitations, en allégeant notamment les contraintes administratives devenues beaucoup trop lourdes et même insupportables».
Il y a urgence
Pour Fabrice Faivre, la crise est «forte, économique et morale» : «les éleveurs se sentent stigmatisés, cela devient inacceptable. Il y a vraiment urgence d’agir. En terme de compétitivité, nous avons un certain nombre de boulets au pied par rapport à nos concurrents européens et mondiaux. L’agriculteur français rend pourtant beaucoup de services à la nation, celle-ci va devoir privilégier un peu plus son savoir-faire en arrêtant la politique du moins cher. Effectivement, les deux tiers de la viande en restauration collective viennent aujourd’hui de l’étranger, c’est tout simplement inacceptable». Toujours selon le président de la FDSEA, le gouvernement «doit passer aux actes sans plus tarder» : «les Pouvoirs Publics doivent se bouger et prendre des engagements forts sur les prix, qu’ils fassent respecter l’accord du 17 juin pour que les éleveurs puissent vivre dignement de leurs produits».
Des promesses
François Hollande, qui s’est exprimé devant une foule de journalistes nationaux, a reconnu que les prix actuels «ne permettaient pas la rémunération du travail accompli» : «Nous devons agir sur le sujet des prix dans toutes les productions. Les décisions qui ont été prises vont se traduire sur le terrain. Nous voulons que la grande distribution fasse cet effort indispensable pour pouvoir rémunérer les producteurs. Les abatteurs et les transformateurs devront eux aussi rendre des comptes. Sachez que le Gouvernement, les ministres de l’Agriculture et de l’Économie sont mobilisés pour arriver à ce résultat». Le Président a défendu les mesures d’urgence prises la veille en les qualifiant d’«indispensables» et en citant notamment les «nécessaires» allégements des charges et restructurations de la dette. «Je veux aussi que nous avancions sur l’approvisionnement local et la restauration collective» a t-il poursuivi, «encore deux tiers des approvisionnements dans les cantines ne viennent pas de France. Le ministre a décidé que il y aurait des actions engagées, des révisions de clauses vont permettre cet approvisionnement français. Sur l’exportation, nous allons faire en sorte que plusieurs pays acheteurs puissent être directement sollicités, je pense à la Turquie, à la Grèce et aux pays du Maghreb où plusieurs de nos ministres sont aujourd’hui. Moi-même j’irai prochainement en Chine soutenir notre production laitière. A la rentrée, des négociations seront engagées pour améliorer la compétitivité de nos exploitations, en allégeant notamment les contraintes administratives devenues beaucoup trop lourdes et même insupportables».
Il y a urgence
Pour Fabrice Faivre, la crise est «forte, économique et morale» : «les éleveurs se sentent stigmatisés, cela devient inacceptable. Il y a vraiment urgence d’agir. En terme de compétitivité, nous avons un certain nombre de boulets au pied par rapport à nos concurrents européens et mondiaux. L’agriculteur français rend pourtant beaucoup de services à la nation, celle-ci va devoir privilégier un peu plus son savoir-faire en arrêtant la politique du moins cher. Effectivement, les deux tiers de la viande en restauration collective viennent aujourd’hui de l’étranger, c’est tout simplement inacceptable». Toujours selon le président de la FDSEA, le gouvernement «doit passer aux actes sans plus tarder» : «les Pouvoirs Publics doivent se bouger et prendre des engagements forts sur les prix, qu’ils fassent respecter l’accord du 17 juin pour que les éleveurs puissent vivre dignement de leurs produits».