«Bienvenue à la ferme» à Chiddes (58)
Un couple d'éleveurs qui ne manque pas d'aire
Brigitte et Daniel Augendre sont propriétaires d'une ferme d'élevage, à Chiddes, entre Luzy et Saint-Honoré-les-Bains. Depuis le 1er avril dernier, ils accueillent les camping-cars des touristes de passage sur une aire d'accueil spécialement aménagée, face à un panorama imprenable sur le Morvan. Ils ont reçu l'agrément du réseau «Bienvenue à la ferme» par la Chambre d'agriculture.
en retraite (à
Ce lundi midi, Tilly et Frans Mulders, un couple de retraités néerlandais, vient de prendre son déjeuner, dans le camping-car, au pied des monts du Morvan. Arrivés vendredi pour une nuit, ils ont été subjugués par la beauté du paysage et sont finalement restés plus longtemps que prévu. Elle, l'ancienne assistante sociale et lui, l'ancien gendarme, sont des habitués du tour de la France. Vingt ans qu'ils parcourent au volant de leur maison roulante, chaque été, les routes de l'hexagone. Et, malgré une certaine habitude des voyages, l'un comme l'autre ont gardé la capacité de s'extasier: [I]«Ici, c'est formidable, le paysage est magnifique, et l'air est pur. En plus, la station d'accueil est bien plate et enherbée et ce n'est pas comme dans les campings où il y a trop de gens. Nous ne croisons pas plus de cinq ou six vacanciers à la fois: la tranquillité est préservée»[i]. Les vacanciers bataves ne tarissent pas d'éloge non plus sur [I]«la gentillesse, l'accueil et les services»[i] de leurs hôtes, Brigitte et Daniel Augendre, qui, éleveurs charolais installés en 1994, ont décidé d'ouvrir et de créer cette aire d'accueil depuis le début avril 2012 à la Chaume, lieu-dit de la commune de Chiddes.
[INTER]Une activité touristique pour Madame[inter]
Ni Brigitte ni Daniel, au départ, n'étaient prédestinés à l'agriculture. Elle a été coiffeuse à Luzy, durant 17 ans. Lui, à qui son grand-père agriculteur a transmis la fibre paysanne, après un Bac général au lycée de Magny-Cours, a été salarié de la coopérative agricole de Luzy durant 15 ans. Ils ont économisé pour pouvoir s'acheter la ferme qu'ils exploitent aujourd'hui et qui s'est agrandie au fil du temps. Aujourd'hui,les Augendre sont à la tête de
70 vaches charolaises, sur 85 hectares, pour moitié à Chiddes et pour moitié à Sémelay, à 13 kilomètres de là. Daniel produit aussi 7 à 8 hectares de cultures autoconsommées. Brigitte, qui en tant qu'ancienne commerçante, ne partage pas spontanément la passion de son mari pour l'agriculture, voulait trouver une activité complémentaire qui rompe un peu son isolement. [I]«Je voulais voir du monde et très vite, nous avons cherché une idée dans le tourisme»[i] explique-t-elle. Le déclic est arrivé quand la Communauté de communes du Sud Morvan, à laquelle appartient Chiddes, a décidé d'équiper ses villages de bornes de vidange et de places de stationnement. Pourquoi les Augendre ne feraient-ils pas profiter, à leur tour, les touristes, de leur vue imprenable sur le Morvan et de leur sens de l'hospitalité?
[INTER]20 000 euros autofinancés[inter]
Depuis deux ans, les Augendre se sont donc donnés à fond dans leur projet. Après s'être assurés de l'aide de la Communautés de communes, qui elle-même a contacté le Conseil régional, le Conseil général et l'agence Nièvre Tourisme, le couple a pris langue avec la Chambre d'agriculture et le CERD. Le Centre d'etudes et de ressources sur la diversification leur a fait une véritable étude de marché et l'institution consulaire, pivot du réseau Bienvenue à la ferme, les a fait rentrer dans la démarche d'agrément. 20 000 euros de travaux autofinancés plus tard, les agriculteurs de Chiddes pouvaient démarrer l'activité au printemps. C'était en avril dernier. [I]«Le terrassement a coûté à lui seul 13000 euros, auxquels nous avons ajouté les points d'eau, les bornes électriques, les 55 arbustes pour délimiter les six emplacements, les deux tables de pique-nique en bois, les bancs, le terrain de pétanque et les jeux pour enfants»[i] détaille Daniel. [I]«Les touristes qui sont déjà venus sont étonnés de voir toute cette infrastructure à côté de la ferme et de voir que les véhicules disposent chacun de 92m2»[i], ce que ne leur offrent pas les 4 ou 5 campings traditionnels de la région. [I]«Surtout, ils sont très enthousiastes de voir comment nous travaillons. Ils peuvent visiter les écuries et voir comment sont nourris les animaux. Les enfants adorent voir les vaches et nous sommes toujours disponibles pour leur faire visiter la ferme»[i] ajoute Brigitte. Le couple a trouvé là le moyen de faire une véritable publicité pour le métier d'agriculteur et pour une alimentation de qualité. D'ailleurs, il n'hésite pas à faire découvrir à ses visiteurs des produits locaux et de leur faire goûter à des plats faits [I]«maison»[i]. Brigitte et Daniel ont le sens de l'accueil aussi vissé au corps que le sourire au coin des lèvres. Une sinécure.
[I]«Nous apporter un petit plus»[i]
Si l'objectif premier est bien de créer une activité de contacts à Brigitte, l'aire d'accueil de camping-cars affiche aussi quelques ambitions économiques. L'étude de marché du CERD table sur une fréquentation de 100 nuitées par an mais [I]«comme notre investissement est autofinancé, nous sommes tranquilles»[i] juge Daniel pour qui ce projet [I]«peut nous amener un petit plus dans la ferme»[i].
Les Augendre n'ont rien laissé au hasard. Entre les pannonceaux le long des routes de Chiddes et les cartes de visite laissées à l'Office de tourisme de Luzy, la présence sur des forums spécialisés sur internet et la satisfaction de leurs clients, ils comptent beaucoup [I]«sur le bouche-à-oreille, en espérant atteindre nos objectifs d'ici 2 ou 3 ans»[i]. Depuis le printemps, l'activité démarre tout doucement et la tempête et les conditions météorologiques pluvieuses autant que la conjoncture économique ne leur ont pas encore permis de faire le plein [I]«même si çà se redémarre en août aussi bien qu'en avril»[i] souligne Brigitte.
Les éleveurs de Chiddes misent aussi sur des tarifs attractifs par rapport à ceux pratiqués (sans les avantages) par les campings de la région. A 7 euros la nuitée (pour un camping-car et deux adultes plus les enfants), 2,50 euros l'usage éventuel de la borne électrique et 2 euros l'accès au point d'eau, ils sont nettement au dessous des 20 à 30 euros par emplacement demandés ailleurs.
De quoi attirer les touristes, adeptes de ce mode de tourisme à quatre roues, qui, souvent, préfèrent encore s'installer sauvagement n'importe où. Brigitte et Daniel sont naturellement des agriculteurs optimistes. Ils citent ces Niçois qui ont promis de revenir bientôt, [I]«à 3 camping-cars, pour aller visiter Bibracte»[i]. Aux dernières nouvelles, Tilly et Frans, les Néerlandais restés quatre jours au lieu d'un, devaient quitter ce petit paradis mardi. Avec la promesse de revenir l'an prochain.
[INTER]Une activité touristique pour Madame[inter]
Ni Brigitte ni Daniel, au départ, n'étaient prédestinés à l'agriculture. Elle a été coiffeuse à Luzy, durant 17 ans. Lui, à qui son grand-père agriculteur a transmis la fibre paysanne, après un Bac général au lycée de Magny-Cours, a été salarié de la coopérative agricole de Luzy durant 15 ans. Ils ont économisé pour pouvoir s'acheter la ferme qu'ils exploitent aujourd'hui et qui s'est agrandie au fil du temps. Aujourd'hui,les Augendre sont à la tête de
70 vaches charolaises, sur 85 hectares, pour moitié à Chiddes et pour moitié à Sémelay, à 13 kilomètres de là. Daniel produit aussi 7 à 8 hectares de cultures autoconsommées. Brigitte, qui en tant qu'ancienne commerçante, ne partage pas spontanément la passion de son mari pour l'agriculture, voulait trouver une activité complémentaire qui rompe un peu son isolement. [I]«Je voulais voir du monde et très vite, nous avons cherché une idée dans le tourisme»[i] explique-t-elle. Le déclic est arrivé quand la Communauté de communes du Sud Morvan, à laquelle appartient Chiddes, a décidé d'équiper ses villages de bornes de vidange et de places de stationnement. Pourquoi les Augendre ne feraient-ils pas profiter, à leur tour, les touristes, de leur vue imprenable sur le Morvan et de leur sens de l'hospitalité?
[INTER]20 000 euros autofinancés[inter]
Depuis deux ans, les Augendre se sont donc donnés à fond dans leur projet. Après s'être assurés de l'aide de la Communautés de communes, qui elle-même a contacté le Conseil régional, le Conseil général et l'agence Nièvre Tourisme, le couple a pris langue avec la Chambre d'agriculture et le CERD. Le Centre d'etudes et de ressources sur la diversification leur a fait une véritable étude de marché et l'institution consulaire, pivot du réseau Bienvenue à la ferme, les a fait rentrer dans la démarche d'agrément. 20 000 euros de travaux autofinancés plus tard, les agriculteurs de Chiddes pouvaient démarrer l'activité au printemps. C'était en avril dernier. [I]«Le terrassement a coûté à lui seul 13000 euros, auxquels nous avons ajouté les points d'eau, les bornes électriques, les 55 arbustes pour délimiter les six emplacements, les deux tables de pique-nique en bois, les bancs, le terrain de pétanque et les jeux pour enfants»[i] détaille Daniel. [I]«Les touristes qui sont déjà venus sont étonnés de voir toute cette infrastructure à côté de la ferme et de voir que les véhicules disposent chacun de 92m2»[i], ce que ne leur offrent pas les 4 ou 5 campings traditionnels de la région. [I]«Surtout, ils sont très enthousiastes de voir comment nous travaillons. Ils peuvent visiter les écuries et voir comment sont nourris les animaux. Les enfants adorent voir les vaches et nous sommes toujours disponibles pour leur faire visiter la ferme»[i] ajoute Brigitte. Le couple a trouvé là le moyen de faire une véritable publicité pour le métier d'agriculteur et pour une alimentation de qualité. D'ailleurs, il n'hésite pas à faire découvrir à ses visiteurs des produits locaux et de leur faire goûter à des plats faits [I]«maison»[i]. Brigitte et Daniel ont le sens de l'accueil aussi vissé au corps que le sourire au coin des lèvres. Une sinécure.
[I]«Nous apporter un petit plus»[i]
Si l'objectif premier est bien de créer une activité de contacts à Brigitte, l'aire d'accueil de camping-cars affiche aussi quelques ambitions économiques. L'étude de marché du CERD table sur une fréquentation de 100 nuitées par an mais [I]«comme notre investissement est autofinancé, nous sommes tranquilles»[i] juge Daniel pour qui ce projet [I]«peut nous amener un petit plus dans la ferme»[i].
Les Augendre n'ont rien laissé au hasard. Entre les pannonceaux le long des routes de Chiddes et les cartes de visite laissées à l'Office de tourisme de Luzy, la présence sur des forums spécialisés sur internet et la satisfaction de leurs clients, ils comptent beaucoup [I]«sur le bouche-à-oreille, en espérant atteindre nos objectifs d'ici 2 ou 3 ans»[i]. Depuis le printemps, l'activité démarre tout doucement et la tempête et les conditions météorologiques pluvieuses autant que la conjoncture économique ne leur ont pas encore permis de faire le plein [I]«même si çà se redémarre en août aussi bien qu'en avril»[i] souligne Brigitte.
Les éleveurs de Chiddes misent aussi sur des tarifs attractifs par rapport à ceux pratiqués (sans les avantages) par les campings de la région. A 7 euros la nuitée (pour un camping-car et deux adultes plus les enfants), 2,50 euros l'usage éventuel de la borne électrique et 2 euros l'accès au point d'eau, ils sont nettement au dessous des 20 à 30 euros par emplacement demandés ailleurs.
De quoi attirer les touristes, adeptes de ce mode de tourisme à quatre roues, qui, souvent, préfèrent encore s'installer sauvagement n'importe où. Brigitte et Daniel sont naturellement des agriculteurs optimistes. Ils citent ces Niçois qui ont promis de revenir bientôt, [I]«à 3 camping-cars, pour aller visiter Bibracte»[i]. Aux dernières nouvelles, Tilly et Frans, les Néerlandais restés quatre jours au lieu d'un, devaient quitter ce petit paradis mardi. Avec la promesse de revenir l'an prochain.