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Manifestation Paris

Toute la Bourgogne mobilisée

Venus de l’ensemble des départements, en bus, en tracteur ou en train, plusieurs centaines d’agriculteurs bourguignons ont fait le déplacement jusqu’à Paris
Par Dominique Bernerd
Toute la Bourgogne mobilisée
Christophe, Didier, Dominique, Pascal, Alexandre… Tous agriculteurs, tous Côtes-d’Oriens, tous venus à Paris défendre l’avenir de leur profession
Répondant en masse à l’appel à mobilisation lancé par la FNSEA et Jeunes Agriculteurs, les exploitants bourguignons sont venus en nombre battre le pavé parisien, pour exprimer leur colère et leur détresse. Déterminés à réaffirmer qu’ils veulent avant tout, pouvoir vivre de leur travail et de leurs produits. A l’image de Nicolas Bachelet, agriculteur céréalier sur le canton de Mirebeau et secrétaire général de JA 21, rencontré dans le bus conduisant la délégation devant être reçue par les députés à l’Assemblée nationale. Diplômé en commerce international, ancien boulanger, ce jeune au parcours atypique, est lucide et sait ce qu’il attend de la manifestation : «pas des perfusions à coup de millions d’euros comme ce fut le cas il y a quelques mois. Moi, j’attends surtout en premier lieu un travail sur les charges et une harmonisation au niveau européen, que ce soit en matière fiscale ou environnementale. Aujourd’hui, le système est devenu complètement anti concurrentiel !» Un souhait : «que cette journée soit le début d’une nouvelle ère…»
Drapeau aux couleurs de la FNSEA en main, Gérard Bertaut est éleveur de bovins en Côte d’Or. Satisfait de montrer à la fois sa détermination et de l’accueil chaleureux du public parisien : «je crois qu’aujourd’hui, nous avons gagné la popularité du grand public et c’est important…» Parmi les mesures gouvernementales dévoilées par Manuel Valls, il retient surtout la rallonge de l’enveloppe d’aides aux agriculteurs les plus en difficulté : «pour les aider à passer le cap, mais maintenant, il faut que derrière, les banques jouent le jeu…» Plutôt sceptique sur l’année blanche : «qu’en sera t-il, le jour où il faudra rembourser… ? C’est surtout sur les prix qu’il faut se battre et il existe plusieurs leviers pour cela, à commencer par imposer le “manger français” dans tout ce qui est restauration et cantines… »
Au final, lui qui pensait «revenir avec pas grand chose», se dit «agréablement surpris» des mesures annoncées, même s’il considère que Xavier Beulin n’aura été au final, que le «porte parole du gouvernement. Il aurait du insister sur les prix, cela aurait peut-être limité les sifflets !»