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Colza

Tout n'est pas perdu !

En dépit des pluies d'il y a quinze jours sur la Nièvre, la sécheresse estivale a perturbé le cycle de semis du colza. Avec un retard de quinze jours à trois semaines, la levée a été d'autant plus difficile qu'il n'y avait pas encore d'eau. Fin septembre, la météo s'est un peu rattrapée. Tout n'est pas perdu.
Par EMMANUEL COULOMBEIX
Tout n'est pas perdu !
Un plant de colza qui a atteint le stade 8 feuilles.
[I]«De mémoire d'ancien agriculteur, les semis ont rarement été aussi tardifs»[i] souligne Mickaël Geloen, conseiller grandes cultures de la Chambre d'agriculture de la Nièvre. Nombre de cultivateurs nivernais ont donc attendu la toute fin septembre afin de réaliser leurs semis. Encouragés par les précipitations, généreuses, des 21 et 22 septembre. [I]«Il est tombé ce qu'il fallait pour que le colza commence à lever. Il était temps»[i] explique-t-il. S'il était temps, c'est qu'il n'échappe à personne que les jours diminuent et que le temps d'exposition à la chaleur est moins favorable à une croissance normale des plantes. Quand il n'a pas gelé, tout simplement, comme çà a été le cas dans certains secteurs les 18 et 19 septembre. Ce qui est préjudiciable à la capacité de la plante à se développer et à résister, ensuite, aux frimas de l'hiver.
[INTER]Stade 8 feuilles[inter]
[I]«L'idéal pour que le colza passe l'hiver»[i] dit le technicien, [I]«c'est qu'il arrive à un stade 8 feuilles avec un collet de 8 mm et un pivot de 15 cm, avant les premiers froids»[i]. Or, selon les projections effectuées par la Chambre, ce stade pourrait être atteint cette année entre le 3 et le 21 novembre, selon si la levée s'est produite autour du 25 septembre ou plutôt du 3 octobre, et à la condition que le climat automnales soit [I]«normal»[i] (par rapport à une moyenne de 1970 à 2000). Sinon, en cas d'automne froid, le stade 8 feuilles pourrait n'être atteint que le 26 novembre ou même le 7 décembre pour une levée autour du 3 octobre. A noter que les sols de limons ont présenté les meilleures levées, à l'inverse des sols argileux. Dans certains cas, cependant, le technicien observe que [I]«le colza, à ces dates, n'atteindra peut-être que les 3-4 feuilles»[i]. A 4 feuilles, la plante peut tenir jusqu'à -10°c: autant dire qu'il faut espérer [I]«des conditions météo clémentes jusqu'en novembre. Rien n'est encore perdu!»[i]
[INTER]Conseils[inter]
A partir de ce constat, Mickaël Geloen prodigue un conseil: [I]«tout mettre en œuvre pour permettre au colza de maintenir son peuplement et de favoriser au maximum la croissance en limitant la concurrence des adventices et des insectes»[i]. Par exemple, les pluies de fin septembre ont entraîné une belle levée de graminées dans le colza, notamment sur des précédents d'orge d'hiver: [I]«il est conseillé de passer un anti-graminées qui apporte de l'eau, de la lumière et des éléments minéraux au colza»[i]. Et puis pour ceux qui n'ont pas eu le temps de semer tout leur colza, le conseiller propose la pratique du faux semis. Avant d'implanter un tournesol, une orge de printemps ou un maÏs (en secteur profond), [I]«il vaut mieux passer un coup d'outil pour faire lever les adventices au maximum, quitte à retarder de quelques jours le semis, avant d'implanter la culture»[i]. Ce qui est d'autant plus vrai pour l'orge après un précédent blé. Enfin, contre les ravageurs d'automne, tels que les altises, la Chambre d'agriculture conseille de [I]«ressortir les cuvettes jaune, qui doivent être enterrées, leur sommet au niveau du sol pour piéger ces insectes et ne pas pénaliser le nombre de pieds au m2»[i].