Accès au contenu
Jeunes agriculteurs

Thomas Cotiby, comme pressenti

L'assemblée générale de JA21, vendredi à Blaisy-Bas, a été l'occasion de présenter les nouveaux membres du bureau départemental, et notamment son président.

Par AG
Thomas Cotiby, comme pressenti
Le nouveau président, salué par Antoine Duthu, Amélie Castellano, Thibaut Aubry et Marjolaine Perraudin.

« On est des vieux cons, maintenant, on ne reconnaît plus personne ! », plaisantait un quadragénaire côte-d'orien, aux actions syndicales de janvier. Il est vrai que beaucoup, beaucoup, beaucoup de jeunes arrivent dans le métier et leurs visages ne sont pas tous familiers. « La relève est là et il faut s'en féliciter, nous avons gagné 100 adhérents dans le département en deux ans », rappelle Antoine Duthu, président de JA21 qui a passé le relais à Thomas Cotiby, vendredi. À l'image des cantons qui se sont renouvelés, le bureau de JA21 en a fait tout autant. En plus de l'élection de l'éleveur de Villy-en-Auxois à la présidence, des « petits nouveaux » font leur apparition dans le bureau. C'est notamment le cas des vice-présidents : Paul Allemant (Vic-sous-Thil, en charge de l'élevage), Jérémy Leguy (Vitteaux, en charge des grandes cultures), Florian Moreau (Labergement-Foigney, installation) et Juliette Martin (Gevrolles, communication). Le trésorier fait aussi son arrivée à JA21, il répond au nom d'Aimeric Gelot (Meulson). Même chose pour le secrétaire général adjoint, avec Antoine Fouchet (Le Meix). Seul Yannick Salomon était déjà présent dans la précédente équipe : l'éleveur de Savoisy rempile au poste de secrétaire général. « Notre groupe représente bien l'ensemble du département. La motivation est là pour faire de très belles choses tous ensemble », se félicite Thomas Cotiby.

Qui es-tu, Thomas ?

Puisqu'il s'agit du poste le plus important, nous faisons ici un « focus » sur le nouveau président. Si celui-ci est né dans le « 92 » il y a 30 ans, rassurez-vous, Thomas est bien « de la campagne », et plus précisément de Fontaines-les-Sèches, un petit village de moins de 30 habitants à côté de Laignes : « je ne suis pas issu du monde agricole mais j'ai toujours voulu faire ça. Le déclic, je l'ai eu quand j'étais tout petit. Il y avait une ferme avec des vaches laitières à côté de chez ma grand-mère, à Fontaines-les-Sèches justement. J'y étais tout le temps ! ». Après un bac pro à la Barotte et un BTS « productions animales » à Fontaines (71), le jeune Côte-d'orien a travaillé plusieurs mois dans une ferme près de Chaource, dans l'Aube : « c'était chez mes patrons de BTS, j'y suis resté après ma formation. Je suis allé ensuite dans une autre exploitation laitière dans l'Yonne, pendant deux ans. J'ai aussi travaillé un an chez Simmental France, en tant que technicien. C'était à Bretenière ». Thomas Cotiby a posé ses valises à Villy en 2018, en saisissant l'opportunité de devenir éleveur, par le biais d'un départ en retraite, celui de Jean-Louis Lachot, l'ancien président de l'AOP Époisses. « Un stage-parrainage a duré un an et je me suis installé en septembre 2019 », retrace Thomas Cotiby, qui a intégré JA dès son arrivée dans l'Auxois. Après un premier mandat au conseil d'administration départemental, deux autres ont suivi au bureau en tant que vice-président. Thomas Cotiby est donc encore monté d'un cran la semaine dernière : « faire partie de JA est formateur et permet de découvrir plein de choses très intéressantes. Et il est très important de défendre les intérêts de nos métiers, et des jeunes en particulier ! ».

Bravo à tous

Thomas Cotiby se dit très fier des dernières mobilisations syndicales : « la Côte-d'Or a été un département modèle en la matière, nous pouvons le dire ! Nous nous étions déjà distingués en 2024 : un vice-président de la FNSEA avait dit que nous étions le département de France qui avait le plus bougé. Bravo à tous pour cette nouvelle implication. Ceci étant dit, le fait de voir autant de monde manifester illustre bien nos difficultés actuelles. Nos satisfactions ont donc leurs limites : il y a encore du travail à faire pour l'agriculture aille mieux ! ». Parmi tous les dossiers syndicaux, l'un d'eux attire tout particulièrement l'attention du nouveau président : « ils sont tous très importants mais c'est vrai, un sujet me tient peut-être un peu plus à cœur, il s'agit du sanitaire. J'y suis très attaché car j'ai moi-même vécu la tuberculose dans mon cheptel. Voir ses vaches partir, se retrouver sans rien après un an et demi d'installation et 800 000 euros d'emprunts sur le dos, c'est quelque chose ». Le président de JA21 attend notamment des nouvelles de l'État concernant la demande de revalorisation des animaux, formulé par les JA et la FDSEA : « les barèmes d'indemnisations ne sont pas actualisés, nous demandons 500 euros de plus par vache. Tant que nous n'aurons pas de réponse, nous incitons les éleveurs à retenir les animaux chez eux, dans la mesure du possible. Un autre point doit impérativement avancer : celui de la faune sauvage. Une plus forte pression doit être mise sur cette dernière sinon, la tuberculose sera toujours une histoire sans fin ».