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Élevage laitier

Simplifier la traite

Jeudi 13 novembre, Adrien Martin, éleveur de vaches laitières, a organisé une journée porte ouverte pour mettre en avant l'innovation.

Par Charlotte Sauvignac
Elevage laitier
C'est au sein de l'exploitation agricole d'Adrien Martin que s'est déroulée la journée porte ouverte dédiée au robot de traite.

C'est à Villeneuve-les-Genêts qu'une journée porte ouverte s'est déroulée au sein de l'exploitation agricole d'Adrien Martin, avec comme partenaires : Lely, Soreal, Sodiaal, Alysé, l'EARL Arnoult, le Gaec Madelenat, l'EARL de la Jaunière, Bioret Agro et Akwind. Cette journée s'intègre à la suite « d'un renouvellement de robot de traite qui a été fait en 2024 », explique Christel Proust, commerciale chez Lely dans le secteur de Puisaye. « Son robot de traite commençait à avoir des failles et il a préféré prendre le dernier modèle. Le robot de traite A5 next facilite son activité, que ce soit par le passage des vaches à la traite, par l'apport d'un bras hybride, par l'ajout de lasers et de nouveaux seaux », explique-t-elle. Laura et Aurélien Leblanc, éleveurs de prim'holstein, montbéliarde et brune des Alpes à Arcy-sur-Cure, font partie des nombreux curieux qui sont venus voir les innovations en matière de robots de traite. Aurélien est installé depuis 2008 et Laura, pour l'instant salariée, deviendra associée de l'exploitation au 1er janvier 2026, lorsque sa tante partira en retraite. « Nous comptons nous moderniser en deux temps. D'abord, nous souhaitons passer de l'aire paillée à la logette paillée. Ensuite, nous installerons un robot de traite », explique méticuleusement Aurélien Leblanc. « Lorsque la troisième personne partira en retraite, nous savons que nous allons avoir du mal à la remplacer, on constate bien qu'il y a très peu de profils en élevage laitier », résume Laura Leblanc.

Faciliter son quotidien

Au-delà du manque de main-d’œuvre, Laura et Aurélien confient toutefois que « l'on pourra gagner en qualité de vie, prendre des vacances et avoir une vie de famille en dehors de l'exploitation ». Laura confesse les contraintes régulières auxquelles elle fait face. « On doit se lever à 4 heures tous les jours pour réaliser des tâches routinières et je commence déjà à ressentir des douleurs au niveau du canal carpien », témoigne-t-elle., « C'est quand même très physique la traite ». En étant présents, leur objectif est « de voir ce qui se fait sur le marché, comparer les différents modèles et surtout avoir le retour d'autres éleveurs », raconte Aurélien Leblanc. En faisant le tour, Adrien Martin, hôte de l'événement, retrace son parcours. « Je suis la 6e ou 7e génération d'éleveurs. En reprenant l'exploitation, en 2010, j'ai dû faire face à un dilemme : soit on modernise l'exploitation, soit on arrête l'élevage de bovins », confie-t-il. Ce choix cornélien résulte d'un témoignage de ses proches « qui avaient beaucoup de douleurs physiques et qui se plaignaient de la redondance de la traite », explique-t-il. Se pose alors la question de la manière de moderniser l'exploitation. En 2010, « peu de robots de traite étaient présents dans les élevages de Puisaye », se souvient-il. Et comme Laura et Aurélien Leblanc, il a lui-même été à la rencontre de nombreux éleveurs qui avait choisi la modernité et l'innovation. « J'ai commencé par aménager mes bâtiments, et j'ai ensuite intégré un robot de traite Lely, fonctionnel pour mes soixante vaches à la traite. Ça a été révolutionnaire. Même si au début, il fallait habituer mes vaches prim'holstein à cette machine, à les attirer avec des graines. Après, avec mon salarié, ça nous a permis de nous dégager du temps au fur et à mesure », confie-t-il. Avant de conclure, il se réjouit du renouvellement de son robot de traite « en fin de vie » par un modèle qui « fait moins de bruit et qui permet de faire des gains en consommation énergétique ».