Une réunion de la section ovine 58
Serge Préveraud: «la reconquête ovine est un moment historique"
Le président de la Fédération nationale ovine, Serge Préveraud, éleveur et président de groupement dans la Vienne, était l'invité d'honneur d'une réunion publique qui s'est tenue le 16 novembre à Rouy, devant une quarantaine d'éleveurs nivernais. Il est revenu longuement sur les enjeux de la reconquête ovine, lancée il y a deux ans par la FNO. Morceaux choisis.
[INTER]Rééquilibrage[inter]
[I]«En vingt ans, l'élevage ovin a perdu 40% du troupeau car le revenu n'était pas là. Le choix est beaucoup plus grand aujourd'hui, grâce au rééquilibrage des aides. Nous nous sommes demandés pourquoi les ovins ne bénéficiaient pas du même système que les bovins avec leurs aides à l'UGB. Cela nous a permis de remettre les compteurs à zéro, même si le rééquilibrage, sur le plan syndical, n'a pas été chose facile. Prendre à l'un pour donner à l'autre n'était pas aisé. Le 1er accueil de la FNSEA n'a pas été chaleureux. L'impulsion a été donnée par Michel Barnier (ministre de l'Agriculture) qui a dit banco pour le rééquilibrage à condition de faire évoluer les aspects techniques et économiques de l'élevage».[i]
[INTER]Prix[inter]
[I]«Il n'y a pas d'autre issue que d'obtenir un prix correct, à partir d'une technicité performante et d'une productivité correcte. S'il n'y a que les primes, çà ne suffira pas. Sur ce plan, nous sommes logés à la même enseigne que tous les agriculteurs, les bovins par exemple. Si on veut arrêter la descente aux enfers, il faut un prix rémunérateur».[i]
[INTER]Aides ovines[inter]
[I]«Grâce aux nouvelles aides ovines, nous avons obtenu
24 euros par brebis pour des troupes de plus de 50 animaux, dont 3 euros pour la contractualisation avec un opérateur de mise en marché».[i]
[INTER]Marché[inter]
[I]«On nous dit que les agneaux sont chers mais c'est qu'en réalité il n'y en a pas assez sur le marché. Nous ne représentons que 45% de la consommation nationale d'agneaux et il y a tout un potentiel à développer. Nous avançons dans la bonne direction. Il y a des exemples en France de contractualisation avec des petites et des grandes structures»[i].
[INTER]Volumes[inter]
[I]«Si l'on veut conserver l'élevage ovin en France, il faut prévoir les volumes, évidemment pas à trois ans, mais à trois mois, c'est une avancée. L'initiative que nous avons prise pour que les prix se tiennent impose des prévisions sur les sorties d'agneaux, d'où le prévisionnel qui est fait par chacun et déposé à la DDT. Là où c'est efficace, c'est qu'entre l'agriculteur et l'opérateur commercial, la communication tous les trois mois permet de faire le marché, d'adapter l'offre à la demande. Vendre des agneaux chers quand il n'y en a pas, çà nous fait une belle jambe, d'autant que l'Etat n'a plus un copek à mettre dans les élevages en difficulté»[i].
Perspectives
[I]«Il y a une perspective de consommation très forte et une production insuffisante. Le problème est de savoir comment renouveler les générations en élevage ovin. Les prix sont favorables. En 2010-2011, nous avons gagné 3 à 4% sur les prix mais il faut qu'il y ait plus d'agneaux. A la FNO, nous avons donc le devoir de lancer une réflexion sur l'installation. Quand on a la jeunesse et le dynamisme, on n'a pas forcément l'argent, d'autant que la reprise du foncier est de plus en plus difficile. Nous nous battrons pour que la DJA et les prêts JA ne baissent pas. L'installation est un challenge supplémentaire et un souci prioritaire, quitte à faire appel à des investisseurs privés intéressés par l'élevage ovin. La pêche artisanale avait le même problème et on a vu des bateaux financés par des privés grâce à des collectes d'argent auprès des épargnants»[i].
[INTER]Performances techniques [inter]
[I]«Le facteur numéro 1 du revenu, c'est la productivité. Nous nous sommes battus sur les aides et on les a eues, ont tiendra bon sur les prix mais l'aspect technique est notre boulet. Le taux moyen de renouvellement est de 0,82 agneaux par brebis, ce qui est relativement faible. Pour améliorer le chargement, nous proposions une aide à l'agneau, mais l'Union européenne a dit niet. Il faut améliorer notre seuil de productivité de 0,2 ou 0,3 agneau par brebis si on veut tirer par le haut le nombre d'agneaux vendus»[i].
[INTER]PAC 2014 [inter]
[I]«L'élément favorable, c'est que le budget européen sera quasi-identique mais les débats seront passionnés en interne. Notre souci reste de préserver le rééquilibrage, qui est terminé et que nous aurions dû obtenir dès 2003. Nous devons aussi promouvoir l'idée que les DPU de base et ceux qu'on va empiler (verdissement au choix) seront conformes à l'élevage ovin»[i].
[I]«En vingt ans, l'élevage ovin a perdu 40% du troupeau car le revenu n'était pas là. Le choix est beaucoup plus grand aujourd'hui, grâce au rééquilibrage des aides. Nous nous sommes demandés pourquoi les ovins ne bénéficiaient pas du même système que les bovins avec leurs aides à l'UGB. Cela nous a permis de remettre les compteurs à zéro, même si le rééquilibrage, sur le plan syndical, n'a pas été chose facile. Prendre à l'un pour donner à l'autre n'était pas aisé. Le 1er accueil de la FNSEA n'a pas été chaleureux. L'impulsion a été donnée par Michel Barnier (ministre de l'Agriculture) qui a dit banco pour le rééquilibrage à condition de faire évoluer les aspects techniques et économiques de l'élevage».[i]
[INTER]Prix[inter]
[I]«Il n'y a pas d'autre issue que d'obtenir un prix correct, à partir d'une technicité performante et d'une productivité correcte. S'il n'y a que les primes, çà ne suffira pas. Sur ce plan, nous sommes logés à la même enseigne que tous les agriculteurs, les bovins par exemple. Si on veut arrêter la descente aux enfers, il faut un prix rémunérateur».[i]
[INTER]Aides ovines[inter]
[I]«Grâce aux nouvelles aides ovines, nous avons obtenu
24 euros par brebis pour des troupes de plus de 50 animaux, dont 3 euros pour la contractualisation avec un opérateur de mise en marché».[i]
[INTER]Marché[inter]
[I]«On nous dit que les agneaux sont chers mais c'est qu'en réalité il n'y en a pas assez sur le marché. Nous ne représentons que 45% de la consommation nationale d'agneaux et il y a tout un potentiel à développer. Nous avançons dans la bonne direction. Il y a des exemples en France de contractualisation avec des petites et des grandes structures»[i].
[INTER]Volumes[inter]
[I]«Si l'on veut conserver l'élevage ovin en France, il faut prévoir les volumes, évidemment pas à trois ans, mais à trois mois, c'est une avancée. L'initiative que nous avons prise pour que les prix se tiennent impose des prévisions sur les sorties d'agneaux, d'où le prévisionnel qui est fait par chacun et déposé à la DDT. Là où c'est efficace, c'est qu'entre l'agriculteur et l'opérateur commercial, la communication tous les trois mois permet de faire le marché, d'adapter l'offre à la demande. Vendre des agneaux chers quand il n'y en a pas, çà nous fait une belle jambe, d'autant que l'Etat n'a plus un copek à mettre dans les élevages en difficulté»[i].
Perspectives
[I]«Il y a une perspective de consommation très forte et une production insuffisante. Le problème est de savoir comment renouveler les générations en élevage ovin. Les prix sont favorables. En 2010-2011, nous avons gagné 3 à 4% sur les prix mais il faut qu'il y ait plus d'agneaux. A la FNO, nous avons donc le devoir de lancer une réflexion sur l'installation. Quand on a la jeunesse et le dynamisme, on n'a pas forcément l'argent, d'autant que la reprise du foncier est de plus en plus difficile. Nous nous battrons pour que la DJA et les prêts JA ne baissent pas. L'installation est un challenge supplémentaire et un souci prioritaire, quitte à faire appel à des investisseurs privés intéressés par l'élevage ovin. La pêche artisanale avait le même problème et on a vu des bateaux financés par des privés grâce à des collectes d'argent auprès des épargnants»[i].
[INTER]Performances techniques [inter]
[I]«Le facteur numéro 1 du revenu, c'est la productivité. Nous nous sommes battus sur les aides et on les a eues, ont tiendra bon sur les prix mais l'aspect technique est notre boulet. Le taux moyen de renouvellement est de 0,82 agneaux par brebis, ce qui est relativement faible. Pour améliorer le chargement, nous proposions une aide à l'agneau, mais l'Union européenne a dit niet. Il faut améliorer notre seuil de productivité de 0,2 ou 0,3 agneau par brebis si on veut tirer par le haut le nombre d'agneaux vendus»[i].
[INTER]PAC 2014 [inter]
[I]«L'élément favorable, c'est que le budget européen sera quasi-identique mais les débats seront passionnés en interne. Notre souci reste de préserver le rééquilibrage, qui est terminé et que nous aurions dû obtenir dès 2003. Nous devons aussi promouvoir l'idée que les DPU de base et ceux qu'on va empiler (verdissement au choix) seront conformes à l'élevage ovin»[i].