SCEA Seutin, Gaec des prairies et SARL du Nézir, à Saint-Germain-des-Bois
Si la famille Seutin (Amélie, Sylvie, Alexandre, Jean-Charles et Christian) regroupe trois structures, certaines conduites sont mutualisées à l'image de celle de l'eau. Alexandre Seutin explique : « Nous avons fait un audit vétérinaire en 2017 mettant en évidence un problème de taux de brix dans les urines dû à un abreuvement insuffisant. Cette même année, nous avions contacté un nutritionniste indépendant, qui, lors de sa visite d’exploitation, nous a dit qu’il fallait revoir les quantités d’eau disponibles pour les animaux, avant d’affiner la partie nutrition. Face à ces constats, nous avons pris la décision de modifier un grand nombre d’abreuvoirs, nous sommes passés en moyenne d’un débit de 10 l /min (avec une réserve d'1,5 L) à un débit de 32 à 40 l /min (avec réserve d’environ 40 l, type Isobac). À ce jour, nous avons désormais un à deux points d'eau pour 15 à 24 bovins. Mais, même après ces ajustements nous avions toujours quelques problèmes sanitaires (diarrhées, dermatite digitée, gros nombrils…). Nous avons donc poursuivi les recherches sur la qualité de l'eau cette fois. Pour ce faire, nous avons pris contact avec une entreprise spécialisée dans ce domaine et ils sont venus faire un audit qualité. Il est ressorti de cet audit que les animaux n’étaient pas totalement bien hydratés et qu’il fallait également résoudre les quelques problèmes sanitaires persistants. De ces faits, nous avons pris la décision d'installer un système de traitement de l'eau. La machine permet de fabriquer un produit désinfectant, appelé Anolyte, qui est injecté en permanence, à un certain dosage, par le biais d’une pompe doseuse, dans le circuit d’eau disponible pour les bovins. De plus, un Osciléo est inséré dans ce circuit, il permet de diminuer la grosseur des gouttelettes d’eau pour la rendre l'eau hydratante et plus assimilable. Est également présent dans ce circuit un filtre à silice, permettant d’aider au bon fonctionnement du rumen des animaux. Depuis ces changements importants, nous avons vu une nette amélioration sur l’ambiance des bâtiments (litières plus sèches et donc amélioration du fumier apporté sur les parcelles), sur la vivacité des veaux à la naissance et sur la forte diminution des problèmes sanitaires. En effet, pour les diarrhées, s'il n'y a pas d'erreurs de notre part au niveau des rations, nous n'en avons plus. Et, pour les gros nombrils, nous sommes passés d’environ 10 par an à très peu, voir pas, et les problèmes respiratoires sont minimes. Concernant la dermatite digitée, nous sommes allés jusqu’à 15 % des animaux contaminés. Aujourd’hui, grâce à ce système de traitement de l’eau mis en place, cumulé à un travail important sur la biosécurité, nous avons réduit cette maladie à environ 1 % du cheptel. À ce jour, deux sites d’exploitation, regroupant 85 % des vêlages, bénéficient du système de traitement de l’eau. Nous voyons la différence avec le troisième site de vêlages, qui à ce jour ne l’a pas, la pression sanitaire y est plus forte. Nous utilisons aussi ce système pour l’atelier avicole et constatons également une meilleure ambiance dans le bâtiment, des poulets plus vigoureux, de meilleurs GMQ et une amélioration de l’indice de consommation ». Outre tous les bienfaits évoqués ci-dessus, Alexandre Seutin pointe que l’Anolyte est utilisé aussi pour d'autres choses : « Nous en ajoutons dans l’eau lorsque nous traitons dans les champs. Cela permet d’assainir les plantes, de les rendre moins sensibles aux différents stress et joue aussi un rôle de mouillant, leur permettant de mieux assimiler les produits et voir diminuer certaines doses. Nous nous en servons aussi pour nettoyer et désinfecter les bâtiments ou encore le matériel ; mais également lors du passage des animaux au pédiluve (après parage, avant l’entrée en bâtiment…). L’Anolyte est un désinfectant pour tous ». Pour revenir sur les quantités d’eau, la famille Seutin ne s’arrête pas là. En effet, deux sites rencontrent des débits d’eau encore limite malgré les réserves (l’un situé sur une colline et l’autre en fin de réseau) : « De ce fait, nous avons pris la décision de chercher à faire des forages. À ce jour un est terminé. Nous avons enterré en plus une cuve de 10 000 l pour permettre une réserve tampon, ce qui change réellement le débit d’eau arrivant aux abreuvoirs. Le second, situé au milieu d’un parcellaire groupé est en cours et permettra d’augmenter le débit d’eau disponible pour les animaux, important d’autant plus en été lors de fortes chaleurs ». La famille Seutin conclut : « Tous les ans, nous continuons d'améliorer les conditions de vie de nos animaux pour leur bien-être, leur santé et leur production. Et pour aller encore plus loin, d’ordre général, le travail fait pour les animaux influe sur l’équilibre des sols, sur la qualité de travail des hommes, sur les résultats et au bout de la chaîne sur la qualité des aliments consommés ».