Retour sur la flavescence dorée
Après deux phases de prospection sur le terrain, Fredon BFC donne les résultats sur les prélèvements de la « jaunisse de la vigne » au sein de la région. Retour sur l'Yonne.
Depuis 2022, la flavescence dorée est arrivée dans l'Yonne, en commençant par Maligny. Les viticulteurs ont donc dû s'adapter en réalisant une surveillance accrue avec deux prospections du vignoble, une précoce à la mi-juillet, l’autre à la fin septembre/début octobre. Cette mission est encadrée et financée par plusieurs organismes : Fredon BFC, organisme à vocation sanitaire pour le domaine du végétal, le Service Régional de l'Alimentation (SRAL), la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB) et le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB). Pour mener à bien leur projet, « les viticulteurs et agents de la Fredon doivent réaliser des prospections et donc signaler les ceps symptomatiques de jaunisse feuilles enroulées, des rameaux verts, une décoloration des feuilles et des nervures de la feuille et pour terminer des raisins flétris ou même il peut y avoir une absence de raisin », cite Solène Dubuisson, chargée de mission viticulture et expérimentation à Fredon Bourgogne. Par contre : « la jaunisse de la vigne dénombre deux maladies « le bois noir » et la « flavescence dorée ». Elles ont exactement les mêmes symptômes, ce sont donc les analyses en laboratoire qui permettent de trancher », ajoute-t-elle. En entrant dans le vif du sujet, Solène Dubuisson revient sur les informations de l'année dernière. La prospection de la « jaunisse de la vigne » avait révélé que cinq communes icaunaises avaient des ceps isolés ou début de foyers de flavescence dorée. Parmi ces communes, « nous retrouvons Beine, qui comptait trois échantillons détectés ; Chablis (dont Milly et Poinchy) avec trois échantillons ; Chemilly-sur-Serein avec quatre ; Chichée, avec un seul et Maligny avec cinq échantillons », liste-t-elle.
Prospecter avec vigilance
Cette année, les analyses ont évolué. Chablis fait toujours partie des communes concernées, mais « se stabilise ou du moins ne s’étend pas, avec deux échantillons détectés positifs pour 160 échantillons réalisés », chiffre-t-elle. « On a déjà constaté que si tout le monde joue le jeu, une commune peut voir disparaître la flavescence dorée entre 3 et 5 ans », avoue Solène Dubuisson. Mais pour cela, l’ensemble des viticulteurs doivent respecter les quatre piliers, tels que : la prospection du vignoble, planter du matériel végétal traité à l'eau chaude (greffe), l'arrachage de pieds malades et l'application d’insecticides. Il est également fortement conseillé de nettoyer les lames des rogneuses entre chaque parcelle de vigne pour éviter la dissémination de l’insecte vecteur : la cicadelle de la Flavescence Dorée. Maligny fait également partie de ses communes, « qui ont des résultats encourageants », car cette année, « sur 78 échantillons réalisés, trois ont été détectés positifs » donc en diminution par rapport à l’an passé. A contrario, la commune de Chichée connaît une grosse évolution du foyer, passant « d’un début de foyer détecté sur une seule parcelle » à « vingt-six échantillons positifs cette année répartis sur plusieurs parcelles autour de celle initialement touchée, sur 88 échantillons réalisés au total sur la commune ». Cela peut s'expliquer par le fait qu’« un pied de vigne met a minima un an, parfois deux pour exprimer des symptômes », rassure-t-elle. Préhy a rejoint, cette année les communes contaminées « avec sept échantillons détectés positifs sur 33 échantillons au total ». C'est une commune qui « doit être regardée avec attention l'an prochain », convient-elle. Avant de terminer, Solène Dubuisson, revient sur les communes de Beine et de Chemilly-sur-Serein qui n'ont pas eu « d'échantillons positifs » cette année, comparativement à l'an passé. « Il ne faut pas crier victoire trop vite même si ce sont des résultats encourageants. Nous serons davantage vigilants l'année prochaine », conclut-elle. Suite à ces résultats, des réunions bilan seront organisées en début d'année prochaine où chaque viticulteur sera convié pour échanger sur la situation de chaque commune. Fredon BFC rappelle également que tous les ceps marqués lors des prospections collectives doivent être « impérativement arrachés avant le 31 mars 2026 ».