Remettre l'information au centre du débat
Dans un contexte assez mouvementé, la préfecture de l'Yonne a souhaité organiser une nouvelle réunion d'information sur la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) à destination des éleveurs.
Ce vendredi 19 décembre, trois vétérinaires icaunais, Claire Legru, Marc Arbona et Maxime Chassaing se sont rendus à l'amphithéâtre du Lycée agricole d'Auxerre la Brosse, à la demande de la préfecture de l'Yonne afin de faire un point d'information sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) auprès des éleveurs. Hugo le Floc'h, directeur de cabinet de la préfecture, accompagné par Marie-Christine Wencel, directrice départementale par intérim de la DDETSPP et Désiré Paul, président du GDS89 a souhaité inaugurer cette nouvelle réunion par quelques mots. « Le contexte a évolué, il y a eu beaucoup d'interrogations. On s'est dit que c'était important d'en reparler et de remettre à votre disposition les vétérinaires, le groupement de techniques vétérinaires et le groupement de défense sanitaire », affirme-t-il, avant d'ajouter que « la préfecture a mis en place des contrôles routiers pour éviter que des bovins infectés ne transitent par le département ». Face aux regards attentifs des éleveurs, Maxime Chassaing, vétérinaire de la DDETSPP commence ses propos en rappelant que la « maladie est un virus et non une bactérie », que cela ne concerne que les bovins, buffles et zébus, et que cette maladie peut se transmettre par « des mouches piqueuses, également appelées stomoxes et des taons, également appelés tabanidés ». Ce qui cristallise le sujet reste néanmoins la période d'incubation, qui rappelle « être de 4 à 28 jours » et que les symptômes sont « l'apparition de nodules qui se nécrosent, une morbidité importante, une baisse de production de lait pour les vaches laitières et une hypertrophie des ganglions lymphatiques ». À ses côtés, Claire Legru rappelle que « des bêtes infectées peuvent être asymptomatiques », ce qui fait que « le virus peut être difficile à détecter dans certains cas ». En annonçant cela, un participant questionne les intervenants : « si vous faites des prises de sang, cela ne peut pas suffire ? ». Elle répond du tac au tac, « non car la maladie est dite “transitoire”, cela signifie qu'elle n'est pas tout le temps détectable, il faut bien tomber et cela complique notre travail », confie-t-elle. Vient alors, le moment fatidique à savoir le fait d'énoncer les trois piliers de lutte : « empêcher la multiplication virale par l'abattage total, limiter les mouvements d'animaux et diminuer la présence du virus en vaccinant », liste Marc Arbona.
Une politique de santé publique vétérinaire
« Pourquoi nous maintenons le SIA dans ces conditions ? L'égérie de cette année est une vache venue de Martinique, est-ce judicieux de l'avoir amené et de maintenir le SIA ? », questionne une autre éleveuse. Les interlocuteurs répondent : « qu'effectivement, en l'état actuel des choses, accepter la présence de bovins ne serait pas une bonne idée, au niveau sanitaire ». En ce qui concerne la vaccination, certains éleveurs s'interrogent : « pourquoi ne pas vacciner le cheptel français dans son intégralité ? ». Claire Legru prend à son tour la parole pour expliquer que : « ce n'est pas possible de produire autant de vaccins en si peu de temps. En vaccinant tout le cheptel, nous diluerons les forces », affirme-t-elle ». Par contre, « en tant qu'exploitant agricole, vous pouvez mettre des pédiluves à l'entrée de vos exploitations pour que chaque entrée et sortie soit assainie, même lorsque ce sont des vétérinaires », ajoute-t-il. Avant de terminer la réunion, les trois spécialistes confient qu'un groupe d'expert, comprenant l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), l'École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), la Direction générale pour l'alimentation (DGAL) et la Société nationale des groupes techniques vétérinaires (SNGTV), sont en train de concevoir une stratégie vaccinale pour l'an prochain. « Ils travaillent sur trois scénarios : étendre la stratégie vaccinale à l'ensemble du territoire national, maintenir de la vaccination dans les zones vaccinales et arrêter de la vaccination dans les zones vaccinales », concluent-ils.